Ganesh, ma divinité préférée

Dans l’hindouisme, Ganesh est le dieu qui supprime les obstacles. Il est aussi le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Reconnaissable à sa tête d’éléphant, il est sans doute le dieu le plus vénéré en Inde et son aura touche même toute l’Asie. Il est le fils de Shiva et Pârvatî, l’époux de Siddhi (le Succès), Buddhi (l’Intellect) et Riddhî (la Richesse).
Il est mon dieu préféré pour toutes ces raisons et aussi parce qu’il est trop mignon avec sa tête d’éléphant (quoi, argument à 2 balles ^^???).

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REPRESENTATION DE GANESH
Traditionnellement représenté avec un gros corps d’enfant de couleur rouge possédant généralement quatre bras et une tête d’éléphant à une seule défense, son véhicule est un rat. Les deux se complètent, l’éléphant massif, puissant et réfléchi, le rat petit, mobile et malicieux, ont ainsi tous les atouts nécessaires pour résoudre les problèmes du monde.

Les attributs les plus fréquents de Ganesh sont :
la hache, arme classique de Shiva, détruit désir et attachement et donc supprime agitation et chagrin.
Le nœud coulant qui sert à capturer l’erreur.
L’aiguillon à éléphant symbole de sa maîtrise sur le monde.
La défense cassée connaît plusieurs interprétations. Un mythe raconte que Ganesh l’utilisa pour écrire les Veda ou le Mahābhārata sous la dictée de Vyasa. C’est la raison pour laquelle on appelle aussi Ganesh Ekadanta (de ek, une, et danta, dent), celui qui n’a qu’une défense.
La mâlâ, une guirlande ou un chapelet comportant 50 éléments, les 50 lettres de l’alphabet sanskrit.
Le gâteau ou le bol de friandises, la douceur qui récompense le chercheur de vérité.

Ganesh est le plus souvent assis, sur un trône de lotus, une jambe repliée, l’autre jambe pendante, dans une posture décontractée. Mais il peut être représenté dansant : n’oublions pas que son père Shiva est Nataraja, le roi de la danse. On le trouve aussi parfois allongé sur un sofa, un livre ouvert devant lui et il écrit une histoire.

SYMBOLISME
Ganesh est un des symboles de l’union entre le macrocosme et le microcosme, le divin et l’humain. Cette symbolique se retrouve dans les tailles respectives de Ganesh, l’éléphant, le plus grand animal terrestre, et son véhicule, le rat, un très petit mammifère.
Dans sa représentation, la partie inférieure est la partie humaine et la partie supérieure, la tête, est la partie éléphantine et divine. Il est un homme mais son esprit est à l’image du cosmos, il peut donc, par la puissance de la pensée, écarter les obstacles de l’ignorance et comprendre la nature de l’univers. Il porte parfois un cobra royal en cordon ou sous forme de ceinture ou posé sur la tête, en symbole de protection.

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GENESE
Les histoires qui expliquent comment Ganesh obtient sa tête sont nombreuses et diverses. Souvent dérivées du Shiva Purâna, elles racontent que Shiva, rentrant d’une longue période de méditation dans l’Himalaya, trouva un jeune homme barrant la porte de sa maison pour l’empêcher d’entrer tandis que Pârvatî prenait son bain. Ce garçon était le fils que la (demi-)déesse s’était conçue, au moyen de la poussière et des onguents qu’elle avait raclés de sur sa peau, pour lui tenir compagnie durant sa solitude. Furieux de se voir interdire l’entrée de sa maison, Shiva sortit son épée et coupa la tête de son « fils » qui roula au loin et devint introuvable.

S’apercevant de cela, Pârvatî lui raconta toute l’histoire et, inconsolable, exigea qu’il redonne vie à son fils sur le champ. Shiva promit de remplacer la tête par celle de la première créature qui se présenterait, plus exactement par la tête du premier « enfant » hors de la vue de sa mère. Le premier être rencontré correspondant à cette description fut un éléphanteau dont la mère dormait en lui tournant le dos… Par cet acte, et bien que Ganesh ait été conçu sans lui, Shiva assume sa paternité. Cet épisode aurait, selon certains, une symbolique très précise : le fait qu’il faille « trancher la tête » pour accéder à la « shakti », c’est-à-dire que l’intellect doit « se retirer » pour faire place à l’énergie divine. Ce mythe est également très significatif sur la notion de maternité.

Selon une légende tamoule de Kânchîpuram, la tête d’éléphant serait due au fait que lors des ébats ayant conduit à la conception de l’enfant divin, Shiva et Uma (nom tamoul de Pârvatî) avaient adopté la forme d’un couple d’éléphants.
Dans une autre histoire, Pârvatî présenta leur fils à Shiva qui ouvrit son troisième œil et transforma sa tête en cendres. Pârvatî demanda alors de remplacer cette tête et, comme un éléphant vint à passer…

Pour ce qui est de la défense cassée, on raconte qu’une nuit Ganesh tomba de son rat et se cassa une défense. En voyant cela la lune éclata de rire. Ganesh lui lança alors la défense brisée, et depuis ce jour lors des processions en l’honneur de Ganesh on évite de regarder la lune. D’autres versions rapportent que la tête d’éléphant substituée à celle de l’enfant avait déjà une défense brisée.

FETE
Le Maharashtra (un État de l’ouest de l’Inde) connaît une célébration importante du dieu, durant 10 jours et commençant au Ganesh Chaturthi. La fête a été créée par Bal Gangadhar Tilak dans le but d’exalter le sentiment nationaliste lorsque l’Inde était sous le joug anglais. La fête est très populaire et culmine le jour d’Anant Chaturdashi (en) quand les mûrtis (icônes) du dieu sont immergés dans l’eau, ce qui, à Bombay, se fait dans la mer d’Arabie, et à Pune, dans la rivière Mula-Mutha.

À Paris le Temple « Sri Manicka Vinayakar Alayam » où l’on prie Srî Ganesha a été créé en 1985 puis déplacé et agrandi en mars 2010. Il est situé à la limite des XVIIIe et Xe arrondissement où réside une importante communauté tamoul3. Le culte de Ganesha donne lieu, fin août début septembre à une imposante procession annuelle dans le quartier.

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Who is Shiva ?

Aujourd’hui, je vais vous amener autre part, je vais vous proposer quelque chose de différent. Je m’intéresse de plus en plus à la culture hindouiste, mon voyage en Inde approchant, et j’avais envie de partager avec vous une partie de mes découvertes.
Cette semaine je me suis concentrée sur une divinité hindoue : SHIVA. A la base de tout et capable de tout détruire.
Voici ce que j’en ai retenu…

Shiva (en sanskrit शिव / Śiva), « le bon, celui qui porte bonheur » — est un dieu hindou, un des membres de la Trimoûrti avec Brahmā et Vishnou, les deux autres aspects premiers du concept hindou de divinité. Shiva est quelques fois comme le dieu du yoga et est représenté par un yogi qui possède la connaissance universelle, suprême et absolue, voire dans un état « au-delà de la connaissance ». Doté d’un grand pouvoir, il mène une vie de sage sur le Mont Kailash.
Dans la tradition shivaïte de l’hindouisme, Shiva est considéré comme le dieu suprême et a cinq grandes fonctions : il est le créateur, le préservateur, le transformateur, le dissimulateur et le révélateur (par la bénédiction).
Dans la tradition Smarta, il est considéré comme l’une des cinq formes primordiales du Dieu. Les Hindous qui vénèrent principalement Shiva sont appelés shivaïtes ou Shaïvas (Sanskrit Śaiva). Le shivaïsme, de même que les traditions Vaiṣṇava qui sont centrées sur Vishnou et que les traditions Śākta, centrées sur la déesse Shakti, est l’une des plus influentes variantes de l’Hindouisme.

Shiva est souvent vénéré sous la forme abstraite de Shiva linga. Il est représenté plongé dans une profonde méditation, ou bien dansant le Tandava, une danse au-dessus d’Apasmara, le démon de l’ignorance, dans sa manifestation du Seigneur de la danse, Nataraja. Shiva est aussi le père des divinités Ganesha, Murugan (Karttikeya), et Ayyappan (Dharma Sastha).

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Fonctions et attributs
Le symbolisme de Shiva est d’une grande complexité à cause des nombreux courants qui l’ont vénéré au cours des siècles. Shiva est le dieu de la destruction, de l’illusion et de l’ignorance. Il représente la destruction, mais celle-ci a pour but la création d’un monde nouveau. L’emblème de Shiva est d’ailleurs le phallus ou lingam, symbole de la création. Il a les yeux mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle.

Il est représenté avec un troisième œil au milieu du front, symbole d’éternité et de sagesse, et avec un cobra autour du cou, symbole de puissance. Il porte un trident (trishula) et tient un tambour à boules fouettantes (damaru). Il est assis sur une peau de tigre, symbole de l’énergie potentielle. Shiva représente en effet la source créatrice en sommeil. De sa chevelure, dans laquelle se trouve un croissant de Lune, symbole du cycle du temps, s’écoule le Gange, fleuve sacré de l’hindouisme. Sa monture est le taureau Nandi qui fait lui-même l’objet d’un culte.

Shiva est représenté sous différentes formes (l’ascète, le yogi, le mendiant, etc.) et possède, d’après les textes, 1008 noms distincts (Shambhu, Shankara, Pashupati, etc.). L’une de ses manifestations les plus célèbres est Shiva Nataraja, le danseur cosmique qui rythme la destruction et la création du monde. Il est alors représenté avec 4 bras. La main supérieure droite tient un tambour (damaru) qui rythme la création ; la main gauche supérieure tient la flamme de la destruction (samhara) ; la main inférieure droite est tenue dans un geste de protection (abhaya mudra) ; la main inférieure gauche pointe vers le pied gauche tenu en l’air, il montre ainsi son pouvoir de grâce. Sous son pied droit, il écrase un nain-démon symbolisant l’ignorance. Son immense chevelure montre son pouvoir et il est entouré d’un cercle de feu (prabhamandala).

Shiva est marié à Shakti, la déesse-mère. Elle-même a plusieurs noms suivant la fonction qu’elle occupe (Parvati, Durga, Kâlî). Il a deux fils, nés de Parvati : Ganesh et Skanda. Ganesh a cependant la particularité d’avoir été conçu par Parvati seule, Shiva l’ayant seulement ramené à la vie en le dotant d’une tête d’éléphant. La famille vit au sommet du mont Kailasa dans l’Himalaya.

Représentation ou mûrti
Parmi les attributs de Shiva, on trouve :
son chignon ─ jata-mukuta (jaṭāmukuṭa) ─ le siège du Gange, et de son pouvoir d’ascète;
le croissant de lune accroché à sa chevelure;
le troisième œil ou gyana chakshu, entrouvert, qui perçoit au-delà de la réalité matérielle 6;
le cobra Kundalinî (kuṇḍalinī), l’énergie primordiale divine, comme collier. En sanskrit, Kundalini signifie « celle qui est entourée sur elle-même », d’où le symbole du serpent. Elle représente le principe féminin divin, Shiva étant le principe masculin;
une peau de tigre symbolisant sa maîtrise de la Nature.
Comme ascète, mais aussi comme seigneur des lieux de crémation, il se couvre le corps de cendre. Shiva protège la terre de la force de Gangâ, le Gange (Gaṅgā) ; il calme l’ardeur de ses flots en les filtrant dans les boucles de ses cheveux. Il possède un trident, symbole qui concentre, pour ses adorateurs, les pouvoirs de la trimûrti, c’est-à-dire création, perpétuation et destruction.

D’après la légende, Shiva et Vishnou se rendirent dans une forêt pour combattre 10 000 hérétiques. Furieux, ceux-ci envoyèrent pour attaquer Shiva un tigre, un serpent et un nain noir et féroce armé d’une massue. Shiva tua le tigre ─ il est traditionnellement assis sur une peau de tigre, car maître de la nature Pashupati ─, apprivoisa le serpent qu’il mit autour de son cou en guise de collier (symbole de la maîtrise des passions), posa son pied sur le nain et réalisa une danse développant une telle puissance que le nain et les hérétiques reconnurent en lui leur seigneur.

Shiva est parfois représenté mêlé avec sa Shakti formant un être hermaphrodite, Ardhanari.

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Le symbole du lingam
Shiva est habituellement représenté par un phallus stylisé, appelé shiva lingam (liṅgaṃ), symbole de création associé à la yoni, une dalle de pierre représentant l’organe féminin, la matrice du monde. Par l’union du linga et de la yoni, l’Absolu qui se déploie dans le monde prouve qu’il surmonte l’antagonisme mâle-femelle ou spirituel-matériel. Le linga représente également le cosmos, mais aussi le pouvoir de connaître, la conscience comme axe de la réalité. Non plus orienté vers la finalité naturelle de force de vie et d’incarnation, le phallus dressé vers le ciel représente le rassemblement des énergies du yogi sur le plan sensible et leur conversion vers un niveau subtil.

Dans le shivaïsme brahmanique, les caractères phalliques fondamentaux du linga se retrouvent toujours nettement, tant dans les légendes expliquant l’origine de ce culte que dans les qualités corporelles occasionnellement attribuées au dieu. C’est ainsi que Shiva, ayant trouvé toutes les créatures créées (par Brahma ?), s’irrita, arracha son organe génital et le cacha dans la terre pour se vouer à une vie ascétique.

À l’origine, raconte pour sa part le Linga Purana, lorsque l’univers était envahi par les eaux, Vishnou et Brahmâ se disputaient, affirmant chacun qu’il était le plus grand des dieux. Mais tout à coup, surgit une immense colonne de feu entre les eaux. Elle était si haute qu’elle semblait sans fin. Les deux dieux décidèrent de s’affronter en mesurant la hauteur de la colonne : Vishnou se transforma en sanglier et plongea au fond des eaux tandis que Brahmâ prit la forme d’une oie pour voler aussi haut que possible. Mais ni l’un, ni l’autre ne purent atteindre l’extrémité de la colonne incandescente. Shiva, apparaissant alors, expliqua qu’il s’agissait du lingam, symbole de son pouvoir mais aussi Shiva lui-même. Les dieux reconnurent alors la suprématie de Shiva, qui leur adressa un discours censé instituer les principales règles de son culte (Nuit Sainte de Shiva, processions, instaurations de statures, etc.)

Une autre légende raconte que Shiva apparut nu devant un groupe d’ascètes qui méditaient dans la forêt sans comprendre sa vraie grandeur. Pour les punir, Shiva décida de séduire leurs femmes. Pour se venger, les ascètes émasculèrent Shiva en invoquant un tigre, mais à l’instant où son lingam tombe à terre, l’univers fut plongé dans les ténèbres. Les yogi, enfin conscients de leur erreur, prièrent Shiva de restaurer la lumière dans le monde. Celui-ci accepta, à condition que les ascètes l’adorent sous la forme du lingam.

Ainsi, le lingam est une représentation religieuse tout à fait commune en Inde, sans que le caractère sexuel soit minimisé ou occulté. Pierres, galets ou fourmilières constituent les lieux d’érection de lingams « spontanés ». Les lingams svayambhû (« automanifestés ») sont les plus sacrés, à l’image de celui d’Amarnath, une formation de glace naturelle.

Le lingam est souvent oint de lait de buffle ou de lait de coco et de ghî (beurre clarifié) ou entouré de fruits, de sucreries, de feuilles et de fleurs.

Shiva Nataraja
Il ne faut pas oublier que la danse est, pour un hindou, le plus beau moyen de plaire à son dieu. En plus des fleurs et offrandes, il honore la divinité en figurant devant elle la part la plus noble et la plus créative de son être: « Adorer Dieu en dansant accomplit toute inspiration et la voie de la délivrance s’ouvre à celui qui danse », dit un texte ancien.
Une forme particulière de représentation de Shiva est Naṭarāja (le danseur cosmique, seigneur de la danse, de naṭa, danse et rāja, roi). Il est le plus souvent inscrit dans un cercle de flammes (prabhāmaṇḍala) signifiant qu’il consume les désirs dans le feu. Dans cette forme, il possède quatre bras tels que la main supérieure droite porte un tambour (ḍamaru) symbolisant la pulsion rythmique de l’univers, la main inférieure droite fait le geste de protection (abhayamudrā), la main supérieure gauche tient la flamme de la connaissance, l’inférieure gauche montre le sol.

Le pied droit prend un appui fort en écrasant le démon de l’ignorance ou des passions, le pied gauche est levé en une posture de danse. Sa tête est encadrée par les flots du Gange dont son chignon a calmé l’impétuosité et qui coule maintenant sans danger dans le monde.

Shiva dansant représente l’énergie universelle et éternelle, notamment par le symbole du feu destructeur et créateur. Cette danse continue engendre la succession des jours et des nuits, le cycle des saisons et celui de la vie et de la mort. À terme, son énergie provoquera la destruction de l’univers, puis le fera renaître. Cette danse de création du monde symbolise le processus éternel.

Shiva Nataraja est une forme typique du sud de l’Inde, c’est la divinité tutélaire du temple de Chidambaram où sont sculptées dans la pierre les postures du Bharata Natyam, la danse classique sacrée de l’Inde méridionale. Il est, sous cette forme, vénéré par les artistes scéniques (musiciens, danseurs, comédiens) indiens.

Shiva Nataraja

Les épithètes de Shiva
Shiva porte de nombreuses épiclèses :
Ardhanarishvara (IAST Ardhanārīśvara) : la double nature (Aihole)
Bhagavata : le divin
Bhairava : le terrible
Chandrashkhara (IAST Candraśekhara) : la lune dans les cheveux
Gangadhara (IAST Gangādhara) : porteur du Gange
Girisha (IAST Giriśa) : le seigneur de la montagne
Hara: le destructeur
Ishana (IAST īśāna) : Seigneur
Kâla : le Temps
Kapâlamâlin : porteur de crânes
Mahâyogi : grand yogi
Mahesha : grand seigneur
Maheshvara (IAST Maheśvara) : le favorable
Nâtarâja : roi de la danse
Nîlakantha : au cou bleu
Pashupati (IAST Paśupati) : maître des troupeaux
Rudra : maître des larmes
Shambhu (IAST Śambhu) : Bienheureux
Shankara (IAST Śaṅkara): l’auspicieux
Tryambaka : aux trois yeux
Tribhuvaneshvara (IAST Tribhuvaneśvara) : le Maître des trois mondes (le Ciel, la Terre et les espaces intermédiaires)
Vishvanatha (IAST Viśvanātha) : le seigneur de Tout
Yogarâja : roi du yoga
etc.

Rapports entre Vishnu et Shiva
Depuis le début de l’ère chrétienne au moins, sinon plus tôt, la plupart des hindous lettrés sont des adorateurs, soit de Vishnu, soit de Shiva — c’est-à-dire qu’ils considèrent soit Vishnu, soit Shiva, comme le premier des dieux, voire comme dieu unique identifié au brahman indifférencié, tous les autres ne représentant à leurs yeux qu’une expression secondaire de la divinité. Ainsi, les fidèles de Vishnu ne nient pas l’existence de Shiva, mais le placent sur un plan annexe, le considérant comme une création ou une émanation de Vishnu ou de son démiurge Brahmâ. D’une façon similaire, les shivaïtes voient en Vishnu une émanation du grand dieu Shiva. De nombreux mythes, dans les purāṇa śivaites ou viṣṇuites, illustrent la suprématie d’un dieu sur l’autre. Ainsi la lingodbhavamūrti, illustrée abondamment sur les temples, surtout en Inde du Sud, raconte comment, alors que Vishnu et Brahmâ se disputaient la suprématie divine, Shiva apparut sous la forme d’un lingam de feu infini. Pour se mettre au défi, Brahmā décida d’en trouver le sommet sous la forme d’un hamsa (oie sauvage, véhicule de ce dieu) et Vishnu décida d’en trouver la base en prenant la forme d’un sanglier fouisseur. Tous deux échouèrent dans cette tâche et se prosternèrent devant le lingam de feu, reconnaissant sa suprématie. Shiva se révéla alors en sortant du lingam et leur expliqua que tous deux étaient nés de lui-même.

Si ces différences de point de vue ont à l’occasion été la cause d’affrontements, dans l’ensemble, ces deux branches de l’hindouisme sont parvenues à préserver entre elles une harmonie.

D’ailleurs, les textes contribuent à l’inclusion réciproque des deux dieux l’un par rapport à l’autre et soulignent leur solidarité étroite:

« Le cœur de Vishnu est Shiva ; le cœur de Shiva est Vishnu » (Skanda Upanishad)
« Vishnu est la flèche de Shiva ; Shiva est la flûte de Vishnu » (Krishna Upanishad)
Dans l’iconographie, ce syncrétisme est illustré par la forme de Hari-Hara, mi-Vishnou mi-Shiva.

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