Le bonheur… 3/5

Dans les « épisodes précédents », nous avons parlé de la nécessité de prendre son temps et d’être au calme pour faire le bilan de notre quotidien et de notre niveau de satisfaction en ce qui concerne notre vie. Nous avons également abordé la notion de responsabilité – qui est selon moi la clef pour comprendre et avancer plus sereinement – et celle de victime/coupable derrière laquelle on se « cache » parfois pour justifier notre immobilisme face au changement.
Une fois ce cadre posé, nous avons essayer de faire la liste de ce qui est inutile et encombre nos vies. Toutes les tâches et les missions qu’on se contraint à réaliser chaque jour. Nous avons reconnu que certaines relations nous polluent et qu’il faut parfois s’en défaire OU accepter (choix) leur imperfection. Encore une fois, les choix nécessaires à ce processus d’allègement et de « nettoyage » personnel ne sont jamais évidents et entrainent des conséquences mais ils seront sans aucun doute salutaires dans notre quête du bonheur.

Aujourd’hui donc, j’aimerais aborder la notion d’ajustement car même si nos décisions ont le pouvoir de modifier notre vie, il faut savoir reconnaître que certaines choses doivent être ajustées parfois grâce au compromis ou parfois tout simplement en « abandonnant » un schéma inadapté.
Nous imputons souvent notre passivité à un manque de temps ou de moyens. Hors c’est rarement l’argent qui nous empêche réellement de voir aboutir nos projets (à moins bien sûr qu’on ne soit heureux que propriétaire d’une île déserte au milieu de l’océan^^). Je ne dis pas que tout est réalisable sans moyens mais il faut peut être rapprocher nos envies de nos moyens lorsque celles-ci sont démesurées. Et il est parfois utile de tourner notre rêve dans tous les sens afin de bien en percevoir les tenants et les aboutissants. Ex : Vouloir acquérir un château pourra certes nous rendre heureux mais l’entretien qu’il va demander finira par nous tuer à la tâche.
On se cache souvent derrière le manque d’argent mais je crois que c’est un leurre. Car lorsqu’on court après l’argent, on ne court pas après le bonheur ou la sérénité. Rares sont les exemples de personnes ayant acquis une grande richesse personnelle sans effort. Et pour tous ceux qui ne parviennent pas à s’enrichir, ils continuent de courir derrière ce soit disant confort et perdent de vue que « l’argent ne fait pas le bonheur ».
D’autre part, ce rêve d’enrichissement va de paire avec le fait de croire que si nous AVIONS cela nous serions plus heureux ou si nous POSSEDIONS CECI, ce serait plus facile….
On imagine toujours que les autres ont plus de facilité pour le bonheur que nous, qu’ils sont plus aptes à être heureux. On se dévalorise constamment et on se victimise en rejetant la faute sur un facteur extérieur.
Cela me fait un peu penser aux réseaux sociaux où chacun se présente sous son meilleur profil, sur les plus belles plages, en train de savourer les meilleurs plats… etc…. Nous savons tous très bien que ces images sont des instantanés et qu’elles ne reflètent qu’une mince partie de la vie de la personne mais elles nous frustrent et nous donnent l’impression que notre vie est MOINS BIEN.
Arrêtons donc de vouloir rentrer dans le moule et de vouloir faire comme les autres. Notre bonheur n’a rien de commun avec celui d’un autre. Et ce que donnent à voir les gens n’est pas le reflet de leur quotidien ni de ce qu’ils ressentent dans leur cœur.

Au-delà du manque de temps (que je ne reprendrais pas ici car j’en ai parlé dans le 1/5) et d’argent, certaines personnes ont du mal à s’ajuster car elles ne savent pas ce qui cloche. Il est difficile de mettre le doigt sur ce qui ne convient pas/plus. Et notre éducation ne nous aide pas à être honnête avec nous-même.
Pour se convaincre que les choses sont ok, on utilisera le déni (faire le sourd face à ces problèmes) ou le bluff (camoufler sa peine en faisant croire que tout va bien). Hors la lucidité et l’honnêteté sont les piliers de la conscience qui permet une transformation. Ce n’est pas facile à accepter et à reconnaître mais il faut arrêter de se beurrer les carreaux pour enfin régler ce qui ne va pas/plus et avancer.
S’entourer des gens qui nous font du bien, prioriser les tâches à accomplir pour sortir d’une situation ou en développer une nouvelle, s’isoler pour faire le point, discuter et essayer de faire passer un message, reconnaître ses succès et s’appuyer dessus ou reconnaître ses échecs et en faire des étapes pour la suite, se discipliner et cultiver les petits instants de bonheur… Toutes ces pistes sont envisageables pour sortir de la morosité et aborder le renouveau. Ecoutons-nous, notre corps est capable de nous guider dans ce cheminement.
Et souvent ces étapes demandent du temps et se réalisent à tâtons, dans l’incertitude la plus totale. Etre adulte c’est accepter les incertitudes, l’absence de sens et l’instabilité car souvent de ces moments d’hésitations naissent l’intérêt et le changement profond.

Nous avons du mal à mettre le doigt sur ce qui ne va pas/plus car nous nous obstinons aussi dans une seule voie. Celle que nous connaissons, que nous avons l’habitude d’employer. C’est une attitude normale mais peu efficace. Pour se sortir d’un chemin malheureux, il va falloir être créatif et chercher des alternatives.
Reprenons l’exemple de l’argent. Si nos envies (attention à la société de consommation qui fait grimper les enchères) sont freinées par notre manque de moyens, pourquoi ne pas chercher une idée créative afin d’améliorer nos revenus. Ex : louer une chambre vide, vendre des objets inutilisés ou des vêtements à peine portés sur internet, covoiturer…. Ces alternatives ne nous rendront pas riches mais elles pourront mettre un peu de beurre dans les épinards sans pour autant bouffer notre énergie et notre temps (cf plus haut).
Revoir sa façon de consommer en privilégiant le troc ou la seconde main, les achats au marché plutôt qu’en grande surface où toutes les nouveautés attirent l’œil et le portefeuille, adapter les déplacements et choisir de laisser la voiture au garage pour les petits trajets…. Adapter son train de vie, se réorganiser et imaginer des alternatives permettent d’initier de nombreux changements et une amélioration considérable du quotidien. Une fois ces ajustement mis en place, il y a plus de temps pour profiter des petits bonheurs gratuits de la vie.
Car même si notre rêve est de faire le tour du monde, rien ne nous empêche de profiter des petites satisfactions et des beautés de la vie. L’odeur de la pluie sur le béton, un ciel parfaitement bleu, des rires d’enfants… je sais que cela semble un peu niais mais la beauté est partout et, de façon totalement gratuite, s’offre à nous alors essayons de savourer un peu.

Les ajustements effectués avec nos propres ambitions ne règlent pas tout, c’est évident. Il va falloir s’ajuster avec nos proches et les relations que nous entretenons afin qu’elles ne nous polluent plus.
Dans l’article précédent, je préconisais de laisser tomber certaines relations devenues toxiques. Mais sans aller jusque-là, certains de nos proches ne nous rendent pas heureux mais ne sont pas toxiques pour autant. Et si les choses sont immuables, il faudra s’ajuster pour pouvoir vivre avec malgré tout.

Dans un premier temps, dans une relation dysfonctionnelle, les deux personnes ont des torts et il est très important de ne pas jeter la faute sur l’autre uniquement, donc commençons par reconnaître ce que nous avons fait/dit de travers. Nous sommes responsables, en partie, des difficultés de compréhension et de communication.
L’autre n’est pas nous, il fonctionne avec ses filtres, ses repères, son éducation, ses démons du passé, sa logique… qui sont parfois très éloignés des nôtres. Sa façon de voir les choses n’est ni bonne ni mauvaise et certainement pas moins valable que la nôtre.
Donc la clef – et j’enfonce ici une porte ouverte – est la communication. Se parler est la base, sans dialogue aucun des deux ne pourra accéder à la logique de l’autre, c’est impossible.
Mais parfois la communication est compliquée et il faut alors explorer d’autre voies pour poursuivre la relation (si c’est notre souhait). Pardonner et demander pardon peuvent constituer un bon début. Nous pardonnons que l’autre ne soit pas parfait et ne réponde pas à nos attentes. Demandons pardon, sincèrement, car nous avons contribuer voire initier le dysfonctionnement de la relation et c’est le choix de l’autre que de nous pardonner ou non.
Et soyons créatifs (cf plus haut) pour sortir de cette situation, imaginons un compromis. Le compromis est déprécié de nos jour car on pense souvent que l’un des deux sera lésé et cela devient insupportable lorsque nous avons l’impression que nous serons le « dindon de la farce ». Hors un compromis est simplement une nouvelle manière d’aborder la situation et de lui trouver une autre issue où personne n’aura eu pile poil ce qu’il désirait mais où chacun aura pris en compte la vision et fait un pas vers l’autre, ce qui est sans aucun doute plus constructif.
Une relation dysfonctionnelle n’est pas vouée à le rester indéfiniment. Certains outils de communication interpersonnelle non-violente peuvent nous aider à la transformer en un échange plus apaisé (beaucoup de livres existent sur le sujet).

Quoi qu’il en soit, nous voyons que dans nos vies certaines choses – qui ne peuvent être abandonnées ou réglées de suite – doivent être ajustées pour pouvoir vivre en paix et avancer vers un mieux être.
Que ce soient nos attentes ou nos envies qu’il faut parfois revoir « à la baisse » et ajuster à nos moyens et au temps dont nous disposons ou qu’il s’agissent des relations humaines que nous devons accepter telles qu’elles sont avec leurs qualités et leurs défauts. Notre grande force est de savoir reconnaître ce qui dépend de nous et de notre volonté au changement, des combats vains qui nous épuiserons à la longue.
Avec ces distinction, mettons nos forces là où c’est utile et ajustons dans le compromis ce qui n’est pas totalement de notre ressort.

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