Fiche anatomie : La hanche

Cela fait un petit moment qu’on ne s’est pas attardé sur une partie du corps. Les fiches anatomie se sont fait rares ces derniers temps, alors aujourd’hui je reviens vous parler de la hanche.
En effet pendant les cours de yoga, cette articulation est souvent mise en jeu et sollicitée dans les asanas. C’est aussi une articulation importante du corps qui cumule quelques pathologies. Mes élèves ont parfois des douleurs…. qui peuvent aller jusqu’à l’opération afin de remplacer l’articulation originelle par une prothèse.

LA HANCHE 
La hanche ou articulation coxo-fémorale est une articulation qui permet de joindre la cuisse au bassin. Elle met en jeu deux os : l’os iliaque et le fémur. La tête du fémur (os long de la cuisse) est constituée par une sphère d’environ 45 mm de diamètre.
Cette tête de femur « s’encastre » dans la cavité cotyloïde (également appelée acetabulum) située à la face latérale de l’os iliaque. Elle prend la forme d’une sphère formant un croissant ouvert en bas.
Autour de cette articulation se trouve une membrane fibreuse qui encapsule toute l’articulation et la protège.
C’est une articulation dite énarthrose qui permet une répartition homogène des forces et une optimisation de l’amplitude du mouvement.
L’articulation est unie par un réseau de ligaments assez important comme le ligament de la tête fémorale ou encore le ligament ischio-fémoral… Ces ligaments participent de la stabilité et de la mobilité de l’articulation.

Amplitude et mouvement de la hanche :
La hanche possède plusieurs degrés de liberté qui permettent notamment de tourner dans un sens sans bouger les jambes. Extension, flexion, abduction, adduction, rotation, tous ces mouvements sont possibles avec la hanche mais peuvent parfois être limités en raison de pathologie. Au contraire, nous pouvons gagner en amplitude sur ces mouvements grâce à la pratique du yoga notamment.

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Quelles sont les pathologies fréquentes ?
On pourra noter la luxation de la hanche (lorsque la tête fémorale sort de la cavité), la fracture du col du fémur (fréquente chez les personnes âgées qui chutent), l’arthrose de la hanche, le rhume de hanche (inflammation virale de l’articulation) ou encore la bursite trochantérienne…
Les prothèses :
Le remplacement de l’articulation par une prothèse, est aujourd’hui très codifiée et les indications sont multiples. Des symptômes à l’opération, il se passe souvent une période d’observation de durée variable. L’intervention chirurgicale peut, dans certains cas, devenir nécessaire. Les sensations qui peuvent alerter sur le dysfonctionnement de la hanche sont : des douleurs plus ou moins vives au niveau du pli de l’aine, une boiterie, des douleurs au moment d’un effort physique – ou même parfois pendant la nuit (au repos). Si ces symptômes deviennent chroniques, il faudra consulter un spécialiste afin de radiographier l’articulation et de faire les examens médicaux indiqués afin de déterminer si l’opération est envisageable.
Est-ce qu’on récupère toutes ses facultés avec la prothèse ?
Les prothèses ont fait énormément de progrès. Elles permettent de vivre un quotidien tout à fait normal, de marcher correctement et s’asseoir sans douleur… etc…
Cependant, pour ce qui nous concerne – le yoga – une prothèse ne permettra pas vraiment de récupérer une liberté et une amplitude de mouvement totale. Il faudra par ailleurs être vigilant lors des premiers cours de yoga repris suite à une opération de ce type (plusieurs mois d’attente sont nécessaires avant de remonter sur un tapis de yoga).
Tous les asanas qui travaillent sur l’ouverture des hanches devront être pratiqués en petite amplitude et en restant bien à l’écoute des sensations. Prévenez votre professeur et ne vous prenez pas pour IRON MAN avec une hanche super-résistante !

prothese-de-hanche

ASANAS ET HANCHES 
Le yoga nous offre de nombreux asanas qui permettent de travailler au niveau de l’articulation de la hanche.
Assouplir les hanches fait partie des premiers objectifs du yoga pour débloquer les noeuds énergétiques, émotionnels ou mentaux qui se sont cristallisés dans cette zone, et ainsi gagner en stabilité, en ancrage, en force et en vitalité. L’ouverture des hanches est également intimement liée à la verticalité. Si j’ai les hanches bloquées, je vais avoir des difficultés à redresser la colonne vertébrale, avec les conséquences physiques, énergétiques et mentales qui en découlent.
Virabbhadrasana 2 parmi les postures les plus connues permet d’ouvrir les articulations des hanches.
Kona utktasana (grand angle plié) ou encore durgasana (la posture de la déesse) sollicitent les hanches. Utthita trikonasana ou utthita parsvakonasana sont des postures debout qui mobilisent la hanche.
Pour les postures assises, eka pada rajakapotasana (le pigeon), baddhakonasana, mandukasana (la grenouille), ananda balasana (happy baby pose)…
Le yoga est riche de postures mobilisant les hanches. On pratiquera ces asanas en fonction de sa mobilité naturelle et au fur et à mesure, l’amplitude deviendra plus importante.
En cas de douleurs, on adaptera ses poses et on privilégiera un travail avec un bassin qui reste de face et des hanches parallèles entre elles.

eka pada rajakapotasana virra2

baddhakonasana

Exemple concret, l’assise de début et de fin de cours : Cette assise sera entravée lorsque les hanches ne sont pas suffisamment ouvertes. Vous constaterez que les genoux sont hauts et que le dos s’arrondit, la posture devient alors très pénible à tenir. Dans ce cas, et en attendant que les hanches se débloquent un peu, on placera un support sous les fesses de manières à surélever le bassin et ainsi laisser les genoux se relâcher vers le sol.
Si les hanches sont bien ouvertes, cette assise sera confortable, avec une colonne vertébrale redressée et des genoux bien ouverts de part et d’autre.

Vous l’aurez compris, la bonne santé des hanches est primordiale pour se déplacer correctement, vivre un quotidien facilité et pratiquer le yoga dans de bonnes conditions.
Restez attentifs aux sensations situées au niveau des hanches et peut-être un peu plus largement au niveau du bassin, faites vos asanas progressivement en restant à l’écoute et vous verrez que les hanches « s’ouvrent » assez rapidement. Cela vous permettra de garder une colonne vertébrale plus droite et une assise plus facile
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Clap de fin sur la formation – bilan

Ca y est le teacher training de Clotilde Swartley et Patrick Frapeau est terminé, snif…

Nous avons commencé cette aventure fin janvier, souvenez-vous, avec des craintes et des espoirs. Je pressentais que je serai ravie d’avoir suivi cet enseignement et 6 mois après je peux confirmer que je suis super contente et fière d’avoir pu participer à cette première édition.

Pour Patrick c’était sa première formation et vous n’imaginez pas la joie que j’ai éprouvé à chaque week-end, à chaque rendez-vous à son contact. Pour moi il était très important de suivre son enseignement dans le cadre d’un teacher training et j’ai l’impression que notre relation s’est développée encore plus au cours de ces mois. J’espérais qu’il me révèle des secrets de pédagogie, qu’il me conseille et m’aiguille dans mes choix, dans ma façon de faire, de parler, d’enseigner, je souhaitais « secrètement » me rapprocher de sa façon à lui d’enseigner…. et au final, cette aventure a tenu toutes ses (mes) promesses et beaucoup plus !
Car j’en sors certifiée – et croyez moi sur parole, ce n’était pas forcément mon objectif – mais j’en retire surtout une plus grande confiance en moi. Enseigner devant Patrick et lui « prouver » ce dont je suis capable me tétanisaient jusqu’alors et avec cette formation j’ai du passer au dessus de ces peurs et lui montrer.
Patrick est très bienveillant avec moi et cette pression je me la collais seule. A raison de palpitation, de sueur froide et de visage tout rouge, je me pensais incapable de prononcer la moindre phrase d’enseignement devant lui. Et puis au fur et à mesure des week-end, j’ai transcendé cette frayeur en acceptant que ma pédagogie est largement perfectible et tant qu’à être perfectionnée par quelqu’un autant que ce soit par la personne en qui je m’abandonne complètement, à qui je fais le plus confiance.

Est-ce que mon enseignement transpire la Patrick’s touch, oui c’est certain. Est-ce que les autres s’en rendent compte, oui évidemment… Et je suis très fière de cela. Avec le temps et en vivant d’autres expériences, ma pédagogie s’affinera et mon style aussi.

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Lorsque je me suis inscrite à cette formation, vous l’aurez compris c’était avant tout pour être au contact de Patrick, j’avais un peu peur de la redondance avec la formation de Gérard Arnaud (suivie en 2015). Même nombre d’heures, même certification, au moment de faire les chèques je me suis demandée si je ne ferais pas mieux de garder mon argent pour suivre une formation avancée…
Et en fin de compte, même si ces formations ont le même intitulé, le contenu est assez différent. Les fondamentaux comme l’anatomie, la philosophie du yoga et l’étude des textes anciens restent identiques – oui quand même ! – mais le contenu diffère en fonction des formateurs. Avec Gérard, je ne me suis jamais retrouvée en situation d’enseigner par exemple mais j’ai vu une sanskritiste pour l’étude des textes yoga. Avec Gérard nous étions 60 et il fallait faire avec cette composante, avec Patrick et Clotilde nous étions 23 et ce n’est pas le même confort, la même énergie.
Donc tout cela pour dire qu’au moment de s’inscrire à une formation, il faut vraiment rencontrer les formateurs, poser des questions sur le contenu et écouter les échos des anciens participants.

Voilà…. Que se passe t-il à partir de maintenant ? C’est étrange de terminer une formation un peu longue comme celle-là. Ce moment de « descente » énergétique, je l’avais déjà ressenti à la fin de la formation de Gérard Arnaud. L’été va nous permettre de nous reposer, de reprendre des forces, d’imaginer de nouveaux cours (formidables) et de peut être nous projeter sur de nouvelles aventures.
Pas de formation professionnelle pour moi à l’horizon pour l’instant mais je ne manquerai pas de vous parler de mes prochains projets de formation !

Si vous avez des questions sur des formations, n’hésitez pas, je me ferai un plaisir d’y répondre.

Fiche anatomie : Le genou

Le genou est une articulation qui permet de joindre la jambe à la cuisse. Elle met en jeu trois os, le fémur, le tibia et la patella (la rotule), par le biais de trois articulations, l’articulation fémoro-patellaire et la double articulation fémoro-tibiale.
Le cartilage assure la fluidité des mouvements du genou. Le tissu élastique fin, le cartilage, protège l’os et fait en sorte que les surfaces de l’articulation glissent facilement les unes contre les autres. Le cartilage s’use non seulement au fil des ans, mais aussi en fonction de son utilisation. Le cartilage possède en outre une capacité de régénération limitée. La faible capacité de régénération du cartilage s’explique par l’absence de vaisseaux sanguins qui permettent un métabolisme important.

Le genou présente un angle naturel de 170 à 175° en externe environ, appelé valgus physiologique, dû au décalage entre l’axe de la jambe (tibia-fibula) quasi vertical, et celui du fémur légèrement oblique à cause de la longueur du col portant sa tête. Un valgus trop important sera qualifié de Genu Varum pour un angle trop important (genou arqués) ou de Genu Valgum pour un angle trop faible (genou « qui se touchent »)

Arthrologie du genou
L’articulation du genou relie la région de la jambe en articulant le fémur au tibia et à la patella. C’est une articulation de type « synoviale », c’est-à-dire lubrifiée par du liquide synovial.
Le genou est composé de plusieurs ligaments qui permettent la mobilité de l’articulation pour certains et pour d’autres permettent le maintien et la stabilité.

Amplitudes et mouvements du genou
– Extension de la jambe sur la cuisse : 0° (tout de même 5° de recurvatum physiologique)
– Flexion de la jambe sur la cuisse : 160°
– Rotation externe de la jambe sur la cuisse (genou fléchi) : 30-40°
– Rotation interne de la jambe sur la cuisse (genou fléchi) : 20-30°

Maladies
Le genou peut être en cause dans différentes affections comme des fractures de la rotule et des plateaux tibiaux, des entorses du genou, des arrachement des ligaments, des lésions méniscales.
De type congénital ou évolutif on trouve aussi des pathologies comme le Genu varum et le genu valgum : déviations axiales du genou dans le plan frontal, très fréquentes chez l’enfant et la plupart du temps bénignes (qui peuvent s’améliorer avec la pratique du yoga notamment).
L’arthrose du genou vient avec l’âge. Les genoux deviennent douloureux et leur mobilité diminue. Ce phénomène d’usure du cartilage et d’inflammation est usuel chez les personnes âgées, et accéléré en cas de surpoids, ou après un accident ou une opération (enlèvement d’une partie du ménisque par exemple).
Il existe enfin des maladies congénitales entrainant la réduction de la mobilité du genou, des maladies inflammatoires, des douleurs de croissance, des carences en vitamine D…. etc…

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Symptômes fréquents
Un genou peut-être douloureux, se bloquer ou présenter un gonflement. Il peut exister également une sensation de dérobement, ou un claquement à certains mouvements. Si de tels symptômes perdurent ou si la sensation devient très douloureuse, il faut consulter un médecin.

Examen clinique
Quand on cherche un problème sur le genou, on commence en vérifiant visuellement et en palpant l’articulation. La marche est analysée et on recherche une asymétrie ainsi qu’une chaleur locale, témoignant d’une inflammation. La recherche d’un épanchement se fait, le genou en extension, en cerclant avec les deux mains la rotule (afin de refouler le liquide éventuellement présent)…. etc…

Les genoux et le yoga
Nous considérons nos genoux seulement lorsqu’ils nous font mal hélas. Alors qu’ils demandent toute notre attention. Le genou fait partie de la chaine articulaire hancher/genou/cheville. Je vais surtout aborder le sujet genou dans la pratique du yoga. Parfois, et vous l’avez peut être déjà expérimenté, on ressent une douleur vive lorsque l’on plie son genou pour amener le pied vers l’aine comme dans certaines poses assises Sukhasana, Siddhasana, Padmasana (lotus) ou Eka Pada rajakapotasana (le pigeon), et parfois nous ne ressentons rien ou cela est supportable et d’autres fois, impossible de pratiquer ces postures : Il s’agit souvent d’un problème de ménisque.
Comme elle est située au centre de la chaine articulaire du membre inférieur, cette articulation dépend de la flexibilité de la hanche et également de l’alignement de notre jambe complète, d’une musculature égale de nos quadriceps et ischio- jambiers.
En posture assise telle que Sukkhasana nous effectuons une rotation externe de notre hanche (ce qui nous autorise à ramener le pied vers l’aine), donc si cette rotation externe est insuffisante, le genou prend le relais parce que les ligaments collatéraux, lorsque le genou est fléchi, sont relâchés, mais à force d’utiliser le genou pour arriver à nos fins on prend le risque de se blesser en sur-étirant.
D’ailleurs en yoga on ne parle jamais d’ouverture des genoux mais d’ouverture des hanches ou du bassin et cela est non sans raison. Jamais les genoux ne tireront bénéfice à être forcés en torsion!! Quand l’articulation de la hanche est raide et que vous forcez le tibia en rotation externe vous pouvez endommager vos ligaments et le ménisque médial.
En posture assise , la patience est de rigueur, peu importe que vous ayez besoin d’une vie pour parvenir à vous asseoir en Padmasana , mais vous aurez sauvegarder vos genoux et vous aurez évolué dans votre pratique jour après jour. En conclusion si vos “grosses” articulations ne sont pas ouvertes, les petites trinquent.

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Comment faire ???
Pour commencer, on peut asseoir sur un coussin, une couverture pliée ou des blocs, le fait d’avoir le bassin plus haut que les genoux facilitera une bonne tenue du dos depuis le sacrum mais aussi la rotation externe du fémur ce qui réduira la compression sur le genou.
Il faut à tout prix éviter d’avoir mal à vos genoux dans la pratique, écouter le corps, le genou donne en général son avis immédiatement si la posture ne lui convient pas. Pour soulager on peut également placer dans le pli du genou, une couverture pliée ce qui peut aider également à réduire la gène, la douleur, car en créant de l’espace derrière le genou on fait de l’espace entre le tibia et le fémur et ainsi éviter de comprimer le ménisque (cela peut être valable si on a un problème de ménisque mais ne sera peut-être pas approprié avec un problème de ligaments croisés car déjà trop relâchés).

Les meilleurs antidotes pour éviter des problèmes aux genoux :
Avec le Yoga on permet de stabiliser les muscles de la jambe : quand les 4 muscles des jambes sont développés équitablement ils permettent de stabiliser les ligaments et de maintenir en place la rotule.

1– éviter l’hyperextension du genou dans les postures debout comme Trikonasana ou Paschimottanasana, en créant une inutile tension dans les ligaments, si on est sujet à cela on fléchit légèrement les genoux et on garde le poids du corps réparti sur les 4 coins des pieds.

2– faire attention aux pieds : un bon alignement des pieds est déjà la clé pour bâtir une force égale dans les ligaments des genoux. la rotule peut ainsi glisser de haut en bas sans efforts. Séparer les orteils et appuyer fermement au sol avec les pieds des orteils aux talons et lever le pied interne et externe équitablement.

3– Garder les genoux alignés, la rotule doit se trouver en face du second et 3ème orteil. (Virabhadrasana II, Parsvakonosana, d’abord aligner le genou sur la cheville puis vers ces orteils., il faut aussi prêter attention au pied arrière en ne laissant pas l’arche du pied s’effondrer, ce qui entraîne le genou vers l’intérieur.

4 – Écouter le corps et non l’orgueil. Le genou se plaint immédiatement et il faut rester dans le moment présent, dans la posture.

5– Pratiquer les postures d’équilibre: Garudasana par exemple, cela protège le genou en exerçant un alignement fonctionnel et pas seulement musculaire.

6– Les accessoires de yoga sont là pour aider, même si bon nombre considèrent humiliant d’avoir à reconnaître ses propres limites, bien au contraire l’utilisation des supports permettent de continuer la pratique en sécurité.

7– Et surtout ouvrir le bassin, le préparer, avec des postures comme Gomukhasana, Baddha Konosana etc..

On cherche à devenir amis avec nos genoux, à les choyez, après tout ils sont là pour la vie, nous ne pourrons pas les remplacer, nous avons le devoir d’apprendre à respectez notre corps et ses limites.

Bonne pratique

Fiche anatomie : La main

J’avais déjà fait une fiche anatomie sur le pied… Normal que la main y passe à son tour !

La main (du latin : manus «côté du corps») est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet. C’est un organe capable notamment de saisir et manipuler des objets. Chez l’Homme, la main est un organe extrêmement développé et important, elle dispose d’une palette d’actions très large. Située à l’extrémité des deux membres supérieurs, chaque main possède cinq doigts qui apportent une contribution majeure au sens du toucher.
Elle est également un moyen d’expression quand elle complète la parole, ou sert d’articulateur en langue des signes.
Elle est aussi un instrument de mesure et un symbole dans les écritures égyptiennes anciennes ou dans la langue chinoise – ou bien encore dans de nombreuses religions. Elle fut aussi un des premiers « modèles » d’art puisqu’on retrouve des empreintes de mains dessinées sur des grottes.

ANATOMIE HUMAINE
La main est constituée d’une partie proximale, élargie, à laquelle sont appendues cinq structures cylindriques, les doigts. On lui décrit une face palmaire (ou antérieure) et une face dorsale (ou postérieure), une extrémité proximale (ou supérieure) et une extrémité distale (ou inférieure), et un bord latéral et un bord médial.
La partie proximale peut être divisée en trois parties : l’éminence thénar, latérale, le creux de la main, central, et l’éminence hypothénar, médiale. Elle comporte sur sa face palmaire (la paume) trois plis de flexion, les lignes de la main.
Les cinq doigts sont appelés le pouce, l’index, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire. Ils comportent sur leur face palmaire deux plis de flexion, à l’exception du pouce qui n’en a qu’un seul. L’extrémité distale de chacun des doigts comporte, sur la face dorsale, une structure indurée, l’ongle.

SQUELETTE
Le squelette d’une main d’un adulte comporte en principe 27 os, répartis en trois groupes : le carpe, le métacarpe et le squelette des doigts. Toutes les articulations de la main sont synoviales.
Le carpe comporte huit os courts, Le métacarpe comporte cinq os longs et le squelette des doigts compte quatorze os longs, les phalanges. Chaque doigt comporte trois phalanges, à l’exception du pouce, qui en comporte seulement deux. Les phalanges sont située dans l’axe de chaque doigt.

MUSCULATURE, INNERVATION ET VASCULARISATION
La musculature de la main se compose, d’une part, des 21 muscles intrinsèques, que l’on peut diviser en trois groupes, latéral, central et médial ; d’autre part, des tendons des 15 muscles extrinsèques, que l’on divise en deux groupes, palmaires et dorsaux. Les corps des muscles intrinsèques sont situés dans la partie proximale de la main, tandis que les corps des muscles extrinsèques sont situés dans l’avant-bras. Ainsi, les doigts contiennent uniquement des tendons.

Dans le groupe des muscles intrinsèques on trouve le court abducteur du pouce, le court fléchisseur du pouce et l’adducteur du pouce, le court fléchisseur du petit doigt, l’abducteur du petit doigt…etc.
Pour les muscles extrinsèques, on note les tendons des muscles fléchisseur radial du carpe (ou grand palmaire), long palmaire (ou petit palmaire) et fléchisseur ulnaire du carpe (ou cubital antérieur), mais aussi le fléchisseur profond des doigts… etc.

L’innervation de la main est assurée par trois nerfs : le nerf médian, le nerf ulnaire (ou cubital) et la branche superficielle du nerf radial.

La vascularisation de la main fait intervenir deux artères, les artères radiale et ulnaire (ou cubitale) et plusieurs veines, les veines radiales, ulnaires (ou cubitales), céphalique et basilique.

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BIOMECANIQUE
A partir de la position de repos, le poignet dispose de deux degrés de mobilité : Les mouvements de latéralité (abduction et adduction) et les mouvements de flexion ou d’extension.

PHYSIOLOGIE
La plupart des êtres humains ont une main nettement plus habile que l’autre. Il s’agit souvent de la main droite (près de 80 % des Français sont droitiers, par exemple – un peu plus souvent les filles que les garçons, puisque seuls 30 % des gauchers sont des gauchères. De cette différence sont nées les conventions d’orientation. La main «malhabile» tire ses divers noms (gauche, blessée, penecho, seneco, senestra, stanca, left…) d’adjectifs négatifs ou est à l’origine d’adjectifs négatifs, quand ce ne sont pas les deux à la fois : le mot gauche vient par exemple de gauchir (blesser) et peut à présent avoir le sens de malhabile ou maladroite.
Une personne qui est aussi à l’aise avec la main droite que la main gauche est dite ambidextre.

PATHOLOGIE
En raison de ses fonctions et de ses particularités anatomiques et « topographiques », la main est l’une des parties du corps les plus exposées aux blessures, aux micro-traumatismes, aux contaminations microbiennes exogènes, aux polluants non inhalés et non ingérés et à certaines infections sources de dermatoses infectieuses. C’est d’ailleurs sur le biofilm naturel des mains que l’on trouve le plus grand nombre de bactéries dont la plupart font partie de notre microflore commensale et ne deviennent pathogène que s’ils pénètrent et traversent la barrière de la peau sans être éliminés par le système immunitaire. Les ongles (mais aussi la peau) peuvent être infectés par des micro-champignons ou s’incarner.
Les produits chimiques et certains savons ou produits cosmétiques ou tatouages temporaires mis en contact avec la peau sont sources de dermite irritative, eczéma de contact, hyperkératose, atrophies, etc.

La main contient de nombreux petits os, tendons et un système tendineux, musculaire et vasculaire complexe et soumis à de nombreux micro-traumatisme (la main est fréquemment touchées par les problèmes articulaires (tendinites, arthrites, rhumatisme, etc.)
Il y a plus de risques qu’elles soit coupée, piquée ou subisse des écrasements et brûlures qui sont des sources possibles d’infections ou de séquelles handicapantes. Les problèmes d’engelures, d’abrasion de peau ou de cloques y sont plus fréquents ;
Étant moins protégée par les vêtements, elle est fréquemment la cible des moustiques, peut être aussi en raison de molécules émises par la peau ou son biofilm bactérien.
La peau des mains est fortement susceptible d’entrer en contacts avec de nombreux parasites (ex : galle), microbes, polluants ou allergènes.

Au fur et à mesure du vieillissement, les mains portent les marques de nombreux stimulis physiques (froid, gel, chaud, pression, frictions sources de cals et cicatrices), etc. Elles portent les marques du soleil (rides, colorations et parfois de cancer de la peau…). Avec l’âge, elles perdent de leur force, de leur précision et peuvent trembler.
Elles sont le lieu privilégié des signes de troubles émotionnels et du comportement ainsi que de « maladies systémiques » (diverses formes du lupus, dermatomyosite, rhumatismes inflammatoires…).

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LES MAINS ET LE YOGA
Il y a énormément à dire sur l’importance des mains dans le yoga, les mudra nécessiteraient un article à part entière (j’avais déjà rédigé un article sur les mudra, je vous en prépare un autre).
Au-delà de cette gestuelle symbolique, les mains et les poignets sont parfois mis à rude épreuve pendant les cours de yoga. Dans la salutation au soleil, dans adhomukha svanasana, dans chaturanga, dans bhujangasana (le cobra) ou urdhvamukha (chien tête en haut)… mais aussi dans certaines postures d’inversion comme urdhva dhanurasana (le pont) ou adhomukha vriksasana (l’équilibre sur les mains). Lorsqu’on se retrouve dans ces postures, nos mains deviennent nos pieds, elles sont notre lien avec le sol et deviennent le temps de la posture nos racines, notre ancrage avec la terre. D’où l’importance de bien les positionner et de les plaquer dans le sol du talon de la main jusqu’au bout des doigts… D’autre part, si les mains sont mal positionnées, les poignets souffrent et les lésions ou traumatismes du poignet sont autrement plus graves et invalidants que les blessures de la main (entorse, foulure, poignet cassé, tendinite….). Il faut donc porter une très grande attention aux mains, à leur position sur le tapis et à la manière dont nous les utilisons pour répartir nos force et le poids de notre corps.

Maintenant que vous savez tout sur vos mains, prenez garde en pratiquant, soyez vigilants au moment des asanas et n’oubliez pas qu’énormément d’énergie circule jusqu’au bout des doigts, alors lorsque vous prendrez un mudra, ayez cela à l’esprit, votre pratique s’en trouvera vraiment modifiée.