On en parle ou pas du tout ???….

Suite aux attentats du 13 novembre, comme tout le monde je crois, j’ai ressenti une immense tristesse. Un sentiment assez indicible car je suis incertaine de le comprendre moi-même. Quelque chose composée d’effroi, de peur, de colère, de tristesse…. et d’une certaine forme de résignation. Pas une résignation fataliste du style « c’est comme ça et on ne peut rien y faire » mais plutôt du style « ça s’est passé et il va falloir continuer d’avancer pour ne pas laisser la peur gagner ». Une forme de résilience plus forte que tout le reste, plus forte que les évènements ou le sentiment d’insécurité qui m’étreint après ces attentats. Car il est bien là le problème, n’importe qui devient une cible et ce, n’importe quand. Il ne s’agit plus simplement d’un organe de presse ou de reporters exécutés à l’étranger (actes totalement odieux et horribles cela va sans dire), il s’agit de toi, de ma sœur, de mes amis, de moi, de n’importe qui en fait se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment. Une barbarie sans équivalent et au nom de quoi ??!…

resilience

Mais au-delà de ce que ces évènements provoquent en moi, c’est la première fois qu’on sollicite mon avis, mon oreille en tant que professeur de yoga. Car, évidemment, les cours collectifs permettent aux élèves de pratiquer ensemble mais également d’échanger leurs points de vue et leurs avis/peurs/questions/angoisses… sur les récents évènements. En tant que « leader » de ces groupes, je me retrouve mêlée à ces conversations et il m’a fallu émettre mes opinions. Ce n’est vraiment pas évident et je dois bien avouer qu’au départ, je n’étais pas certaine de vouloir laisser de place à ces discutions au sein de mes cours. Pourquoi ???? Je n’en sais rien, sans doute car je ne savais pas quoi en dire moi-même et certainement aussi parce que j’ai toujours un peu peur des points de vue divergents et des mésententes. Dans cette situation, il y a peu de chance que mes élèves soient en désaccord mais on ne sait jamais, une parole mal comprise ou une opinion exprimée de façon un peu vive… Bref, pas mesure de précaution, je préfère l’évitement…. Ce n’est pas une vraie solution et ce n’est visiblement pas ce que mes élèves attendaient….

J’ai donc laissé la place à des questions, à des échanges… J’ai senti le besoin de parler, de verbaliser les choses, les craintes. J’ai aussi eu l’impression d’une nécessité de pratiquer – encore plus forte que d’habitude. Pour dire qu’on est ensemble, qu’on est humain avant tout et qu’on salue l’humanité en chacun, pour dire aussi qu’on reste fort, solidaire et en connexion avec certaines valeurs, qu’on rayonne et qu’on irradie de bienveillance nos proches mais pas seulement, toutes les personnes vivant sur cette terre.

Et finalement je n’ai pas eu à partager mon avis. On ne m’a pas formée au rôle que doit tenir le professeur en pareille situation. Mais ce que je sais, ce que je crois savoir, c’est qu’il est de mon devoir d’écouter mes élèves. Que ce soit au sujet de leurs douleurs physiques ou, comme maintenant, au sujet des maux du cœur et de l’esprit. Je n’ai pas de solution et comme je le disais plus haut, je ne suis même pas certaine de réussir à formuler un avis…. Mais je peux écouter, les laisser parler et recueillir.

Ma seule volonté fut de dédier nos pratiques – et je continuerai de le faire – aux victimes et proches des victimes de ces attentats. Il est impensable de faire autrement….

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