Miroirs

Il y a quelques semaines, je vous copiais ici une histoire qui me plaisait beaucoup et que j’avais découvert dans l’ouvrage « CONTES DES SAGES DE L’INDE ». J’avais promis d’en partager une autre, alors là voici !
Je l’apprécie beaucoup et elle est tout à fait d’actualité pour moi. J’espère qu’elle vous parlera aussi…

MIROIRS
« Un homme très imbu de lui-même fit recouvrir de miroirs tous les murs et le plafond de sa plus belle chambre. Souvent il s’enfermait là, contemplait son image, s’admirait en détail, dessus, dessous, devant, derrière. Il s’en trouvait tout ragaillardi, prêt à affronter le monde.
Un matin il quitta la pièce sans fermer la porte. Son chien y pénétra. Voyant d’autres chiens, il les renifla ; comme ils le reniflaient, il grogna ; comme ils grognaient, il les menaça ; comme ils menaçaient, il aboya et se rua sur eux. Ce fut un combat épouvantable : les batailles contre soi-même sont les plus féroces qui soient! Le chien mourut, exténué.

Un ascète passait par-là tandis que le maitre du chien, désolé, faisait murer la porte de la pièce aux miroirs.
– Ce lieu peut beaucoup vous apprendre, lui dit-il. Laissez-le ouvert.
– Que voulez-vous dire ?
– Le monde est aussi neutre que vos miroirs. Selon que nous sommes admiratifs ou anxieux, il nous renvoie ce que nous lui donnons. Soyez heureux, le monde l’est. Soyez inquiets, il l’est aussi. Nous y combattons sans cesse nos reflets et nous mourrons dans l’affrontement.
Que ces miroirs vous aident à comprendre ceci : dans chaque être et chaque instant, heureux, facile ou difficile, nous ne voyons ni les gens ni le monde mais notre seule image.
Voyez cela et toute peur, tout refus, tout combat vous abandonneront. »

miroir

Je trouve cette histoire très instructive sur notre façon de nous identifier à des évènements et à les intégrer comme s’ils étaient nous, comme s’ils étaient indissociable de notre personne. Hors il faut s’employer à discriminer, à faire la distinction. Souvent ce que nous percevons comme négatif n’est qu’un simple reflet de notre état mental du moment. De ce fait les choses sont impermanentes et ne sont ni bonnes ni mauvaises. C’est notre « humeur » qui pose un filtre sur le monde et rien d’autre.
Je tente de toujours garder cela dans un coin de ma tête afin de ne pas oublier que c’est moi qui construit ma vie et qui en fait ce qu’elle est.

Vayus – l’énergie vitale

Aujourd’hui, on aborde une notion un peu différente, celle des vayus. Cet article n’a pas vocation à être exhaustif et je ne souhaite pas endosser le costume d’expert yogique. Au cours de mes récentes lectures, j’ai trouvé cette notion de vayus intéressante, en lien avec beaucoup d’autres notions déjà abordées ici ou ailleurs dans d’autres livres donc je me suis dit que cela pourrait vous plaire et vous interpeller. Donc on parle PRANA et VAYUS !

Dans le yoga, le prana, vous le savez, c’est l’énergie vitale, consciente qui régit les processus vitaux du corps.
La définition du Prana est vaste car c’est un terme qui recouvre énormément de notions qui elles-mêmes en englobent d’autres… Prana = énergie, vitalité, pouvoir. Le Prana c’est le fondement et l’essence de toute vie, l’énergie et la vitalité qui emplissent l’univers, le Prana circule dans tout ce qui existe et est aussi le lien qui relie le monde matériel, la conscience et l’esprit. Lorsque les yogis développent la capacité de contrôler leur Prana, ils gagnent en harmonie et santé, au niveau du corps comme de l’esprit.

Cette énergie vitale se divise en 5 aspects, les vayus, ayant chacun leurs particularités. Les 5 vayus doivent être actifs en restant en équilibre les uns avec les autres pour permettre à l’énergie de circuler librement et de façon fluide. Attention, les vayus ne sont pas des chakras.
Grâce au pranayama (exercices respiratoires) et aux asanas (postures) les 5 vayus peuvent être « travaillés » de façon équilibrée. Par exemple, les extensions, les exercices favorisant l’inspiration de même que jalandhara bandha (verrou de la gorge) active le Prana-Vayu. Les flexions avant, les exercices favorisant l’expiration ainsi que mula bandha (verrou du périnée) agissent sur Apana-Vayu. Le Samana-Vayu s’active avec les torsions, certains équilibres, kapalabhati (respiration) et uddiyana bandha (verrou du nombril). Les mudras (gestes des mains mais pas que), les mantras, Ujjayi (respiration) stimulent Udana-Vayu et enfin, Vyana-Vayu est activé par les postures dynamiques et les enchainements rapides d’asanas.

Alors une fois qu’on sait cela c’est bien mais où sont situés ces vayus et quelles sont leurs fonctions respectives????

Prana-Vayu c’est la force qui reçoit : Ce centre (on va l’appeler le point pour ne pas confondre avec les chakras) est situé au niveau du haut du thorax – voire de la tête et est responsable de tout ce qui pénètre dans le corps comme la nourriture ou les perceptions transmises par les 5 sens ou encore l’inspiration.

Apana-Vayu c’est la force qui donne : localisé au niveau du bas-ventre, il gère tout ce qui sort du corps comme les résidus de la digestion, la parole, l’expiration, le contact physique….

Samana-Vayu c’est la force qui transforme : situé au niveau du nombril, régit la digestion sous toutes ses formes, que ce soit la digestion de la nourriture ou des informations reçues, des impressions et il décide de ce qui reste et de ce qui est éliminé. Dans le Hatha, ce vayu est très important. On l’appelle aussi Agni ou le feu digestif. Il aide à brûler ce qui encombre (au sens propre et au figuré). En l’activant, le yogi engage un processus de purification, de nettoyage et permet ainsi à la Kundalini de s’élever.

Udana-Vayu – la force qui communique : situé au niveau de la gorge, il est responsable de toutes les formes de communication (verbales, corporelles…).

Vyana-Vayu c’est la force qui distribue, elle circule en permanence dans le corps et gouverne la circulation de l’énergie.

PanchaVayuImage

Si vous souhaitez approfondir cette notion, il existe de nombreux ouvrages sur le Hatha Yoga ou sur l’Ayurveda (car on retrouve ces notions aussi dans ce système médical). Le livre qui m’a soufflé l’idée d’écrire cet article est YOGA PERFECTIONNEMENT aux éditions La plage.