La question de l’envie d’enseigner

« Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie » disait un poète contemporain 😉
Lors d’un récente conversation avec mon professeur de yoga – Patrick Frapeau – ha?! Ca faisait longtemps non que je ne l’avais pas mentionné par ici ????!! – nous nous sommes posés la question de la motivation de l’enseignement…
Pour être plus claire et plus précise. Depuis que je suis blessée (non ne lève pas les yeux au ciel, c’est juste pour contextualiser), j’ai pris un peu moins de cours avec Patrick, je me suis concentrée sur quelques asanas à faire chez-moi et j’ai considérablement réduit ma participation à des cours collectifs – essayant tant bien que mal de me réserver pour les week-ends de formation. Ce que je n’avais pas anticipé c’est qu’il y aurait un effet « collatéral » à cette diminution de pratique – au-delà du manque de challenge (je fais partie de la race des feignasses qui ne se poussent pas tellement lorsqu’elles pratiquent seules chez elles – surtout à cause de ma blessure (ok j’arrête)). Je ressens aussi une sorte de manque d’inspiration. Je me sens un peu asséchée lorsque je donne mes cours. L’enseignement de Patrick me nourrit, me donne des idées, des axes de travail… Et sans cette régularité sur un tapis en face de lui, j’avais la sensation de manquer de nourriture.
Lorsqu’on donne des cours, on donne justement. On donne parfois beaucoup, on prépare les cours, on assure la classe, on essaie d’être présent à chacun tout en emmenant le groupe. C’est énergivore et c’est super, car c’est ce qu’on aime ! Mais pour pouvoir donner, il faut recevoir un minimum. Et ces derniers temps, comme dit plus haut, je n’étais pas tellement en mesure de recevoir !
Et du coup, avec Patrick, on a commencé à discuter de ça justement. De la nécessité de continuer à se former mais pas forcément dans l’idée d’être meilleur ou de faire des postures toujours plus impressionnantes, plutôt dans l’idée de s’inspirer, de remplir notre coupe de l’envie.

yogalife
Mais on s’est aussi dit que la coupe de l’envie ne se remplira pas que par la pratique d’asanas. Non elle peut se remplir aussi de lectures, de moments de partage, de films, de verres entre amis aux terrasses des cafés, de soirées « entre filles », de promenade dans la nature, d’amour, d’expositions, de spectacles en tous genres… etc… Bref la nourriture se trouve un peu partout et heureusement !

J’espère avoir envie d’enseigner et de transmettre ma passion pour le yoga le plus longtemps possible. Et si pour cela il faut faire des pauses, aller se former à l’autre bout de la planète régulièrement, essayer d’autres trajectoires, rencontrer d’autres personnes, se laisser-aller, découvrir, voir, re-créer, arrêter-puis-reprendre…. je suis prête à aller chercher l’envie là où elle se trouvera !

Car pratiquer le yoga n’est pas compliqué, mais garder intacte l’envie de la transmission c’est ce qui me semble être le challenge au final !

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2 réflexions sur “La question de l’envie d’enseigner

  1. J’avais une petite question justement, à propos de ta blessure : comment fais-tu pour enseigner avec ?
    Je me suis faite une entorse le 25 février dernier et la guérison me parait bien longue. Aujourd’hui ça ne dérange que ma pratique personnelle mais cela me pose question pour le moment où je serai professeur. Comment continuer à enseigner avec une blessure ? Quand on ne peut pas montrer…
    Du coup je me dis que je ne porterai plus jamais de talon quand je serai prof pour éviter les entorses XD. Plus sérieusement, je me demande vraiment comment gérer cela.
    Bonne guérison à toi =)

    • Moi aussi je me pose cette question… Du moins je me la posais.
      J’ai la chance d’enseigner à des élèves réguliers. Je les vois depuis septembre pour la plupart. Ils ont donc pris des « habitudes » de pratique, ils connaissent mon vocabulaire et les « raccourcis » que j’utilise parfois pour leur proposer une posture. C’est une grande chance car le fait de moins montrer ne les pénalise pas dans leur compréhension et dans leur pratique.
      Mais au-delà de mes élèves réguliers, j’ai aussi compris qu’il n’est pas nécessaire de montrer à chaque fois ou toutes les postures. Il faut développer un vocabulaire varié pour qu’ils entrent dans les asanas mais c’est beaucoup plus intéressant en terme de pédagogie de les regarder plutôt que de le faire. Ainsi ils font ce qu’ils ont compris (plus ou moins bien, ce n’est pas grave) mais il ne miment pas ma posture. Et moi je peux corriger par rapport à ce que je vois du coup.
      Et je circule entre les tapis afin de les soutenir, de les guider par le toucher, ce qu’on ne peut pas faire si on montre.
      Pour ma pratique perso c’est un calvaire, mais ça c’est un autre problème…
      Bonne guérison à toi aussi 🙂

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