Le bonheur… 2/5

Dans l’article précédent, je nous proposais de nous poser et de faire le point au calme et SEUL afin de déterminer ce qui dans notre vie ne nous convient pas totalement et nous éloigne de la sensation d’être heureux.
Mais je voudrais, avant d’enchainer avec la suite, revenir sur un point.
L’idée du bonheur est propre à chacun et ne peut pas vraiment faire l’objet d’une définition en tant que telle. Il n’y a pas de recette toute faite pour que tout le monde se sente heureux. Ce qui rend heureux les uns ne sera sans doute pas le chemin que devront emprunter les autres pour se sentir serein et en paix.
Ces articles ne sont donc pas des guides à prendre au pied de la lettre. Ils sont des pistes à explorer mais à s’approprier avant tout. Nous devons composer avec ce que nous sommes individuellement sans tenter de calquer le mode de vie d’une autre personne. Mais que ce soit le format « famille nombreuse » qui nous rende heureux ou célibataire sans ancrage, peu importe, il « suffit » de déterminer nos attentes, de les poser et de les assumer.

Dans ce deuxième article, je propose que nous nous allégions des choses qui nous pèsent et qui ne sont pas toujours utiles.
Notre quotidien est rempli de contraintes que nous pouvons sans aucun doute réduire ou carrément abandonner afin de s’alléger les semaines et l’esprit. Ce n’est pas évident, nous allons le voir, mais nécessaire.
Nous avons vu dans l’article précédent que nous sommes responsables des choix que nous faisons. Nous avons donc le pouvoir de dire NON à certaines situations ou demandes afin de ne pas s’encombrer d’avantage.

Il faut donc commencer par déterminer les tâches qui nous incombent dans la journée ou dans la semaine. Une fois cette liste effectuée, il sera nécessaire de l’analyser et de faire des choix.
Je ne vais pas vous dire ici ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. Cette notion est très subjective, ce qui me semble inutile vous paraitra peut être indispensable et inversement.
La notion d’utile/inutile concerne les objets du quotidien qui parfois nous donnent le sentiment d’étouffer et de ne pas se sortir des tâches ménagères. Il serait sans doute bon de faire un tri afin d’éliminer les objets que nous possédons en double ou les vêtements que nous ne portons jamais et qui encombrent les étagères… etc… Cela semble anodin, mais lorsqu’on vit dans un univers épuré, il est plus facile d’avoir l’esprit léger.

Cette notion d’utilité peut aussi englober les relations que nous entretenons avec nos proches. Certes une relation ne se détermine pas par son utilité – à moins que nous fréquentions des personnes pour se qu’elles peuvent nous apporter. Mais on peut se demander si toutes nos relations sont bénéfiques, si elles nous font grandir, si elles nous rendent heureux, si elles apportent un échange positif… etc…
Si une relation est toxique ou nuisible ou simplement si on n’y trouve pas notre « bonheur », nous pouvons choisir de la classer parmi les « choses » inutiles afin de nous en débarrasser et ainsi faire de la place pour une autre relation plus enrichissante.
Cela s’applique aux relations amoureuses, oui, mais aussi aux relations familiales – il n’est pas interdit de s’éloigner des personnes qui nous minent le moral, même si nous avons le même sang. Et aussi aux relations de travail. Si un collaborateur me met mal à l’aise ou s’il est trop négatif, rien de m’empêche de réduire au maximum mes interactions avec lui, voire même de trouver un moyen pour ne plus avoir de lien direct.
S’éloigner des gens est sans aucun doute bien plus difficile que de jeter des magazines qui s’accumulent ! Mais cela est parfois indispensable afin de retrouver sérénité et apaisement.
Nous avons tous vécu ce genre de relation toxique. Celles où nous ne trouvons pas notre place, celles où nous nous trahissons pour plaire à l’autre, celles où nous avons peur de décevoir, celles où nous sommes le sauveur/la béquille de l’autre… etc… Bref, toutes celles où nous ne sommes pas nous-mêmes.
Parfois ces situations nous conviennent et nous acceptons le rôle donné – l’acceptation est un choix. Mais parfois nous avons conscience que quelque chose cloche et nous restons dans l’immobilisme. Ne pas agir et souffrir d’une situation nous éloigne du bonheur et pire, nous rend aigri et méchant.
Si nous décidons de rester dans une relation « bancale », il faudra y trouver malgré tout des objets de contentement et de satisfaction afin de ne pas tomber en dépression. On peut apprécier être le « sauveur/pompier » et soutenir l’autre bien que la réciproque ne soit pas vraie. Cela nous donne une « fonction », une « utilité » et nous avons l’impression de remplir une mission que personne d’autre ne pourrait faire.
Nous pouvons aussi choisir d’être guidé par l’autre et de ne rien décider – être le wagon. Cette place peut être appréciable si elle ne génère pas de frustration…
Mais si cela nous rend malheureux, il faudra agir en conséquence et « laisser tomber » la relation en question car l’illusion serait de croire que nous avons le pouvoir de changer l’autre (père sévère, mère intrusive, mari volage, patron injuste… etc).

Car – deuxième volet de cet article – nous ne pouvons pas modifier ou changer certaines choses.
– le temps : Souvent on entend les personnes dire qu’il n’y a pas assez d’heures dans une journée pour tout faire. Plutôt que de prendre le problème sous cet angle – car oui il est en effet impossible d’ajouter des heures à nos journée qui en contiennent déjà 24 – imaginons que ce soient nos activités qui se « moulent » à ce format et non pas le format qui s’adaptent aux trop nombreuses obligations !
Les contraintes de temps sont souvent le résultats de choix fait en amont. Si nous décidons d’avoir 8 enfants, nous devrons les trimballer 8 fois plus à leurs activités sportives que si nous n’en avions eu qu’un seul… Si nous décidons de vivre en plein milieu des champs, il faudra assumer de prendre la voiture pour aller chercher son pain à la boulangerie du village et la reprendre car « ho oui mince, j’ai oublié de passer à la pharmacie! ».

– les autres : Comme dit plus haut, il est vain de croire que nous avons le pouvoir de changer les personnes que nous fréquentons. Un père sévère l’est certainement car c’est l’éducation qu’il a lui même reçu et ne sait pas faire autrement. Un mari volage ou désordonné l’est et le sera toujours.
La notion d’effort est intéressante à étudier car le fait de vivre en société nous oblige à être dans le compromis avec les autres. Mais lorsque de nature nous sommes maniaques ou infidèles, il est extrêmement difficile de revoir son mode de fonctionnement à 100%. Il n’existe pas de bouton « RESET » pour nous remettre à zéro. Nous sommes capables de faire des efforts et parfois avec beaucoup de bonne volonté mais nous restons qui nous sommes. Donc lorsqu’une relation ne fonctionne pas, lorsque les attentes sont différentes et importantes aux yeux de l’un ou l’autre (ex 1 : j’aimerais qu’il me soutienne dans les tâches ménagères // j’ai toujours vécu au sein d’une famille bordélique — ex 2 : mon patron n’est pas suffisamment reconnaissant // je trouve que le travail bien fait n’a pas à être mentionné, car c’est la base), il faut savoir le reconnaître, ne pas se battre pour changer l’autre (combat vain) et stopper l’échange.

Certaines choses sont immuables et nous ferons perdre de l’énergie si nous essayons de les combattre. Lâcher prise et laisser tomber ne sont pas des marques de faiblesse, ce sont souvent des preuves de lucidité et bien que cela ne soit pas facile, prendre la décision d’abandonner sera sans aucun doute plus bénéfique que de se confronter à des murs.

Pour finir sur cette volonté d’alléger nos vies, je voudrais parler des devoirs que nous nous imposons nous-mêmes alors qu’ils n’en sont pas.
Avez-vous déjà accepter de rendre service à une personne sans le vouloir vraiment, en vous forçant ? Oui évidemment, tout le monde le fait, c’est le principe du service…. Et bien non justement, il faut nuancer. Rendre service à quelqu’un – si cela nous coûte ou si cela met en péril notre organisation personnelle – ne doit pas être obligatoire. On doit pouvoir se sentir libre de refuser, de dire NON, si la demande en question est trop pénible.
Qu’est ce qui fait que ce que j’écris vous choque ? Qu’est-ce qui fait que nous n’osons jamais dire non ? Ou pire que nous mentons, que nous inventons des excuses pour nous défaire d’un engagement ?
Le regard des autres, la bienséance et la peur de décevoir ou d’être jugé : « Je n’ai pas été élevé comme ça, ça ne se fait pas de dire NON lorsqu’on demande un service ».
Mais tout cela c’est dans notre tête, ce sont nos propres croyances. Le fait de dire NON ne signifie pas que nous avons été élevés comme des petits cochons égocentrés. Dire NON de temps en temps permet de se protéger, d’aménager du temps pour soi et lorsqu’on dit OUI, on le dit de bon cœur et avec la volonté de vraiment/sincèrement rendre service et de le faire avec plaisir.
Une personne a qui on répond NON sera sans doute un peu embêtée car elle devra trouver une autre alternative mais si le NON est « gentil » ou si on propose une compensation à ce refus, elle ne nous en voudra pas et ne développera pas le sentiment d’être redevable. Car lorsqu’on nous rend service de mauvaise grâce, on le sait et on développe une forme de culpabilité, hors nous avons vu dans l’article précédent que pour être heureux il faut se défaire de l’habitude de se sentir coupable pour un rien.

Enfin, que faire d’un passé très lourd et des regrets qui vont avec ? Car parfois notre présent subit les affres d’une enfance pénible ou d’une vieille relation amoureuse dévastatrice et il faut savoir se délester de ce passé pour se consacrer à l’avenir. Comme pour les autres items, je n’ai pas de recette miracle à offrir. La notion de « deuil » est propre à chacun et le temps nécessaire pour l’accomplir est subjectif et proportionné à la situation. Encore une fois, regarder les choses en face (même si cela est douloureux), les analyser, pardonner et SE pardonner à soi-même sont des étapes indispensables mais parfois longues à réaliser? alors travailler avec un thérapeute pourra être une solution – à chacun de le déterminer.

Comme pour l’article précédent, il faut se souvenir que nous ne sommes pas infaillibles. Nous ferons encore certaines erreurs, nous fréquenterons des personnes nuisibles, nous resterons dans des relations qui dysfonctionnent, nous accepterons des tâches de mauvaise grâce, notre passé viendra de temps en temps nous rendre visite… etc….
Mais nous comprenons au fur et à mesure que nous avons le pouvoir de décider, de faire des choix afin de nous éloigner des expériences et des relations nuisibles pour faire de la place aux choses positives et aux situations qui nous rendent vraiment heureux. Chaque choix entraine des conséquences et il faut l’accepter mais si nous décidons (= choix) de ne pas bouger et de rester là où nous sommes, au sein d’un environnement imparfait et bancal, essayons de trouver des compensations pour s’approcher du bonheur et ne pas trop subir notre quotidien.

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