Yoga-sutras de Patanjali

Un petit focus lecture pour changer. Je viens de terminer (si on peut terminer un jour) la lecture des Yoga-Sutras de Patanjali dans l’édition commentée de Françoise Mazet pour Albin Michel.

Les Yoga-Sutras de Patanjali sont considérés comme le texte fondateur du yoga en Inde. Il s’agit de 195 aphorismes (courtes phrases) qui décrivent et résument l’esprit du yoga – un peu comme un traité.

Patanjali n’est pas une seule et même personne. L’écriture de ces textes s’étend sur plusieurs siècles, donc il s’agit plus vraisemblablement de plusieurs auteurs. Cependant pour des raisons de sens et de tradition sacrée indienne, on « dit » que Patanjali est le rédacteur (l’orateur) de ces textes. Patanjali relève plus d’une vision sacrée globale que physique est réelle.

Le mot Sutra en sanscrit signifie le fil du collier et par extension, le fil conducteur d’une pensée, d’un raisonnement. La brièveté de ces aphorismes les rend difficilement compréhensibles sans commentaires et, pour bien les comprendre, leur étude doit se faire en rapport avec la pratique physique.

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Je ne vais pas entrer dans les détails de tout le traité, ça n’a pas de sens de recopier ici ce que j’ai lu. C’est plutôt une mise en bouche pour vous donner envie de mettre le nez dans cet ouvrage !

Donc avant de vous faire ma « petite fiche de lecture », on peut commencer par redonner la définition originelle du yoga (une de celles qui existent en tout cas) : arrêt de l’activité automatique du mental, apaisement de la périphérie afin de chercher/trouver le Drashtar (conscience profonde). Le yoga (unité du corps et de l’esprit) est un moyen pour parvenir à entrer dans un état d’attention totale ou l’on peut s’unir avec le tout.

Le Yoga-Sutra est composé de 4 chapitres (Padaïs) :

1/ Samadhi Pada est le chapitre de la concentration qui conduit à la contemplation. Dans cette première partie, l’auteur décrit le yoga et la direction pour atteindre le Samadhi (état déconditionné libre des automatismes de comportement et de pensée). Il décrit les moyens d’y parvenir, passe en revue les obstacles que l’on peut rencontrer dans cette démarche (les vrittis) et explique comment les supprimer.

Dans cette partie, Patanjali propose de pratiquer intensément (dans un effort juste) afin d’apaiser le mental, de savoir lâcher-prise pour pouvoir accepter et être dans la réalité plutôt que dans la projection ou le désir. Il conseille d’être dans une démarche sincère et constante – voire de s’abandonner à dieu – pour pouvoir lever les obstacles et atteindre le Samadhi. Il faut pouvoir développer sa capacité de discrimination (distinction entre celui qui voit et ce qui est vu) et pour cela on peut passer par l’ashtanga yoga (Yamas, Niyamas, Asana, Pranayama, Pratyara, Dharana, Dhyana, Samadhi – j’y reviendrai si vous le souhaitez).

L’expérience de Samadhi induit un état intérieur de paix et de clarté = conscience de la réalité.

2/ Sadhana Pada est le chapitre de la pratique (spirituelle) et des stratégies pour désencombrer le mental. L’auteur y décrit deux formes de yoga : le Kriya Yoga (ascèse, étude des textes sacrés, dévotion) et de l’ashtanga yoga qui permettent de dépasser les souffrances émotionnelles (l’aveuglement, le sentiment d’égo, le désir de prendre, le refus d’accepter, l’attachement à la vie). C’est également le chapitre qui aborde la notion de Karma (conséquences d’actes accomplis dans une existence antérieure ou dans celle-ci qui nous suivent). Ce karma nous tient éloigné de l’état d’apaisement du mental. Il faut pouvoir s’en détacher (et il faut plusieurs vies pour cela) 😉

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3/ Vibhuti Pada est le chapitre des « pouvoirs ». L’auteur y décrit l’état heureux qui est le résultat de l’action juste et du mental déconditionné. De façon très grossière, l’auteur dit ici que si on parvient à se débarrasser des obstacles mentaux et émotionnels, d’atteindre un état de concentration et d’attention avec un mental libéré, on est heureux MAIS il faut pouvoir AUSSI se libérer de ce sentiment de joie, de paix pour aller plus loin et chercher/trouver autre chose. Pour cela il faut passer par Dharana (concentration), Dhyana (méditation) et Samadhi (état déconditionné du mental). On vise ici le Samyama (conséquence de l’état de méditation = unité/pure conscience) qui est très difficilement atteignable.

4/Kaïvalya Pada est le chapitre de la libération. Une fois s’être libéré de ce sentiment de joie induit par les « pouvoirs » acquis, on peut connaître Kaïvalya (suprême liberté). Dans ce chapitre, Patanjali revient sur des thèmes déjà exposés dans les chapitres précédents mais en les développant (asana, effort régulier, karma…). Il y parle aussi de subjectivité de la perception (liée à nos schémas) et de la capacité à faire la distinction, après avoir suivi la voie du yoga. C’est seulement à ces conditions que la transformation s’opère et qu’on arrive au terme de ce chemin de vie(s) pour atteindre la liberté yogique.

Voilà en quelques lignes le résumé de ce livre que je vous encourage vraiment à parcourir car il permet d’éclairer des termes, des notions en rapport avec le yoga – que tout pratiquant a déjà entendu dans un cours où lu sur internet. Les fondements et le « but » du yoga deviennent plus clairs à la lecture des aphorismes. Certaines notions sont d’ailleurs très intéressantes à appliquer dans d’autres domaines de votre vie et pas seulement sur un tapis ! 

 

 

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