Juste après… le cours

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de la sensation que je ressens lorsque je termine mon cours de yoga… Pas quand j’enseigne, non, quand je prends un cours – généralement avec Patrick mais ça me fait la même chose lorsque je suis l’enseignement de Gérard Arnaud par exemple. En fait je ressens cela dès que je prends un cours un peu intense 🙂 Donc à chaque fois !

Je ne sais pas si tout le monde vit les choses de la même manière et pour avoir quelque peu observé mes voisins de tapis à la fin des classes, je n’ai pas l’impression. Je ne suis pas à part ni un cas unique mais je n’ai pas souvent vu des élèves, qui comme moi, sont dans ce même état second à la fin des cours.

Alors qu’Est-ce que je ressens ??
Et bien je plane.
Je peux le dire de toutes sortes de manières mais c’est exactement ce que je vis à la fin d’une classe, après Savasana. Je plane littéralement. La réalité me semble modifiée, je perçois les choses étrangement. Comme si mes sens fonctionnaient au ralenti et en même temps avec une acuité démultipliée.
J’ai souvent beaucoup de mal à parler juste après un cours – et pour ceux qui me connaissent, cela relève de l’exploit. J’ai besoin d’un moment tranquille, d’un sas de décompression afin d’atterrir en douceur et de revenir à la vie « normale ». C’est pour cela que je n’aime pas trop trainer après les cours car souvent les élèves discutent entre eux et comme j’ai du mal à m’intégrer aux conversations, je préfère aller planer ailleurs et vivre mon moment rien que pour moi.
Physiquement je ressens aussi comme un grand vide. Comme si mon corps ne pesait plus grand chose, comme si les tensions, les crispations s’envolaient et laissaient beaucoup de place « vide », « nette » pour autre chose… de l’air, du souffle, une nouvelle énergie.
Mais ce n’est pas une énergie immédiate qui me permet de me mouvoir avec entrain, c’est plutôt comme quand la mer monte doucement. Tu sens qu’il se passe quelque chose mais ça prend du temps, plusieurs heures avant que l’eau ne vienne lécher la côté, avant que l’énergie redevienne de « l’essence » pour le corps. C’est une sensation lancinante, diffuse, comme si j’avais tout nettoyé, fait de la place et que progressivement je reprenais possession de moi-même, de mon corps, de mes sens…
Et par rapport à mon esprit, j’ai l’impression d’avoir appuyé sur PAUSE. Le cours de yoga me permet vraiment de lâcher-prise au niveau de mes pensées et il me faut plusieurs minutes après la classe pour récupérer mes facultés d’être humain qui réfléchit non-stop.

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Je suis comme dans du coton douillet qui me protège et me « sépare » de la réalité, du rythme de la journée. Un peu comme si le temps se suspendait, un peu comme si mon corps, mon esprit n’étaient plus dans ce même espace-temps. Comme extraits et posés ailleurs pendant 1h30. Et ensuite, je récupère tout cela, mon corps, mes pensées, mon énergie progressivement, avec lenteur.
Cette sensation est très addictive. Et ce qui me surprend c’est de toujours éprouver cela alors que ça fait 6 ans que je pratique. J’ai toujours ressentis cela et j’espère bien que je le vivrais toujours.
Je ne suis presque jamais sortie d’un cours ultra énergisée, comme si j’avais mangé du lion. Certains voisins de tapis me disent se sentir comme ça après un cours, re-motivés, plein d’entrain et quasi sautillants… Je ressens cela aussi, mais plusieurs heures après ma pratique, jamais immédiatement. Et ça me va parfaitement bien. Je suis complètement accro à ce sentiment, à ce moment du « juste après ». Je ne pratique pas le yoga uniquement pour vivre cela mais j’aime vraiment cet instant et j’essaie de le préserver et de l’entretenir.

Si un scientifique s’est penché sur la question, qu’il me dise comment mes hormones vivent le truc, car ça doit être ça – en partie – l’explication de cet état. Il doit se passer une réaction biologique, chimique qui entraine ce processus et cette sensation…. Ce serait intéressant de creuser, peut être… Ou pas… Il n’est pas systématiquement nécessaire de révéler tous les secrets des tours de magie. Et ici, c’est un peu comme cela que je perçois ce moment, comme quelque chose d’un peu magique.

Et vous, comment vous sentez-vous après un cours de yoga ? Est-ce que ces sensations du « juste après » sont addictives ? Racontez-moi vos états à la sortie d’une classe de yoga, voir si nos expériences diffèrent ou si nous sommes de gros shootés, des accro anonymes de yoga ??!!

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Le drishti

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler du drishti. Le drishti c’est un mot qu’on entend parfois en cours du yoga et qui désigne la vision, la direction du regard. Récemment, je vous parlais de l’atelier Mysore que j’ai suivi avec Patrick au Yoga Village. Et bien justement le drishti est une notion très importante dans le yoga ashtanga et bien que nous n’ayons pas vu de manière exhaustive les différents points de fixation du regard, on a pu en passer quelques uns en re »vue » (haha)….

Dans le yoga, les drishti permettent de donner une direction au regard, de se concentrer sur un point et ainsi focaliser notre attention. S’il y a bien une chose que j’ai pu comprendre depuis que je fais du yoga c’est que la pratique vise in fine à pouvoir être concentré, en toute conscience, pendant de longues périodes de méditation. A l’inverse de nos pensées qui elles sont automatiques et répondent à des schémas inconscients, le yoga tente de recentrer le mental pour l’amener sur un seul point. On dit qu’un mental dispersé ne peut rester qu’en surface de certaines choses, qu’il est incapable de les appréhender pleinement. En revanche, si on se concentre sur un seul point, le mental peut s’absorber et s’immerger dans ce qu’il essaie de saisir.

Bindu : Le point bindu, en sanskrit, a une haute valeur symbolique en yoga. Il est le point zéro, représente ce qui a été, est ou sera, le point de départ à partir duquel toute création se déploie et est aussi le point d’arrivée. C’est pour cela que de nombreuses postures « contiennent » une indication précise du drishti correspondant.

Le drishti invite l’esprit à vivre clairement et pleinement l’expérience d’un exercice – qu’il s’agisse d’une posture ou du exercice de pranayama ou de méditation. Il donne les moyens de diriger l’attention et d’approfondir le ressenti car il nous oblige à être concentré pour ne pas « lâcher » le point de fixation. Ainsi on est entièrement absorbé par ce qu’on fait, l’esprit se calme et se recentre. Le drishti est le rassemblement de l’énergie et l’orientation des pensées et des ressentis dans une seule et même direction.

Evidemment, les personnes souffrant des yeux auront du mal à pratiquer longuement tel ou tel autre drishti. Cela peut aller de l’inconfort à la douleur (si les yeux ne sont pas assez humides par exemple). Par contre, pour ceux qui feront l’expérience des drishtis, sachez que cela renforce les muscles oculaires, améliore la concentration et calme le mental (comme dit plus haut).

Précisions : il n’y a pas UN drishti pour UNE posture. Dans certains types de yoga, dans certaines postures, on ne vous invitera pas toujours à placer le regard de la même façon…. Ce n’est pas très important dans le fond. Ce qui compte avant tout c’est de pouvoir se concentrer. Parfois, vous faites vous-même l’expérience du drishti sans vous en apercevoir. Dans les équilibres, par exemple, le regard est souvent de face, on fixe un point précis de façon à garder l’équilibre. Ce n’est ni plus ni moins un drishti qui vous permet d’être concentré. Il y a tout de même des habitudes. Par exemple en torsion, le regard est souvent placé derrière (aussi pour aider le corps à aller dans une certaine direction). En adho mukha, le regard est souvent entre les pieds, derrière…. etc…. Lorsqu’on médite, on peut soit fermer les yeux, soit les garder ouverts en fixant le bout de son nez ou le troisième œil. Personnellement, je préfère souvent avoir les yeux fermés. J’ai des douleurs oculaires lorsque je force trop sur mes yeux donc tant que je peux, je ferme les yeux. Mais c’est vraiment selon chacun. Ecoutez-vous, « voyez » ce qui est le plus confortable mais également le plus « efficace » pour que votre mental ne divague pas…. Je rappelle que l’objectif premier de la pratique des drishtis est la capacité à maintenir son  mental sur un point afin de ressentir pleinement les bénéfices de l’exercice.

exercice-1Cette photo est un peu moche – pardon – mais elle montre quelques drishtis

Mise en application : Concentration ! Asseyez-vous quelques instants sur un pouf, un coussin, un tapis…. Un support un peu confortable. Dans un premier temps fermez les yeux et respirez profondément. Calmez-vous et calmez votre mental. Essayez de vous concentrer et de chasser les pensées parasites. Posez vos mains su vos genoux, simplement. Après avoir respiré profondément pendant quelques minutes, ouvrez les yeux et fixez les soit sur un point devant vous, soit sur le bout de votre nez, soit sur le troisième œil (entre les sourcils).  Restez ainsi pendant plusieurs minutes sans « décrocher » votre regard. Essayez de tenir, de résister. L’envie de regarder ailleurs sera forte car nos yeux sont habitués à beaucoup bouger, ils sont très sollicités (ordinateur ou pub dans le métro, la TV….) et auront donc du mal à rester figés. Ne craquez pas…. et si vous « lâchez », ce n’est pas grave, revenez tranquillement sur le point que vous avez choisi.

Cet exercice est très bon pour la concentration mais également contre l’énervement. Pour ceux qui s’emportent facilement, ce type d’exercice permet de « ralentir » l’énervement voire même de le faire disparaître totalement.

Mise en application n°2 : Muscler ses yeux ! Une fois, lorsque j’ai testé un cours, la prof a commencé avec un échauffement oculaire. Ces exercices sont très bons pour les gens qui ont la vue qui se dégrade ou qui doivent faire de la rééducation des yeux (j’en sais quelque chose)…. Pour commencer, asseyez-vous confortablement. Mains posées sur vos genoux ou vos cuisses. On commence par regarder à droite avec les deux yeux. On regarde VRAIMENT à droite, de manière extrême, sur une ligne horizontale . Ensuite on fait la même chose à gauche. Ensuite on fixe un point devant soi, à hauteur des yeux et en laissant – un peu – retomber les paupières. Puis on louche, on fixe le bout de son nez et enfin on louche en regardant un point entre les sourcils. Pour être efficace, cette gymnastique doit être tenue pendant 1minute pour chaque position des yeux.

J’espère que cet article vous aura intéressé. Est-ce que vous pratiquez souvent les drishtis dans vos cours? Avez-vous du mal à vous concentrer…. Partagez vos expériences, ça m’intéresse et ça intéressera les autres… Bon je vous en fais une dernière…. pour la route…. Je garde un œil sur vous 😉