Le bonheur… 3/5

Dans les « épisodes précédents », nous avons parlé de la nécessité de prendre son temps et d’être au calme pour faire le bilan de notre quotidien et de notre niveau de satisfaction en ce qui concerne notre vie. Nous avons également abordé la notion de responsabilité – qui est selon moi la clef pour comprendre et avancer plus sereinement – et celle de victime/coupable derrière laquelle on se « cache » parfois pour justifier notre immobilisme face au changement.
Une fois ce cadre posé, nous avons essayer de faire la liste de ce qui est inutile et encombre nos vies. Toutes les tâches et les missions qu’on se contraint à réaliser chaque jour. Nous avons reconnu que certaines relations nous polluent et qu’il faut parfois s’en défaire OU accepter (choix) leur imperfection. Encore une fois, les choix nécessaires à ce processus d’allègement et de « nettoyage » personnel ne sont jamais évidents et entrainent des conséquences mais ils seront sans aucun doute salutaires dans notre quête du bonheur.

Aujourd’hui donc, j’aimerais aborder la notion d’ajustement car même si nos décisions ont le pouvoir de modifier notre vie, il faut savoir reconnaître que certaines choses doivent être ajustées parfois grâce au compromis ou parfois tout simplement en « abandonnant » un schéma inadapté.
Nous imputons souvent notre passivité à un manque de temps ou de moyens. Hors c’est rarement l’argent qui nous empêche réellement de voir aboutir nos projets (à moins bien sûr qu’on ne soit heureux que propriétaire d’une île déserte au milieu de l’océan^^). Je ne dis pas que tout est réalisable sans moyens mais il faut peut être rapprocher nos envies de nos moyens lorsque celles-ci sont démesurées. Et il est parfois utile de tourner notre rêve dans tous les sens afin de bien en percevoir les tenants et les aboutissants. Ex : Vouloir acquérir un château pourra certes nous rendre heureux mais l’entretien qu’il va demander finira par nous tuer à la tâche.
On se cache souvent derrière le manque d’argent mais je crois que c’est un leurre. Car lorsqu’on court après l’argent, on ne court pas après le bonheur ou la sérénité. Rares sont les exemples de personnes ayant acquis une grande richesse personnelle sans effort. Et pour tous ceux qui ne parviennent pas à s’enrichir, ils continuent de courir derrière ce soit disant confort et perdent de vue que « l’argent ne fait pas le bonheur ».
D’autre part, ce rêve d’enrichissement va de paire avec le fait de croire que si nous AVIONS cela nous serions plus heureux ou si nous POSSEDIONS CECI, ce serait plus facile….
On imagine toujours que les autres ont plus de facilité pour le bonheur que nous, qu’ils sont plus aptes à être heureux. On se dévalorise constamment et on se victimise en rejetant la faute sur un facteur extérieur.
Cela me fait un peu penser aux réseaux sociaux où chacun se présente sous son meilleur profil, sur les plus belles plages, en train de savourer les meilleurs plats… etc…. Nous savons tous très bien que ces images sont des instantanés et qu’elles ne reflètent qu’une mince partie de la vie de la personne mais elles nous frustrent et nous donnent l’impression que notre vie est MOINS BIEN.
Arrêtons donc de vouloir rentrer dans le moule et de vouloir faire comme les autres. Notre bonheur n’a rien de commun avec celui d’un autre. Et ce que donnent à voir les gens n’est pas le reflet de leur quotidien ni de ce qu’ils ressentent dans leur cœur.

Au-delà du manque de temps (que je ne reprendrais pas ici car j’en ai parlé dans le 1/5) et d’argent, certaines personnes ont du mal à s’ajuster car elles ne savent pas ce qui cloche. Il est difficile de mettre le doigt sur ce qui ne convient pas/plus. Et notre éducation ne nous aide pas à être honnête avec nous-même.
Pour se convaincre que les choses sont ok, on utilisera le déni (faire le sourd face à ces problèmes) ou le bluff (camoufler sa peine en faisant croire que tout va bien). Hors la lucidité et l’honnêteté sont les piliers de la conscience qui permet une transformation. Ce n’est pas facile à accepter et à reconnaître mais il faut arrêter de se beurrer les carreaux pour enfin régler ce qui ne va pas/plus et avancer.
S’entourer des gens qui nous font du bien, prioriser les tâches à accomplir pour sortir d’une situation ou en développer une nouvelle, s’isoler pour faire le point, discuter et essayer de faire passer un message, reconnaître ses succès et s’appuyer dessus ou reconnaître ses échecs et en faire des étapes pour la suite, se discipliner et cultiver les petits instants de bonheur… Toutes ces pistes sont envisageables pour sortir de la morosité et aborder le renouveau. Ecoutons-nous, notre corps est capable de nous guider dans ce cheminement.
Et souvent ces étapes demandent du temps et se réalisent à tâtons, dans l’incertitude la plus totale. Etre adulte c’est accepter les incertitudes, l’absence de sens et l’instabilité car souvent de ces moments d’hésitations naissent l’intérêt et le changement profond.

Nous avons du mal à mettre le doigt sur ce qui ne va pas/plus car nous nous obstinons aussi dans une seule voie. Celle que nous connaissons, que nous avons l’habitude d’employer. C’est une attitude normale mais peu efficace. Pour se sortir d’un chemin malheureux, il va falloir être créatif et chercher des alternatives.
Reprenons l’exemple de l’argent. Si nos envies (attention à la société de consommation qui fait grimper les enchères) sont freinées par notre manque de moyens, pourquoi ne pas chercher une idée créative afin d’améliorer nos revenus. Ex : louer une chambre vide, vendre des objets inutilisés ou des vêtements à peine portés sur internet, covoiturer…. Ces alternatives ne nous rendront pas riches mais elles pourront mettre un peu de beurre dans les épinards sans pour autant bouffer notre énergie et notre temps (cf plus haut).
Revoir sa façon de consommer en privilégiant le troc ou la seconde main, les achats au marché plutôt qu’en grande surface où toutes les nouveautés attirent l’œil et le portefeuille, adapter les déplacements et choisir de laisser la voiture au garage pour les petits trajets…. Adapter son train de vie, se réorganiser et imaginer des alternatives permettent d’initier de nombreux changements et une amélioration considérable du quotidien. Une fois ces ajustement mis en place, il y a plus de temps pour profiter des petits bonheurs gratuits de la vie.
Car même si notre rêve est de faire le tour du monde, rien ne nous empêche de profiter des petites satisfactions et des beautés de la vie. L’odeur de la pluie sur le béton, un ciel parfaitement bleu, des rires d’enfants… je sais que cela semble un peu niais mais la beauté est partout et, de façon totalement gratuite, s’offre à nous alors essayons de savourer un peu.

Les ajustements effectués avec nos propres ambitions ne règlent pas tout, c’est évident. Il va falloir s’ajuster avec nos proches et les relations que nous entretenons afin qu’elles ne nous polluent plus.
Dans l’article précédent, je préconisais de laisser tomber certaines relations devenues toxiques. Mais sans aller jusque-là, certains de nos proches ne nous rendent pas heureux mais ne sont pas toxiques pour autant. Et si les choses sont immuables, il faudra s’ajuster pour pouvoir vivre avec malgré tout.

Dans un premier temps, dans une relation dysfonctionnelle, les deux personnes ont des torts et il est très important de ne pas jeter la faute sur l’autre uniquement, donc commençons par reconnaître ce que nous avons fait/dit de travers. Nous sommes responsables, en partie, des difficultés de compréhension et de communication.
L’autre n’est pas nous, il fonctionne avec ses filtres, ses repères, son éducation, ses démons du passé, sa logique… qui sont parfois très éloignés des nôtres. Sa façon de voir les choses n’est ni bonne ni mauvaise et certainement pas moins valable que la nôtre.
Donc la clef – et j’enfonce ici une porte ouverte – est la communication. Se parler est la base, sans dialogue aucun des deux ne pourra accéder à la logique de l’autre, c’est impossible.
Mais parfois la communication est compliquée et il faut alors explorer d’autre voies pour poursuivre la relation (si c’est notre souhait). Pardonner et demander pardon peuvent constituer un bon début. Nous pardonnons que l’autre ne soit pas parfait et ne réponde pas à nos attentes. Demandons pardon, sincèrement, car nous avons contribuer voire initier le dysfonctionnement de la relation et c’est le choix de l’autre que de nous pardonner ou non.
Et soyons créatifs (cf plus haut) pour sortir de cette situation, imaginons un compromis. Le compromis est déprécié de nos jour car on pense souvent que l’un des deux sera lésé et cela devient insupportable lorsque nous avons l’impression que nous serons le « dindon de la farce ». Hors un compromis est simplement une nouvelle manière d’aborder la situation et de lui trouver une autre issue où personne n’aura eu pile poil ce qu’il désirait mais où chacun aura pris en compte la vision et fait un pas vers l’autre, ce qui est sans aucun doute plus constructif.
Une relation dysfonctionnelle n’est pas vouée à le rester indéfiniment. Certains outils de communication interpersonnelle non-violente peuvent nous aider à la transformer en un échange plus apaisé (beaucoup de livres existent sur le sujet).

Quoi qu’il en soit, nous voyons que dans nos vies certaines choses – qui ne peuvent être abandonnées ou réglées de suite – doivent être ajustées pour pouvoir vivre en paix et avancer vers un mieux être.
Que ce soient nos attentes ou nos envies qu’il faut parfois revoir « à la baisse » et ajuster à nos moyens et au temps dont nous disposons ou qu’il s’agissent des relations humaines que nous devons accepter telles qu’elles sont avec leurs qualités et leurs défauts. Notre grande force est de savoir reconnaître ce qui dépend de nous et de notre volonté au changement, des combats vains qui nous épuiserons à la longue.
Avec ces distinction, mettons nos forces là où c’est utile et ajustons dans le compromis ce qui n’est pas totalement de notre ressort.

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Le bonheur… 2/5

Dans l’article précédent, je nous proposais de nous poser et de faire le point au calme et SEUL afin de déterminer ce qui dans notre vie ne nous convient pas totalement et nous éloigne de la sensation d’être heureux.
Mais je voudrais, avant d’enchainer avec la suite, revenir sur un point.
L’idée du bonheur est propre à chacun et ne peut pas vraiment faire l’objet d’une définition en tant que telle. Il n’y a pas de recette toute faite pour que tout le monde se sente heureux. Ce qui rend heureux les uns ne sera sans doute pas le chemin que devront emprunter les autres pour se sentir serein et en paix.
Ces articles ne sont donc pas des guides à prendre au pied de la lettre. Ils sont des pistes à explorer mais à s’approprier avant tout. Nous devons composer avec ce que nous sommes individuellement sans tenter de calquer le mode de vie d’une autre personne. Mais que ce soit le format « famille nombreuse » qui nous rende heureux ou célibataire sans ancrage, peu importe, il « suffit » de déterminer nos attentes, de les poser et de les assumer.

Dans ce deuxième article, je propose que nous nous allégions des choses qui nous pèsent et qui ne sont pas toujours utiles.
Notre quotidien est rempli de contraintes que nous pouvons sans aucun doute réduire ou carrément abandonner afin de s’alléger les semaines et l’esprit. Ce n’est pas évident, nous allons le voir, mais nécessaire.
Nous avons vu dans l’article précédent que nous sommes responsables des choix que nous faisons. Nous avons donc le pouvoir de dire NON à certaines situations ou demandes afin de ne pas s’encombrer d’avantage.

Il faut donc commencer par déterminer les tâches qui nous incombent dans la journée ou dans la semaine. Une fois cette liste effectuée, il sera nécessaire de l’analyser et de faire des choix.
Je ne vais pas vous dire ici ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. Cette notion est très subjective, ce qui me semble inutile vous paraitra peut être indispensable et inversement.
La notion d’utile/inutile concerne les objets du quotidien qui parfois nous donnent le sentiment d’étouffer et de ne pas se sortir des tâches ménagères. Il serait sans doute bon de faire un tri afin d’éliminer les objets que nous possédons en double ou les vêtements que nous ne portons jamais et qui encombrent les étagères… etc… Cela semble anodin, mais lorsqu’on vit dans un univers épuré, il est plus facile d’avoir l’esprit léger.

Cette notion d’utilité peut aussi englober les relations que nous entretenons avec nos proches. Certes une relation ne se détermine pas par son utilité – à moins que nous fréquentions des personnes pour se qu’elles peuvent nous apporter. Mais on peut se demander si toutes nos relations sont bénéfiques, si elles nous font grandir, si elles nous rendent heureux, si elles apportent un échange positif… etc…
Si une relation est toxique ou nuisible ou simplement si on n’y trouve pas notre « bonheur », nous pouvons choisir de la classer parmi les « choses » inutiles afin de nous en débarrasser et ainsi faire de la place pour une autre relation plus enrichissante.
Cela s’applique aux relations amoureuses, oui, mais aussi aux relations familiales – il n’est pas interdit de s’éloigner des personnes qui nous minent le moral, même si nous avons le même sang. Et aussi aux relations de travail. Si un collaborateur me met mal à l’aise ou s’il est trop négatif, rien de m’empêche de réduire au maximum mes interactions avec lui, voire même de trouver un moyen pour ne plus avoir de lien direct.
S’éloigner des gens est sans aucun doute bien plus difficile que de jeter des magazines qui s’accumulent ! Mais cela est parfois indispensable afin de retrouver sérénité et apaisement.
Nous avons tous vécu ce genre de relation toxique. Celles où nous ne trouvons pas notre place, celles où nous nous trahissons pour plaire à l’autre, celles où nous avons peur de décevoir, celles où nous sommes le sauveur/la béquille de l’autre… etc… Bref, toutes celles où nous ne sommes pas nous-mêmes.
Parfois ces situations nous conviennent et nous acceptons le rôle donné – l’acceptation est un choix. Mais parfois nous avons conscience que quelque chose cloche et nous restons dans l’immobilisme. Ne pas agir et souffrir d’une situation nous éloigne du bonheur et pire, nous rend aigri et méchant.
Si nous décidons de rester dans une relation « bancale », il faudra y trouver malgré tout des objets de contentement et de satisfaction afin de ne pas tomber en dépression. On peut apprécier être le « sauveur/pompier » et soutenir l’autre bien que la réciproque ne soit pas vraie. Cela nous donne une « fonction », une « utilité » et nous avons l’impression de remplir une mission que personne d’autre ne pourrait faire.
Nous pouvons aussi choisir d’être guidé par l’autre et de ne rien décider – être le wagon. Cette place peut être appréciable si elle ne génère pas de frustration…
Mais si cela nous rend malheureux, il faudra agir en conséquence et « laisser tomber » la relation en question car l’illusion serait de croire que nous avons le pouvoir de changer l’autre (père sévère, mère intrusive, mari volage, patron injuste… etc).

Car – deuxième volet de cet article – nous ne pouvons pas modifier ou changer certaines choses.
– le temps : Souvent on entend les personnes dire qu’il n’y a pas assez d’heures dans une journée pour tout faire. Plutôt que de prendre le problème sous cet angle – car oui il est en effet impossible d’ajouter des heures à nos journée qui en contiennent déjà 24 – imaginons que ce soient nos activités qui se « moulent » à ce format et non pas le format qui s’adaptent aux trop nombreuses obligations !
Les contraintes de temps sont souvent le résultats de choix fait en amont. Si nous décidons d’avoir 8 enfants, nous devrons les trimballer 8 fois plus à leurs activités sportives que si nous n’en avions eu qu’un seul… Si nous décidons de vivre en plein milieu des champs, il faudra assumer de prendre la voiture pour aller chercher son pain à la boulangerie du village et la reprendre car « ho oui mince, j’ai oublié de passer à la pharmacie! ».

– les autres : Comme dit plus haut, il est vain de croire que nous avons le pouvoir de changer les personnes que nous fréquentons. Un père sévère l’est certainement car c’est l’éducation qu’il a lui même reçu et ne sait pas faire autrement. Un mari volage ou désordonné l’est et le sera toujours.
La notion d’effort est intéressante à étudier car le fait de vivre en société nous oblige à être dans le compromis avec les autres. Mais lorsque de nature nous sommes maniaques ou infidèles, il est extrêmement difficile de revoir son mode de fonctionnement à 100%. Il n’existe pas de bouton « RESET » pour nous remettre à zéro. Nous sommes capables de faire des efforts et parfois avec beaucoup de bonne volonté mais nous restons qui nous sommes. Donc lorsqu’une relation ne fonctionne pas, lorsque les attentes sont différentes et importantes aux yeux de l’un ou l’autre (ex 1 : j’aimerais qu’il me soutienne dans les tâches ménagères // j’ai toujours vécu au sein d’une famille bordélique — ex 2 : mon patron n’est pas suffisamment reconnaissant // je trouve que le travail bien fait n’a pas à être mentionné, car c’est la base), il faut savoir le reconnaître, ne pas se battre pour changer l’autre (combat vain) et stopper l’échange.

Certaines choses sont immuables et nous ferons perdre de l’énergie si nous essayons de les combattre. Lâcher prise et laisser tomber ne sont pas des marques de faiblesse, ce sont souvent des preuves de lucidité et bien que cela ne soit pas facile, prendre la décision d’abandonner sera sans aucun doute plus bénéfique que de se confronter à des murs.

Pour finir sur cette volonté d’alléger nos vies, je voudrais parler des devoirs que nous nous imposons nous-mêmes alors qu’ils n’en sont pas.
Avez-vous déjà accepter de rendre service à une personne sans le vouloir vraiment, en vous forçant ? Oui évidemment, tout le monde le fait, c’est le principe du service…. Et bien non justement, il faut nuancer. Rendre service à quelqu’un – si cela nous coûte ou si cela met en péril notre organisation personnelle – ne doit pas être obligatoire. On doit pouvoir se sentir libre de refuser, de dire NON, si la demande en question est trop pénible.
Qu’est ce qui fait que ce que j’écris vous choque ? Qu’est-ce qui fait que nous n’osons jamais dire non ? Ou pire que nous mentons, que nous inventons des excuses pour nous défaire d’un engagement ?
Le regard des autres, la bienséance et la peur de décevoir ou d’être jugé : « Je n’ai pas été élevé comme ça, ça ne se fait pas de dire NON lorsqu’on demande un service ».
Mais tout cela c’est dans notre tête, ce sont nos propres croyances. Le fait de dire NON ne signifie pas que nous avons été élevés comme des petits cochons égocentrés. Dire NON de temps en temps permet de se protéger, d’aménager du temps pour soi et lorsqu’on dit OUI, on le dit de bon cœur et avec la volonté de vraiment/sincèrement rendre service et de le faire avec plaisir.
Une personne a qui on répond NON sera sans doute un peu embêtée car elle devra trouver une autre alternative mais si le NON est « gentil » ou si on propose une compensation à ce refus, elle ne nous en voudra pas et ne développera pas le sentiment d’être redevable. Car lorsqu’on nous rend service de mauvaise grâce, on le sait et on développe une forme de culpabilité, hors nous avons vu dans l’article précédent que pour être heureux il faut se défaire de l’habitude de se sentir coupable pour un rien.

Enfin, que faire d’un passé très lourd et des regrets qui vont avec ? Car parfois notre présent subit les affres d’une enfance pénible ou d’une vieille relation amoureuse dévastatrice et il faut savoir se délester de ce passé pour se consacrer à l’avenir. Comme pour les autres items, je n’ai pas de recette miracle à offrir. La notion de « deuil » est propre à chacun et le temps nécessaire pour l’accomplir est subjectif et proportionné à la situation. Encore une fois, regarder les choses en face (même si cela est douloureux), les analyser, pardonner et SE pardonner à soi-même sont des étapes indispensables mais parfois longues à réaliser? alors travailler avec un thérapeute pourra être une solution – à chacun de le déterminer.

Comme pour l’article précédent, il faut se souvenir que nous ne sommes pas infaillibles. Nous ferons encore certaines erreurs, nous fréquenterons des personnes nuisibles, nous resterons dans des relations qui dysfonctionnent, nous accepterons des tâches de mauvaise grâce, notre passé viendra de temps en temps nous rendre visite… etc….
Mais nous comprenons au fur et à mesure que nous avons le pouvoir de décider, de faire des choix afin de nous éloigner des expériences et des relations nuisibles pour faire de la place aux choses positives et aux situations qui nous rendent vraiment heureux. Chaque choix entraine des conséquences et il faut l’accepter mais si nous décidons (= choix) de ne pas bouger et de rester là où nous sommes, au sein d’un environnement imparfait et bancal, essayons de trouver des compensations pour s’approcher du bonheur et ne pas trop subir notre quotidien.

Contradiction

Dans mon dernier article, je vous expliquais ma volonté de ralentir un peu le rythme de mes journées afin de me poser un peu plus, de savourer les choses avec sérénité. A notre époque, c’est un vrai luxe de pouvoir prendre le temps, de ne pas courir partout. J’espère d’ailleurs que vous ne vous êtes pas laissés happer par la frénésie du mois de septembre, vous savez cet engouement presque hystérique pour la rentrée, les fournitures scolaires, les agendas, les activités auxquelles il faut s’inscrire ou inscrire les enfants, les RDV chez le médecin pour les certificats médicaux…. etc….
Souvent septembre rime avec bonnes résolutions aussi : plus de sport, plus de sorties, plus d’activités culturelles…. plus, plus, plus…. Mais au final, parfois moins c’est mieux !

En toute honnêteté, lorsque j’ai écris le post sur la volonté de ralentir, il se passait dans ma vie quelque chose de superbe et j’avais envie de m’y consacrer pleinement donc de réduire mes autres activités. Cette rencontre fut éphémère et aujourd’hui j’angoisse un peu de ce temps libre que j’ai récupéré en mettant fin à certaines activités. Comment occuper ces moments ?
C’est une vraie question que je me pose et qui peut sembler un peu dingue et un peu ridicule.
J’ai toujours un peu peur du vide, du rien, d’être seule. Je ne sais pas si parfois vous passez par ces états d’âme mais pour moi, ces moments de doute sont insupportables. Accepter de s’ennuyer…

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Parfois au milieu d’une journée j’ai des temps de repos, entre deux cours, mais j’ai toujours un truc à faire, que ce soit des démarches administratives ou des RDV chez le kiné….
J’ai pris la décision de quitter BIOcBON, pour ceux qui me suivent, vous savez que j’y travaille depuis un peu plus d’un an, à raison de 15 heures par semaine. Cette décision prise avant tout parce que je n’ai plus besoin de ce revenu, mais prise aussi afin de libérer du temps et me consacrer à cette rencontre dont je vous parlais plus haut, aujourd’hui me fait flipper. J’ai peur de ne pas savoir quoi faire de ce temps libre. En l’écrivant ça me semble dinguo mais c’est vraiment ce que je ressens.
Lorsque je rationnalise, je sais bien que ça va aller et que ces moments seront finalement appréciables et appréciés. Je vais pouvoir me reposer et stopper enfin ce rythme 7/7 que je me suis imposées cette année.

Alors voilà, je voulais partager avec vous ce paradoxe. Ce conseil que je vous donnais, qui me semblait tellement évident pour moi il y a encore quelques jours, celui de ralentir et de se consacrer à ce qui compte vraiment… Et malgré tout, cette peur du vide, du rien…

Pardon c’est un post un peu brouillon et pas super enjoué, je m’en rends bien compte.
Mais je me suis jurée de ne rien vous cacher dans ces billets d’humeur et en mettant tout cela noir sur blanc, j’espère avancer.

Règle n°1, ne jamais fréquenter une yogini ;)

Souvenez-vous, il y a peu de temps, je rédigeais un article sur les bonnes raisons de fréquenter une pratiquante du yoga. Juste ici, pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire 😉
Parmi ces raisons, certaines sont très connues (partie visible de l’iceberg) et d’autres un peu cachées, qu’on découvre lorsqu’on passe du temps avec une yogini.

Aujourd’hui, afin d’être toujours dans l’objectivité (vous me connaissez un peu maintenant ;p ), je propose de dresser la liste des gros défauts à sortir avec une femme yogi…

Le premier problème : le régime alimentaire
Assez souvent les yoginis sont végétariennes. Nous ne mangeons ni viande, ni poisson, ni produit fabriqué à partir de chair animale. Ce n’est pas le cas pour toutes, mais c’est fréquent. Du coup, adieu resto de viandes et barbecue entre potes ; bye bye les sushis en livraison et les pizzas cow boy ; hasta la vista plateaux de fruits de mer et hamburgers « faits maison » ; adios sandwichs au pâté et charcuterie à l’apéro….
A la place, vous trouverez des bâtonnets de concombre et du houmous ; des tartes aux légumes et des makis fromage/avocat ; vous chercherez les restos vegan où le tofu est à la carte ; vous apprendrez à aimer la spiruline, le seitan et les panés de lupin…
Et attendez, je ne vous parle pas de celles qui sont vegan (sans miel, sans lait, sans œufs) ou de celles qui ne mangent pas de gluten (pas de blé)…. Un bonheur à vivre au quotidien 😉
Problème 1, petit b : elles essayent de cuisiner
Afin de se préparer des repas qui leur conviennent, les pratiquantes de yoga cuisinent… Mais bon, la cuisine c’est comme le reste, parfois on est doué et parfois un peu moins…. :/

Deuxième problème : les horaires de lever et de coucher
Généralement nous nous levons de bonne heure afin de pratiquer le yoga le matin avant tout le reste de la journée. Cet horaire est variable en fonction des unes et des autres mais c’est souvent tôt (vers 6h/7h du matin). Même en week-end, même pendant les vacances…. hum hum
Alors même en prenant toutes les précautions du monde, il se peut que vous soyez réveiller, soit par la respiration ujjayi, très sonore, si vous vivez en studio, soit par votre femme yogini qui se lève du lit pour aller dans une autre pièce et commencer sa journée par sa pratique. Du coup, vous vous levez une ou deux heures plus tard, la tête un peu dans le gaz alors qu’elle aura déjà l’énergie suffisante pour déplacer des montagnes…. Synchronisation des biorythmes compliquée !
L’heure du coucher…. Si on vit selon les principes de l’ayurvéda, on devrait se coucher en même temps que le soleil. ET c’est vraiment tôt ! Mais même sans être pile poil dans les clous des principes ayurvédiques, étant donné qu’on se lève vers 6h, il parait compliqué de se coucher à 1h du matin. Souvent nous sommes au lit vers 22h et il est vrai qu’avec les vies que nous menons, 22h ce n’est pas si tard (on rentre du travail vers 19h, on dine, on traine un peu… et hop, il est 22h super vite). Encore une fois, c’est difficile de vivre en harmonie « pendulaire » !

Troisième problème : les conversations
Les sujets de conversations ses pratiquants de yoga, et ce n’est pas spécifique aux femmes, sont dans l’ordre :
– les postures
– les blessures
– les cours ou professeurs testés récemment
– les retraites yoga qu’on aimerait faire
– la nourriture
– l’Inde
– les thérapeutes qui nous soignent
Voilà, voilà…. On a l’impression que cela fait beaucoup de sujets différents mais non ! Et c’est très excluant si on n’est pas de la partie, si tu vois ce que je veux dire 😉

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Quatrième problème : Vous serez mis à contribution
Essayez une nouvelle posture n’est pas toujours chose simple. Alors il faudra peut être tenir ici une jambe ou un bras, maintenir un dos ou apporter un coussin, allumer un bâton d’encens ou poser du parquet dans la chambre d’ami car c’est mieux pour pratiquer, donner votre avis sur un asana ou sur l’évolution de la pratique de votre bien-aimée… l’accompagner passage Brady à Paris afin d’acheter des épices et vous taper tous les corner yoga qui ouvrent dans toutes les rues afin de trouver THE brassière qui maintient sans comprimer – bon, ce n’est certainement pas la partie la moins sympa pour vous 😉

Cinquième problème : les photographies
Que vous soyez ultra connecté ou non, vous allez découvrir que beaucoup de yoginis capturent toutes les images possibles et inimaginables. Cela va de leurs pieds jusqu’à ce qu’elles ont dans leurs assiettes en passant par un sachet de thé ou encore un arbre dans la forêt. le moindre coup de crayon sur une feuille de papier devient un mandala à garder en mémoire, le moindre bol de céréales devient le prétexte « good morning » d’un instagram…. Mais au-delà de cette frénésie de flash, vous deviendrez photographe officiel de postures toutes plus élaborées les unes que les autres et il faudra être sacrément au taquet pour prendre votre chérie en train de faire adho mukha vriksasana sur la plage !

Alors maintenant que vous savez tout, les bons et les moins bons côtés du fait de fréquenter une yogini, à vous de décider… Mais ne venez pas dire que vous n’étiez pas prévenu 😉