Champignons farcis – Yummy…

Voici une recette que je voulais faire depuis longtemps et partager ici, avec vous !

Rien de très compliqué pour ce plat, si ce n’est un peu de temps pour la découpe et la cuisson des ingrédients.

Il vous faudra donc (pour deux personnes ): 6 gros champignons blancs, une aubergine, un poivron, de l’ail, de l’oignon, du sel, du poivre.

On commence par couper l’ail et l’oignon très finement.

On coupe le poivron et l’aubergine en petit carré.

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Dans une poêle, on met un peu d’huile d’olive et lorsque cette dernière est chaude, on verse l’ail et l’oignon. On laisse cuire/dorer un peu, puis on jette l’aubergine et le poivron coupés. Couvrez afin que la vapeur retombe dans la casserole et ainsi évite que les légumes accrochent 😉

On laisse compoter un  bon moment (environ 20/25 min). On sale et on poivre.

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Pendant ce temps, lavez et pelez vos champignons, coupez les pieds et grattez légèrement l’intérieur du champignon pour faire de la place à la farce.

Faites préchauffer votre four (200 degrés), sortez une grille et placez une feuille de papier aluminium ou sulfurisé dessus.

Lorsque les légumes sont prêts, disposez la farce dans vos champignons. Attention, les champignons vont réduire un peu en cuisant donc ne mettez pas non plus une tonne de légumes dans le cœur des champignons.

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On enfourne les champignons farcis dans le four pour 10 à 15 min maxi.

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C’est juste super facile (bien qu’un peu long) à faire et c’est délicieux !!!! Mettez-y des épices, ou de la viande aussi pour ceux qui en mangent !!! Miiiiiaaam !!

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J’ai testé pour vous…. Yogachezmoi.com

yogachezmoi.com est une plateforme sur internet qui permet d’avoir accès à des contenus – et notamment des cours – yoga en ligne, depuis n’importe quel ordinateur.

J’utilise cette plateforme depuis 1 mois environ…. Je n’ai pas encore testé 1000 cours mais j’en ai suivi quelques uns… Essentiellement du vinyasa (dynamique) et du yin (pratique plus lente) mais aussi un cours de barre au sol qui est plutôt pas mal…

Alors comment ça marche ?? On se créé un profil en ligne, on achète des crédits (10 pour 8 euros – 25 crédits = 20 euros) et on les utilise pour regarder ou télécharger les vidéos (le téléchargement « coûte » plus de crédits que le visionnage). Ensuite on a le choix parmi un « catalogue » de disciplines (oui parce qu’il n’y a pas que du yoga) et en fonction de l’humeur du moment, on peut choisir un cours dynamique, lent, thématisé, en fonction du moment de la journée… Il y a même une sorte de sélection mensuelle proposée par le site – comme un Genius du yoga … Vous voyez ?

Une fois qu’on a choisi, les crédits sont débités du solde et on peut regarder ou télécharger la vidéo voulue. Reste plus qu’à suivre le cours !

Alors moi je ne télécharge pas, car je ne trouve pas cela très intéressant d’accumuler des vidéos sur son ordi alors qu’on se lasse assez vite et qu’après avoir fait un cours, on n’a pas forcément envie de refaire exactement le même…. Enfin, c’est mon cas 😉

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L’avantage de cette plateforme ? A l’image de nombreux sites qui se sont développés afin de permettre aux gens de faire du sport chez eux (Coach club par exemple), la promesse de ce site est d’avoir la possibilité de prendre un cours à peu près n’importe où et n’importe quand – tant que vous avez une connexion internet. Alors oui c’est vrai que c’est très agréable de pouvoir allumer son ordi le matin, le midi, le soir… et de prendre un cours lorsque ça nous arrange. Autre très bon point, c’est très bon marché. Un cours à regarder « coûte » entre 2 et 4 crédits. Donc avec 25 crédits, vous pouvez déjà suivre quelques cours. C’est bien moins cher qu’en studio – normal, puisque le studio c’est chez vous ! Dernier bonus, le choix. Il y a quand même de quoi satisfaire les goûts, les attentes des uns et des autres. Yin, hatha, Iyengar, vinyasa, ashtanga, prana flow, relaxation, méditation, mais aussi pilates ou Qi Gong… Vous trouverez ce qui vous convient !

Le moins ? Un cours à la maison – même à n’importe quelle heure – ne remplacera jamais un cours en studio. L’intensité n’est pas la même, on est seul (c’est vrai que ça vous évite le mec qui respire super fort à côté de vous) et on n’a personne pour nous corriger si on se place mal…. Voilà, c’est ce dernier point qui est sûrement le plus ennuyeux. Pas de prof en direct = pas de correction !

Yogachezmoi.com c’est pour qui ? Pour ceux qui n’ont pas le temps d’aller dans un studio ou qui vivent trop loin d’un studio, ou qui ne veulent pas prendre de cours collectifs (oui ça arrive). Egalement pour ceux qui – comme moi – souhaitent pratiquer chez eux en complément d’une pratique en studio mais qui ne trouvent pas toujours l’inspiration pour construire une séquence seul…

Mon bilan : Après 1 mois d’utilisation, je peux dire que cette offre est intéressante car elle permet de prendre des cours moins chers et de compléter une pratique guidée en studio. Je ne peux pas la conseiller comme unique moyen de pratiquer le yoga (pas de corrections…). Cependant, je ne sais pas si le catalogue est assez fourni. Il faut que je l’utilise un peu plus pour savoir – actuellement je prends un cours par semaine avec la plateforme. J’ai l’impression, en regardant la liste des cours possibles, que je vais tout de même assez rapidement en faire le tour…. Mais je vous dirai ça !

Allez faire un tour sur ce site et dites-moi ce que vous en pensez. Vous pourrez aussi lire l’histoire de la création de ce site…

Et si vous connaissez d’autres plateformes qui proposent des cours de yoga en ligne, n’hésitez pas à partager !

Débats économiques

Aujourd’hui j’aimerais aborder un point qui fait un peu mal… La question du coût des cours de yoga.

C’est un sujet qui me préoccupe beaucoup et pour ceux qui suivent le blog depuis quelque temps, vous savez que c’est un de mes critères/arguments lorsque je fais le bilan des « j’ai testé pour vous ».

C’est une question épineuse qui met mal à l’aise les responsables de certains studios mais également certains professeurs (pour lesquels la rétribution n’est pas toujours très équitable), et la personne qui pratique également… Cela nous met mal à l’aise car on n’a pas toujours les moyens de se payer des cours à la hauteur de nos envies mais cela nous gêne aussi quand on en parle autour de nous et que d’un coup, on a l’air plein aux as car on paye un cours d’1h30 22 euros ! C’est une passion, une pratique qui coûte assez cher et dans Paris (pour ce que je connais) c’est plutôt admis (en comparaison à tout le reste). Evidemment, une fois qu’on a trouvé le bon studio, on prend une carte d’abonnement et à ce moment-là, les cours sont « meilleur marché » mais la « réduction » n’est pas non plus ultra conséquente. On va passer d’un cours à 22 euros (sans abonnement) à un cours à 18 euros… On ne peut pas réellement parler d’économies… C’est une réalité qui existe pour toutes les activités mais ayant fait de la danse ou de la natation, je trouve que c’est surtout très vrai dans le yoga.

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Je râle, tu râles, nous râlons… Mais avant de montrer du doigt, de dire que ce n’est que du business et d’incriminer les mauvaises personnes, voyons d’abord quelques détails :

Qu’est-ce qu’on paye exactement ??

– on paie avant tout le studio / le lieu. Oui, car comme pour n’importe quel lieu, le responsable du studio paie bien souvent un loyer (élevé dans Paris), des charges (électricité, chauffage), des frais de fonctionnement (salaires), de l’équipement (tapis, couvertures, sangles, briques….mis à disposition).

– on participe aussi à la rétribution du professeur. Alors ne comptez pas sur moi pour vous révéler l’envers du décor des salaires des profs de yoga (je n’en ai aucune idée). Tout ce que je peux vous dire c’est qu’un cours collectif n’est pas super bien rémunéré pour un prof et que ce n’est pas grâce à cela qu’un enseignant gagne sa vie.

– on paie (et oui) la réputation du studio et l’environnement. Je suis navrée de le mettre noir sur blanc mais lorsqu’on prend un cours dans un immeuble privé de Paris, on ne paie pas le même prix que lorsqu’on le prend dans un gymnase municipal (cela revient au point 1). Certains studios ont de très bonnes réputations, ou font travailler des professeurs renommés, cela aussi se paie (et parfois à prix d’or). Il y a aussi des « structures » différentes qui ne proposent pas des cours dans le même objectif et qui donc ne pratiquent pas les mêmes tarifications. J’entends par-là, qu’une association qui propose du multisports, dont du yoga, sera moins cher qu’un studio qui ne fait que cela. Pourquoi, parce que l’asso multisports peut trouver un équilibre entre les cours de yoga suivis par une poignée de personnes et les cours de judo (par exemple) suivis par des ribambelles de gamins…. Leurs activités permettent de lisser leurs tarifs.

Donc vous voyez, on paie beaucoup de choses….

Les cours d’essai ??

Les studios de yoga sont conscients de cet état de fait, que le yoga reste une pratique onéreuse et de fait peu accessible au plus grand nombre. Donc pour palier et permettre à une plus large population de découvrir le yoga (et si affinité prendre une carte d’abonnement), les studios proposent des cours d’essai parfois moins chers qu’un cours normal. Pour en bénéficier, le plus souvent, il ne faut pas être connu de la base de données du studio (normal). Car même si vous voulez tester un cours de yin dans votre studio alors que d’habitude vous faites du vinyasa, ça ne fonctionne pas 😉

Lorsqu’on arrive dans une ville qu’on ne connait pas, les cours d’essai peuvent être intéressants car ils permettent de tester différents styles de yoga ou de studios avant de faire un choix. A Paris, les cours d’essai coûtent entre 10 et 12 euros, mais tous les studios n’en proposent pas. J’ai eu cette conversation il y a peu avec un responsable de studio qui lui pense que le cours d’essai n’est pas un bon « outil » ni pour les pratiquants, ni pour les studios. Pour les pratiquants (d’après lui), ça ne donne pas plus envie de venir essayer un cours que le tarif unitaire et pour le studio, ça le met en danger économiquement car les cours d’essai créent un manque à gagner… Je ne sais pas bien quoi penser de ce point de vue car, effectivement quand on veut tester un studio, le tarif n’est pas toujours déterminant (si le studio nous a été conseillé ou si c’est à côté du boulot, on est prêt à faire un effort sur le prix – on n’y pense pas vraiment d’ailleurs). Et concernant le manque à gagner pour le studio, je ne peux pas me prononcer, ne connaissant pas les réalités économiques dans lesquelles il évolue.

Ce que je peux dire en revanche, c’est que mes amies et moi n’avons pas les poches pleines à craquer et que pour tester des cours ou ne serait-ce qu’avoir des pratiques variées (ce qui est mon cas), les cours d’essai sont avantageux et nous cherchons sans cesse des studios qui en proposent.

Encore une fois mon expérience est très parisienne et je ne sais pas dire comment cela se passe ailleurs en France. Si vous êtes ailleurs qu’à Paris et si vous pouvez compléter cet article, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Pour conclure je dirai simplement que – de ma fenêtre – le yoga n’est pas encore en mesure de se démocratiser. Trop cher, il véhicule une image de pratique bo-bo, élitiste, parfois mémérisante, d’ascètes végétariens méditant sur la tête…. Le rendre accessible passe (comme les autres pratiques sportives) par des coûts abordables et des lieux d’enseignement plus ouverts, plus proches des gens.

Mais peut-être touchons-nous le « nœud » du problème… A savoir que le yoga n’est pas une pratique sportive comme les autres…

Who is Shiva ?

Aujourd’hui, je vais vous amener autre part, je vais vous proposer quelque chose de différent. Je m’intéresse de plus en plus à la culture hindouiste, mon voyage en Inde approchant, et j’avais envie de partager avec vous une partie de mes découvertes.
Cette semaine je me suis concentrée sur une divinité hindoue : SHIVA. A la base de tout et capable de tout détruire.
Voici ce que j’en ai retenu…

Shiva (en sanskrit शिव / Śiva), « le bon, celui qui porte bonheur » — est un dieu hindou, un des membres de la Trimoûrti avec Brahmā et Vishnou, les deux autres aspects premiers du concept hindou de divinité. Shiva est quelques fois comme le dieu du yoga et est représenté par un yogi qui possède la connaissance universelle, suprême et absolue, voire dans un état « au-delà de la connaissance ». Doté d’un grand pouvoir, il mène une vie de sage sur le Mont Kailash.
Dans la tradition shivaïte de l’hindouisme, Shiva est considéré comme le dieu suprême et a cinq grandes fonctions : il est le créateur, le préservateur, le transformateur, le dissimulateur et le révélateur (par la bénédiction).
Dans la tradition Smarta, il est considéré comme l’une des cinq formes primordiales du Dieu. Les Hindous qui vénèrent principalement Shiva sont appelés shivaïtes ou Shaïvas (Sanskrit Śaiva). Le shivaïsme, de même que les traditions Vaiṣṇava qui sont centrées sur Vishnou et que les traditions Śākta, centrées sur la déesse Shakti, est l’une des plus influentes variantes de l’Hindouisme.

Shiva est souvent vénéré sous la forme abstraite de Shiva linga. Il est représenté plongé dans une profonde méditation, ou bien dansant le Tandava, une danse au-dessus d’Apasmara, le démon de l’ignorance, dans sa manifestation du Seigneur de la danse, Nataraja. Shiva est aussi le père des divinités Ganesha, Murugan (Karttikeya), et Ayyappan (Dharma Sastha).

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Fonctions et attributs
Le symbolisme de Shiva est d’une grande complexité à cause des nombreux courants qui l’ont vénéré au cours des siècles. Shiva est le dieu de la destruction, de l’illusion et de l’ignorance. Il représente la destruction, mais celle-ci a pour but la création d’un monde nouveau. L’emblème de Shiva est d’ailleurs le phallus ou lingam, symbole de la création. Il a les yeux mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle.

Il est représenté avec un troisième œil au milieu du front, symbole d’éternité et de sagesse, et avec un cobra autour du cou, symbole de puissance. Il porte un trident (trishula) et tient un tambour à boules fouettantes (damaru). Il est assis sur une peau de tigre, symbole de l’énergie potentielle. Shiva représente en effet la source créatrice en sommeil. De sa chevelure, dans laquelle se trouve un croissant de Lune, symbole du cycle du temps, s’écoule le Gange, fleuve sacré de l’hindouisme. Sa monture est le taureau Nandi qui fait lui-même l’objet d’un culte.

Shiva est représenté sous différentes formes (l’ascète, le yogi, le mendiant, etc.) et possède, d’après les textes, 1008 noms distincts (Shambhu, Shankara, Pashupati, etc.). L’une de ses manifestations les plus célèbres est Shiva Nataraja, le danseur cosmique qui rythme la destruction et la création du monde. Il est alors représenté avec 4 bras. La main supérieure droite tient un tambour (damaru) qui rythme la création ; la main gauche supérieure tient la flamme de la destruction (samhara) ; la main inférieure droite est tenue dans un geste de protection (abhaya mudra) ; la main inférieure gauche pointe vers le pied gauche tenu en l’air, il montre ainsi son pouvoir de grâce. Sous son pied droit, il écrase un nain-démon symbolisant l’ignorance. Son immense chevelure montre son pouvoir et il est entouré d’un cercle de feu (prabhamandala).

Shiva est marié à Shakti, la déesse-mère. Elle-même a plusieurs noms suivant la fonction qu’elle occupe (Parvati, Durga, Kâlî). Il a deux fils, nés de Parvati : Ganesh et Skanda. Ganesh a cependant la particularité d’avoir été conçu par Parvati seule, Shiva l’ayant seulement ramené à la vie en le dotant d’une tête d’éléphant. La famille vit au sommet du mont Kailasa dans l’Himalaya.

Représentation ou mûrti
Parmi les attributs de Shiva, on trouve :
son chignon ─ jata-mukuta (jaṭāmukuṭa) ─ le siège du Gange, et de son pouvoir d’ascète;
le croissant de lune accroché à sa chevelure;
le troisième œil ou gyana chakshu, entrouvert, qui perçoit au-delà de la réalité matérielle 6;
le cobra Kundalinî (kuṇḍalinī), l’énergie primordiale divine, comme collier. En sanskrit, Kundalini signifie « celle qui est entourée sur elle-même », d’où le symbole du serpent. Elle représente le principe féminin divin, Shiva étant le principe masculin;
une peau de tigre symbolisant sa maîtrise de la Nature.
Comme ascète, mais aussi comme seigneur des lieux de crémation, il se couvre le corps de cendre. Shiva protège la terre de la force de Gangâ, le Gange (Gaṅgā) ; il calme l’ardeur de ses flots en les filtrant dans les boucles de ses cheveux. Il possède un trident, symbole qui concentre, pour ses adorateurs, les pouvoirs de la trimûrti, c’est-à-dire création, perpétuation et destruction.

D’après la légende, Shiva et Vishnou se rendirent dans une forêt pour combattre 10 000 hérétiques. Furieux, ceux-ci envoyèrent pour attaquer Shiva un tigre, un serpent et un nain noir et féroce armé d’une massue. Shiva tua le tigre ─ il est traditionnellement assis sur une peau de tigre, car maître de la nature Pashupati ─, apprivoisa le serpent qu’il mit autour de son cou en guise de collier (symbole de la maîtrise des passions), posa son pied sur le nain et réalisa une danse développant une telle puissance que le nain et les hérétiques reconnurent en lui leur seigneur.

Shiva est parfois représenté mêlé avec sa Shakti formant un être hermaphrodite, Ardhanari.

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Le symbole du lingam
Shiva est habituellement représenté par un phallus stylisé, appelé shiva lingam (liṅgaṃ), symbole de création associé à la yoni, une dalle de pierre représentant l’organe féminin, la matrice du monde. Par l’union du linga et de la yoni, l’Absolu qui se déploie dans le monde prouve qu’il surmonte l’antagonisme mâle-femelle ou spirituel-matériel. Le linga représente également le cosmos, mais aussi le pouvoir de connaître, la conscience comme axe de la réalité. Non plus orienté vers la finalité naturelle de force de vie et d’incarnation, le phallus dressé vers le ciel représente le rassemblement des énergies du yogi sur le plan sensible et leur conversion vers un niveau subtil.

Dans le shivaïsme brahmanique, les caractères phalliques fondamentaux du linga se retrouvent toujours nettement, tant dans les légendes expliquant l’origine de ce culte que dans les qualités corporelles occasionnellement attribuées au dieu. C’est ainsi que Shiva, ayant trouvé toutes les créatures créées (par Brahma ?), s’irrita, arracha son organe génital et le cacha dans la terre pour se vouer à une vie ascétique.

À l’origine, raconte pour sa part le Linga Purana, lorsque l’univers était envahi par les eaux, Vishnou et Brahmâ se disputaient, affirmant chacun qu’il était le plus grand des dieux. Mais tout à coup, surgit une immense colonne de feu entre les eaux. Elle était si haute qu’elle semblait sans fin. Les deux dieux décidèrent de s’affronter en mesurant la hauteur de la colonne : Vishnou se transforma en sanglier et plongea au fond des eaux tandis que Brahmâ prit la forme d’une oie pour voler aussi haut que possible. Mais ni l’un, ni l’autre ne purent atteindre l’extrémité de la colonne incandescente. Shiva, apparaissant alors, expliqua qu’il s’agissait du lingam, symbole de son pouvoir mais aussi Shiva lui-même. Les dieux reconnurent alors la suprématie de Shiva, qui leur adressa un discours censé instituer les principales règles de son culte (Nuit Sainte de Shiva, processions, instaurations de statures, etc.)

Une autre légende raconte que Shiva apparut nu devant un groupe d’ascètes qui méditaient dans la forêt sans comprendre sa vraie grandeur. Pour les punir, Shiva décida de séduire leurs femmes. Pour se venger, les ascètes émasculèrent Shiva en invoquant un tigre, mais à l’instant où son lingam tombe à terre, l’univers fut plongé dans les ténèbres. Les yogi, enfin conscients de leur erreur, prièrent Shiva de restaurer la lumière dans le monde. Celui-ci accepta, à condition que les ascètes l’adorent sous la forme du lingam.

Ainsi, le lingam est une représentation religieuse tout à fait commune en Inde, sans que le caractère sexuel soit minimisé ou occulté. Pierres, galets ou fourmilières constituent les lieux d’érection de lingams « spontanés ». Les lingams svayambhû (« automanifestés ») sont les plus sacrés, à l’image de celui d’Amarnath, une formation de glace naturelle.

Le lingam est souvent oint de lait de buffle ou de lait de coco et de ghî (beurre clarifié) ou entouré de fruits, de sucreries, de feuilles et de fleurs.

Shiva Nataraja
Il ne faut pas oublier que la danse est, pour un hindou, le plus beau moyen de plaire à son dieu. En plus des fleurs et offrandes, il honore la divinité en figurant devant elle la part la plus noble et la plus créative de son être: « Adorer Dieu en dansant accomplit toute inspiration et la voie de la délivrance s’ouvre à celui qui danse », dit un texte ancien.
Une forme particulière de représentation de Shiva est Naṭarāja (le danseur cosmique, seigneur de la danse, de naṭa, danse et rāja, roi). Il est le plus souvent inscrit dans un cercle de flammes (prabhāmaṇḍala) signifiant qu’il consume les désirs dans le feu. Dans cette forme, il possède quatre bras tels que la main supérieure droite porte un tambour (ḍamaru) symbolisant la pulsion rythmique de l’univers, la main inférieure droite fait le geste de protection (abhayamudrā), la main supérieure gauche tient la flamme de la connaissance, l’inférieure gauche montre le sol.

Le pied droit prend un appui fort en écrasant le démon de l’ignorance ou des passions, le pied gauche est levé en une posture de danse. Sa tête est encadrée par les flots du Gange dont son chignon a calmé l’impétuosité et qui coule maintenant sans danger dans le monde.

Shiva dansant représente l’énergie universelle et éternelle, notamment par le symbole du feu destructeur et créateur. Cette danse continue engendre la succession des jours et des nuits, le cycle des saisons et celui de la vie et de la mort. À terme, son énergie provoquera la destruction de l’univers, puis le fera renaître. Cette danse de création du monde symbolise le processus éternel.

Shiva Nataraja est une forme typique du sud de l’Inde, c’est la divinité tutélaire du temple de Chidambaram où sont sculptées dans la pierre les postures du Bharata Natyam, la danse classique sacrée de l’Inde méridionale. Il est, sous cette forme, vénéré par les artistes scéniques (musiciens, danseurs, comédiens) indiens.

Shiva Nataraja

Les épithètes de Shiva
Shiva porte de nombreuses épiclèses :
Ardhanarishvara (IAST Ardhanārīśvara) : la double nature (Aihole)
Bhagavata : le divin
Bhairava : le terrible
Chandrashkhara (IAST Candraśekhara) : la lune dans les cheveux
Gangadhara (IAST Gangādhara) : porteur du Gange
Girisha (IAST Giriśa) : le seigneur de la montagne
Hara: le destructeur
Ishana (IAST īśāna) : Seigneur
Kâla : le Temps
Kapâlamâlin : porteur de crânes
Mahâyogi : grand yogi
Mahesha : grand seigneur
Maheshvara (IAST Maheśvara) : le favorable
Nâtarâja : roi de la danse
Nîlakantha : au cou bleu
Pashupati (IAST Paśupati) : maître des troupeaux
Rudra : maître des larmes
Shambhu (IAST Śambhu) : Bienheureux
Shankara (IAST Śaṅkara): l’auspicieux
Tryambaka : aux trois yeux
Tribhuvaneshvara (IAST Tribhuvaneśvara) : le Maître des trois mondes (le Ciel, la Terre et les espaces intermédiaires)
Vishvanatha (IAST Viśvanātha) : le seigneur de Tout
Yogarâja : roi du yoga
etc.

Rapports entre Vishnu et Shiva
Depuis le début de l’ère chrétienne au moins, sinon plus tôt, la plupart des hindous lettrés sont des adorateurs, soit de Vishnu, soit de Shiva — c’est-à-dire qu’ils considèrent soit Vishnu, soit Shiva, comme le premier des dieux, voire comme dieu unique identifié au brahman indifférencié, tous les autres ne représentant à leurs yeux qu’une expression secondaire de la divinité. Ainsi, les fidèles de Vishnu ne nient pas l’existence de Shiva, mais le placent sur un plan annexe, le considérant comme une création ou une émanation de Vishnu ou de son démiurge Brahmâ. D’une façon similaire, les shivaïtes voient en Vishnu une émanation du grand dieu Shiva. De nombreux mythes, dans les purāṇa śivaites ou viṣṇuites, illustrent la suprématie d’un dieu sur l’autre. Ainsi la lingodbhavamūrti, illustrée abondamment sur les temples, surtout en Inde du Sud, raconte comment, alors que Vishnu et Brahmâ se disputaient la suprématie divine, Shiva apparut sous la forme d’un lingam de feu infini. Pour se mettre au défi, Brahmā décida d’en trouver le sommet sous la forme d’un hamsa (oie sauvage, véhicule de ce dieu) et Vishnu décida d’en trouver la base en prenant la forme d’un sanglier fouisseur. Tous deux échouèrent dans cette tâche et se prosternèrent devant le lingam de feu, reconnaissant sa suprématie. Shiva se révéla alors en sortant du lingam et leur expliqua que tous deux étaient nés de lui-même.

Si ces différences de point de vue ont à l’occasion été la cause d’affrontements, dans l’ensemble, ces deux branches de l’hindouisme sont parvenues à préserver entre elles une harmonie.

D’ailleurs, les textes contribuent à l’inclusion réciproque des deux dieux l’un par rapport à l’autre et soulignent leur solidarité étroite:

« Le cœur de Vishnu est Shiva ; le cœur de Shiva est Vishnu » (Skanda Upanishad)
« Vishnu est la flèche de Shiva ; Shiva est la flûte de Vishnu » (Krishna Upanishad)
Dans l’iconographie, ce syncrétisme est illustré par la forme de Hari-Hara, mi-Vishnou mi-Shiva.

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