Séquence ancrage

Aujourd’hui, je vous propose une petite série de postures qui favorisent l’ancrage et le travail de Muladhara chakra, le chakra racine.
Rappel sur Muladhara chakra : mula = racine // adhara = base, fondation
Muladhara Chakra est situé à la base du coccyx. Il est le premier des Chakras humains. Son Mantra correspondant est LAM. Muladhara Chakra est lié à l’inconscient, réceptacle dans lequel sont emmagasinées les actions et les expériences de nos vies antérieures. Ainsi, selon la Loi Karmique, ce Chakra contient le cours de notre destinée future. Ce Chakra est également la base du développement de notre personnalité.
En lui, on situe les instincts : survie, besoin de sécurité, le rapport aux choses matérielles et aux aspects concrets de la vie, à la sexualité, le lien avec la terre, les racines. En lui se trouve donc l’animalité de l’homme, mais aussi son équilibre physique et psychique.
Les attributs positifs du Muladhara Chakra sont la vitalité, la vigueur et la croissance. Les qualités négatives sont la paresse, l’inertie, l’égocentrisme et la domination par nos désirs physiques.
Dans la représentation symbolique du Muladhara Chakra, il y a un lotus à quatre pétales. Ils représentent les quatre fonctions du psychisme: l’esprit (Manas), l’intellect (Buddhi), la conscience (Chitta) et l’ego (Ahamkara) – chacun d’eux puise son origine dans ce Chakra.

La couleur de ce Chakra est le rouge, la couleur de Shakti. Shakti signifie énergie, mouvement, éveil et développement. Le rouge symbolise l’éveil de la conscience endormie vers la conscience active et alerte. Un autre symbole de Muladhara Chakra est le triangle inversé, qui a deux significations. Une interprétation suggère que l’énergie cosmique est poussée et guidée vers le bas, comme dans un entonnoir. L’autre interprétation indique une expansion de la conscience vers le haut. La pointe du triangle qui est orientée vers le bas est le point de départ, la graine, et le mouvement ascendant des côtés du triangle traduit l’évolution de la conscience vers la conscience humaine.
L’animal qui représente le Muladhara Chakra est un éléphant muni de sept trompes. L’éléphant est le symbole de la sagesse. Les sept trompes symbolisent les sept trésors de la terre (Saptadhatu). L’élément de Muladhara Chakra est la Terre, notre base et notre “mère”, qui nous fournit énergie et nourriture.

Ainsi lorsque nous éveillons ce chakra, nous nous sentons plus connecté à nos racines. Mais celles-ci ne sont pas de freins, elles nous offrent une fondation stable à partir de laquelle nous pouvons évoluer, grandir.

Les postures proposées ne sont qu’une toute petite partie de celles qui engagent l’éveil de ce chakra. Et elles ne sont « efficaces » qu’à la condition d’engager Mula Bandha, le verrou du périnée.
Globalement, on peut dire que l’effet recherché, avec Mula Bandha, est essentiellement énergétique : Mula Bandha induit une montée de l’énergie. Mula Bandha permet de contrecarrer la tendance d’Apana (l’énergie vitale qui a tendance à aller vers le bas). On fait remonter Apana, afin qu’il s’unisse à Prana (l’énergie vitale ascendante).
Suivant les sources, Mula Bandha est une contraction du périnée mais lorsque cette sensation n’est pas connue ou non maitrisée, on peut donner l’indication suivante : contraction qui concerne le muscle releveur de l’anus, les muscles du plancher pelvien et du bas-ventre, ainsi que le sphincter anal externe et interne (on cherche un peu la même sensation que pour le « stop-pipi »).

Dans la série qui suit, on pourra faire les transitions d’un yoga vinyasa ou non. On tiendra dans chaque posture entre 5 et 10 respirations afin d’en ressentir les effets.

TADASANA
Quelle autre posture symbolise mieux l’ancrage et la stabilité.
Debout, pieds joints et bras le long du corps. Le sommet du crâne s’élève vers le ciel pendant que les épaules se relâchent et roulent légèrement vers l’arrière. Les omoplates descendent vers la ligne de la taille et les bras sont engagés (mais pas crispés) jusqu’au bout des doigts. Le poids du corps est sur les talons, le nombril absorbé vers la colonne vertébrale et le coccyx lâchés vers les talons (éviter de cambrer).

UTTANASANA
Depuis Tadasana, enrouler le dos vers l’avant et descendre les mains le plus proche possible du sol tout en gardant les jambes tendues. Si on souffre d’une blessure aux ischios-jambiers ou si l’arrière des jambes est trop raide, on plie les genoux légèrement. On peut même poser les mains sur une brique afin d’étirer la colonne vertébrale. Car l’idée de cette posture est de trouver la bascule du bassin afin de « se plier » sans trop arrondir la colonne vertébrale. Le poids du corps est sous les orteils (à l’avant donc) et la tête est relâchée.

ADHO MUKHA SVANASANA
Depuis une posture à quatre pattes, déplier les jambes afin de les tendre tout en gardant les mains immobiles et bien ancrées dans le sol. On se retrouve dans un V inversé. Les fesses montent vers le ciel pendant que les talons s’alourdissent en direction du sol. Les bras sont dans le prolongement du dos et le regard placé entre les pieds. Cette posture vise à étirer le dos en premier lieu donc on se concentrera sur cette idée tout en engageant le bas-ventre.

adhomukha

VIRABHADRASANA 2
Pied droit devant et pied gauche à l’arrière (assez loin). Plier la jambe droite en gardant le pied droit à midi. La jambe gauche reste tendue avec le pied à 45°. Le bassin est donc ouvert vers la gauche. Jambe avant vraiment pliée, il faut aimanter les talons l’un vers l’autre, comme s’ils étaient reliés. Les bras sont tendus de part et d’autre et parallèles au sol.

UTTHITA TRIKONASANA
Même départ que pour V2. Les deux jambes sont tendues et le bassin toujours ouvert vers la gauche. Les bras n’ont pas bougé. En étirant la taille et les deux flancs, placer la main droite sur le tibia droit et main gauche vers le ciel. Le regard sur la main du ciel. Les deux flancs restent bien étirés et les talons toujours aimantés l’un vers l’autre en contractant les cuisses.

virra2     utthita-trikonasana

VRIKSASANA
Tester son ancrage dans un équilibre
Depuis TADASANA, pied gauche reste au sol et le pied droit se place à l’intérieur de la cuisse ou du mollet (jamais sur le genou). Le buste reste bien droit et le sommet du crâne s’étire vers le ciel. Les mains placées en NAMASTE sur le cœur pressent légèrement l’une contre l’autre. Le pied droit presse dans la cuisse et le bas-ventre engagé vers la colonne vertébrale.

vriksasana

BADDHA KONASANA
Assis, les jambes pliées et ouvertes, les plantes de pieds en contact. Le dos droit et le poids des genoux qui se relâchent de chaque côté. Les cuisses « roulent » vers l’arrière et les ischions (os des fesses) restent bien plantés dans le sol (on ne roule pas vers l’arrière). On peut s’asseoir sur une brique pour ancrer le bassin et détendre les hanches.
On pourra (ou non) pencher le buste vers l’avant en gardant le dos droit et sans appuyer sur les jambes.

baddhakonasana

PASCHIMOTTANASANA
Assis, jambes tendues et jointes, pieds flex et dos droit. Se pencher sur les jambes et attraper le plus loin possible avec les mains (tibias, chevilles ou pieds) en essayant de garder le dos droit. On cherche la même bascule de bassin que pour UTTANASANA. Le bas-ventre se dépose sur les cuisses, puis les côtes… La tête n’est donc pas sur les genoux.
Si on est très souple, on plie les coudes sur le côté. Si au contraire, on est un peu raide, on pourra plier les genoux.

SAVASANA
La posture du cadavre pour finir et pour relâcher.

Si vous avez déjà pratiqué le yoga, ces postures sont familières. Mais avec le travail d’engagement du verrou racine, vous constaterez que les sensations sont différentes et plus intenses.
Comme d’habitude, écoutez-vous, ne forcez pas trop et respirez dans chaque partie de votre corps durant toute l’exécution de la posture. Que se soit pour s’y installer, y rester et en sortir.
Bonne pratique !

Publicités

Billet d’humeur… whaaaaaaat????

Une réaction très drôle se produit généralement lorsque je dis que je suis professeure de yoga. On me répond : « ha oui ? C’est drôle, je ne t’imagine pas du tout dans le yoga, vu ta personnalité je te voyais dans quelque chose de beaucoup plus dynamique! » Et très souvent je me sens un peu obligée de me « justifier » en expliquant que le yoga que je pratique est dynamique.

Que signifie cette réaction ? – Il y a de plusieurs éléments de réponse :
PETIT 1 : La personne qui dit cela n’a absolument AUCUNE connaissance de ce qu’est le yoga et imagine toujours une sorte de réunion de baba cool pratiquant des postures « acrobatiques » dans le plus simple appareil.
=> Pour ces personnes atteintes de méconnaissance aigüe, je prends toujours le temps d’expliquer qu’il existe plusieurs types de yoga et que tous ne consistent pas à rester assis pendant des plombes et d’écouter le chant des oiseaux. Si la personne est curieuse, j’entrerais un peu dans les détails en parlant pratique posturale et transition entre les postures. Si la personne n’est pas curieuse, généralement je me fends simplement d’un « OUI mais je pratique un yoga enchainé et dynamique ».

PETIT 2 : La personne, par sa réaction, sous-entend que ma personnalité n’est pas en adéquation avec le monde du yoga, ou du moins l’idée qu’elle s’en fait. Et là, il est vrai que j’ai du mal à comprendre. A l’évidence cette personne imagine qu’un professeur de yoga lévite au lieu de marcher, ne s’exprime qu’en citations et mantras, ne mange que des graines et bénit tous les êtres humains qui peuplent la terre.
On a déjà parlé ici du fait que malgré ma vocation et mon désir de transmettre les valeurs du yoga (valeurs auxquelles je crois profondément et avec lesquelles j’essaie de vivre le plus possible en harmonie), je n’en reste pas moins un être humain, comme nous/vous tous, avec ses défauts et ses traits de caractères. J’ai la langue bien pendue c’est un fait, je suis franche et directe, je ne passe pas par 4 chemins lorsque j’ai quelque chose à dire. Je réagis parfois vivement sur des sujets qui me blessent ou me tiennent à cœur et comme n’importe qui je m’emporte et me mets en colère pour des broutilles (mais aussi pour les trucs importants), je suis jalouse, envieuse, paresseuse, triste, très enthousiaste et exubérante, bavarde…. etc… la liste de mes qualités est encore très longue !

Be-The-Best-Version-Of-You
Je ne crois pas que pour enseigner le yoga il faille irradier de sagesse. Je crois qu’avoir conscience de qui l’on est, de ses forces et faiblesses fait de nous un meilleur être humain, plus connecté, plus à l’écoute, du coup je crois que cela fait de nous un meilleur professeur de yoga aussi. Il faut savoir reconnaître ses limites et travailler avec, il faut savoir qui l’on est pour ne pas se travestir et être vrai. La sincérité fait qu’un professeur de yoga est « bon ». C’est ce que j’apprécie lorsque je suis avec Patrick (quoi ? encore lui ??!^^), sa démarche est sincère, il est sincère, il ne triche pas. Il regarde les choses comme elles sont, parfois jolies et parfois moins, et il s’adapte, il module, mais en gardant un cap, en restant FIDELE à ses convictions.
Ma sincérité m’a déjà causée des problèmes (dans le monde du travail notamment), mais je refuse de gommer ma personnalité pour entrer dans un moule.
D’ailleurs quel moule ? Qui a dit qu’il y avait un moule ?
Il faut arrêter avec l’image (le cliché) du professeur de yoga marchant pieds nus et psalmodiant en égrenant un mala entre les doigts. Nous ne sommes pas tous fait de ce bois-là, et pour ceux qui le sont, très bien, c’est super, je ne me permettrais jamais de dire qu’un tel est mieux qu’un tel tout simplement parce que l’habit ne fait pas le moine justement. Et qu’un professeur ne se juge pas à sa façon de raconter des blagues en soirée ou de se mettre un peu en colère au volant de sa voiture (ok, c’est le moment confessions intimes). Les valeurs du yoga me traversent, m’habitent de façon très forte. Et le fait que les personnes que je rencontre ne le perçoivent pas de suite n’est pas un problème pour moi. Je sais ce qui me fait vibrer, je le transmets aussi bien et aussi sincèrement que possible à mes élèves et c’est tout ce qui compte.

Beaucoup de professeurs de yoga choisissent des vies disciplinées et parfois même ascétiques (j’en fais partie). Nous respectons des « engagements », des valeurs, nous vivons selon certains principes mais comme tout le monde, nous sommes des animaux sociables, nous exerçons au contact de nombreuses personnes, différentes les unes des autres, et en ce sens nous sommes très en lien avec l’humanité, avec ce qu’elle a de bien et de moins bien.

Nous ne sommes pas coupés ni à l’écart.
Nous sommes comme tout le monde.
Simplement nous avons décidé d’emprunter le chemin du yoga qui nous aide à mieux nous connaître, à mieux nous accepter – avec nos perfections et nos imperfections, avec nos forces et nos faiblesses.

J’ai testé pour vous… Alexandra Peyre

Aujourd’hui je vous parle d’un autre professeur que Patrick Frapeau ! Non !??? Si !!!!
Je voulais vous présenter Alexandra Peyre. Une Alexandra, donc forcément une personne formidable 😉
En l’occurrence, c’est vraiment le cas avec elle.
Elle professeure de Hatha Yoga et de Vinyasa Yoga. Elle dispense des cours dans différents studios parisiens et organise aussi des retraites à l’étranger. Je vous laisse visiter son site web pour les détails.
J’avais demandé à Alexandra de répondre à un « portrait » mais pour le moment, ce projet est en stand by, oui les Alexandra sont des personnes très demandées et très occupées. Nul doute qu’elle répondra à mes quelques questions, ce qui vous permettra d’apprendre à la connaître un peu mieux.

Pour le moment, je vais vous dire ce que moi je sais d’elle et ce que j’apprécie dans ses cours.
Alexandra fait partie de ces gens très lumineux qui parviennent à installer une atmosphère toute douce, sereine et chaleureuse de par leur présence dans une pièce. Très belle qualité pour un professeur de yoga, n’est-ce pas ? Quand on s’installe face à elle sur un tapis, tout de suite une ambiance toute cool, très bienveillante enveloppe la classe.
Elle parle avec une jolie voix claire et douce, ce qui invite à beaucoup d’écoute et de confiance. Ce sont d’ailleurs des mots qu’elle utilise beaucoup : LA CONFIANCE et L’ÉCOUTE.
Lorsqu’elle guide, elle emmène la classe vers des postures un peu avancées mais en passant par des kramas et des petits encouragements, ce qui permet de prendre confiance et d’aller vers l’asana sans crainte. Par exemple dimanche elle m’a accompagné dans un équilibre sur les mains avec un scorpion…. C’était la première fois que je l’essayais et pas une seconde je n’ai douté d’y parvenir grâce à sa douce et rassurante présence pour me retenir.
Je crois qu’elle est la seule personne – après Patrick – à qui je fait une totale confiance dans ces essais de postures avancées. Je sais qu’elle ne me laissera jamais « tomber » et que je peux me reposer entièrement sur elle (au propre comme au figuré).

a0845702af80ad728c61c0194ef34239
Alexandra utilise des playlists que j’aime beaucoup. Vous le savez, moi et la musique en cours de yoga, ça fait deux… Je suis plutôt adepte du son de la respiration.
Mais je dois bien reconnaître qu’Alexandra choisit ses musiques avec beaucoup de goûts et que les morceaux sont très bien adaptés à la pratique qu’elle propose. Et je ne suis pas la seule à avoir ce point de vue, à chaque fois que je suis un cours avec elle, il y a toujours quelqu’un qui vient lui demander les noms des musiques entendues pendant la classe, et naturellement elle répond toujours avec beaucoup de gentillesse.

Qu’est-ce que j’aime aussi chez Alexandra Peyre ? Son style !
C’est vrai que j’apprécie beaucoup les professeurs inspirés et inspirants. Le côté « fitness » yoga, très peu pour moi. Si je voulais renforcer mes abdos/fessiers je ferais du step et si je voulais entendre ce vocabulaire j’irai dans une salle de sports… Après je ne juge pas, il en faut pour tous les goûts et si ce style (très axé sur le body) plait à certains c’est super, mais moi ce n’est pas mon créneau. Pour moi le yoga est spirituel, hérité d’une longue tradition indienne et pratiqué sur un tapis – certes – mais pas que – dans le but d’aller vers plus de bonheur et de sérénité dans ma vie. Au contact d’Alexandra, j’ai l’impression de rester fidèle à ma quête yoguique, un peu (un peu mois quand même #lovepatrick4ever) comme au contact de Patrick.

AlexandraVashishtasanaBlack ALEXANDRA-PEYRE

Et récemment je discutais de ça avec une amie, j’ai tendance à avoir beaucoup plus confiance en des professeurs hommes un peu plus âgés que moi (#Œdipe), mais comme quoi il existe TOUJOURS des exceptions car j’ai totalement confiance en l’enseignement d’Alexandra. Donc je ne peux que vous conseiller de tester un cours avec elle. Aucun doute que vous trouverez ça super et que vous sortirez de sa classe avec un gros soleil dans le cœur ! Et ça c’est très cool !!!

Les photos sont issues du site d’Alexandra Peyre. Merci d’en faire une utilisation raisonnée, respectueuse et correcte.

Juste après… le cours

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de la sensation que je ressens lorsque je termine mon cours de yoga… Pas quand j’enseigne, non, quand je prends un cours – généralement avec Patrick mais ça me fait la même chose lorsque je suis l’enseignement de Gérard Arnaud par exemple. En fait je ressens cela dès que je prends un cours un peu intense 🙂 Donc à chaque fois !

Je ne sais pas si tout le monde vit les choses de la même manière et pour avoir quelque peu observé mes voisins de tapis à la fin des classes, je n’ai pas l’impression. Je ne suis pas à part ni un cas unique mais je n’ai pas souvent vu des élèves, qui comme moi, sont dans ce même état second à la fin des cours.

Alors qu’Est-ce que je ressens ??
Et bien je plane.
Je peux le dire de toutes sortes de manières mais c’est exactement ce que je vis à la fin d’une classe, après Savasana. Je plane littéralement. La réalité me semble modifiée, je perçois les choses étrangement. Comme si mes sens fonctionnaient au ralenti et en même temps avec une acuité démultipliée.
J’ai souvent beaucoup de mal à parler juste après un cours – et pour ceux qui me connaissent, cela relève de l’exploit. J’ai besoin d’un moment tranquille, d’un sas de décompression afin d’atterrir en douceur et de revenir à la vie « normale ». C’est pour cela que je n’aime pas trop trainer après les cours car souvent les élèves discutent entre eux et comme j’ai du mal à m’intégrer aux conversations, je préfère aller planer ailleurs et vivre mon moment rien que pour moi.
Physiquement je ressens aussi comme un grand vide. Comme si mon corps ne pesait plus grand chose, comme si les tensions, les crispations s’envolaient et laissaient beaucoup de place « vide », « nette » pour autre chose… de l’air, du souffle, une nouvelle énergie.
Mais ce n’est pas une énergie immédiate qui me permet de me mouvoir avec entrain, c’est plutôt comme quand la mer monte doucement. Tu sens qu’il se passe quelque chose mais ça prend du temps, plusieurs heures avant que l’eau ne vienne lécher la côté, avant que l’énergie redevienne de « l’essence » pour le corps. C’est une sensation lancinante, diffuse, comme si j’avais tout nettoyé, fait de la place et que progressivement je reprenais possession de moi-même, de mon corps, de mes sens…
Et par rapport à mon esprit, j’ai l’impression d’avoir appuyé sur PAUSE. Le cours de yoga me permet vraiment de lâcher-prise au niveau de mes pensées et il me faut plusieurs minutes après la classe pour récupérer mes facultés d’être humain qui réfléchit non-stop.

cosmic-man

Je suis comme dans du coton douillet qui me protège et me « sépare » de la réalité, du rythme de la journée. Un peu comme si le temps se suspendait, un peu comme si mon corps, mon esprit n’étaient plus dans ce même espace-temps. Comme extraits et posés ailleurs pendant 1h30. Et ensuite, je récupère tout cela, mon corps, mes pensées, mon énergie progressivement, avec lenteur.
Cette sensation est très addictive. Et ce qui me surprend c’est de toujours éprouver cela alors que ça fait 6 ans que je pratique. J’ai toujours ressentis cela et j’espère bien que je le vivrais toujours.
Je ne suis presque jamais sortie d’un cours ultra énergisée, comme si j’avais mangé du lion. Certains voisins de tapis me disent se sentir comme ça après un cours, re-motivés, plein d’entrain et quasi sautillants… Je ressens cela aussi, mais plusieurs heures après ma pratique, jamais immédiatement. Et ça me va parfaitement bien. Je suis complètement accro à ce sentiment, à ce moment du « juste après ». Je ne pratique pas le yoga uniquement pour vivre cela mais j’aime vraiment cet instant et j’essaie de le préserver et de l’entretenir.

Si un scientifique s’est penché sur la question, qu’il me dise comment mes hormones vivent le truc, car ça doit être ça – en partie – l’explication de cet état. Il doit se passer une réaction biologique, chimique qui entraine ce processus et cette sensation…. Ce serait intéressant de creuser, peut être… Ou pas… Il n’est pas systématiquement nécessaire de révéler tous les secrets des tours de magie. Et ici, c’est un peu comme cela que je perçois ce moment, comme quelque chose d’un peu magique.

Et vous, comment vous sentez-vous après un cours de yoga ? Est-ce que ces sensations du « juste après » sont addictives ? Racontez-moi vos états à la sortie d’une classe de yoga, voir si nos expériences diffèrent ou si nous sommes de gros shootés, des accro anonymes de yoga ??!!