Pratiquer à 6h du matin pour être un meilleur yogi ?

Pourquoi pratiquer le yoga le matin ???? Depuis que je fréquente assidument l’univers yogi, j’entends beaucoup de pratiquants – professeurs et élèves – dire que leur routine de la journée commence bien souvent par une pratique de yoga. Hop, ils se lèvent, ne mangent rien (la plupart du temps), déroulent leur tapis et enchaînent des salutations. Ou bien, ils trouvent un studio proche de chez eux qui proposent des cours « matinaux » et sont sur place dès 7h du matin pour pratiquer…..

Est-ce que cela participe à une bonne hygiène de vie ? Incontestablement OUI ! Intégrer le yoga dans sa journée – et ce le plus souvent possible – est « prouvé », c’est une bonne chose. Pratiquer de bonne heure permet de ne pas avoir l’esprit encombré par les tracas qui plombent la journée au fur et à mesure. Le matin, on est souvent plus « frais » et donc moins sujet à se laisser déconcentrer par des soucis inhérents à nos journées de malades. On est parfois aussi un peu endormis, et quoi de mieux que quelques étirements, des salutations et un peu de méditation pour se réveiller. La pratique à jeun permet aussi de détoxer le corps, de le nettoyer de ce qui s’est accumulé la veille ou pendant le sommeil. On met la machine en route en lui donnant le moins de carburant possible et on décrasse 😉

Est-ce que c’est plus facile de dégager ce temps là pour pratiquer ? JE PENSE QUE OUI MAIS CELA DEPEND DE CHACUN. En effet, une fois que la journée commence, le plus souvent elle s’emballe. On est pris par 1000 trucs à faire auxquels se rajoutent 1000 autres urgences imprévues à traiter ! Prendre une pause au cours de la journée est difficile, que ce soit le midi ou le soir après le travail, c’est toujours compliqué et aléatoire. Et dans ces cas là, on se retrouve bien souvent à zapper le cours de yoga. Mettre son réveil plus tôt est tout aussi ardu mais ce temps là est rien que pour soi. Cela devient comme une bulle de douceur, de bienveillance avant d’être obligé de se transformer en Wonder woman ou superman.

Est-ce que ça fait de vous un meilleur yogi ? C’est vrai qu’il est impressionnant de constater que certains yogis tiennent ce rythme tous les jours, sans faiblir. Se levant chaque matin aux aurores pour pratiquer en même temps que le lever du soleil (poétique n’est-ce pas). C’est impressionnant, mais ça file des complexes aux autres ! Au-delà de la prouesse physique que cela représente de réussir à se lever de bonne heure, je crois que ce qui épate le plus c’est la régularité et pour tout dire, je crois que c’est cela qui fait de vous un meilleur yogi et non pas le fait de se lever à 5h du matin !!!!

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Et à l’inverse ???

Et oui, qu’en est-il des « couche-tard/lève-tard », des mamans débordées dès 6h du matin, des personnes qui travaillent en décalage, des amoureux du lit, de ceux qui ont besoin d’un litre de café avant d’être opérationnels ???? ET NON, que tout le monde se rassure, ils sont aussi d’excellents yogis ! Professeurs ou élèves d’ailleurs. Même les professeurs ne sont pas tous en lien constant avec le cycle du soleil !

D’ailleurs, méditons là-dessus : IL N’Y A PAS DE MAUVAIS YOGI. Il n’y a que des yogis qui essayent de conjuguer leur vie avec leur envie de pratiquer un peu plus et qui n’y parviennent pas systématiquement. Et qu’est-ce qu’on fait quand on n’y parvient pas ???? On lâche-prise les amis, on se détend, ce n’est pas un challenge. Il n’y a rien à gagner. On accepte qu’aujourd’hui, demain, cette semaine, ne sera pas le moment parfait. Ce sera juste une tentative, un essai, un instant imparfait mais c’est bien aussi.

En résumé, qu’on soit matinal ou pas, qu’on pratique aux aurores ou à l’aube, que ce soit tous les jours ou le plus souvent possible…. L’important c’est de pratiquer ! De réussir à combiner une vie trépidante/chargée avec un/des moment(s) de bien-être, de détente, juste pour soi. Des moments où dérouler son tapis permet de se recentrer, de revenir à soi, d’être dans le présent. Evidemment, plus fréquemment on le fait, mieux c’est. Mais ne culpabilisons pas, on n’est pas des machines, la vie est ce qu’elle est – pas toujours simple – et il faut faire avec.

J’ai testé pour vous…. la pratique Mysore

J’ai testé la pratique mysore lors d’un atelier d’introduction au Yoga Village à Paris. Cet atelier de 3h était guidé par Patrick Frapeau (excellent prof de yoga – mais ça reste entre nous). Pour moi au départ, mysore est une pratique qui t’oblige à te lever tôt pour pratiquer tout le temps les mêmes enchainements de postures (#boring) mais avec cet atelier, je dois bien dire que mon regard évolue et que mon corps (extrêmement reconnaissant) en redemande…

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 Mysore…

Avec mes propres mots, je dirais que la pratique mysore est une pratique traditionnelle de l’Ashtanga vinyasa yoga née dans la ville de Mysore en Inde. On pratique en groupe mais individuellement. C’est-à-dire que dans la salle, il y a plusieurs personnes mais chacune avançant à son propre rythme sans être guidée par le professeur…

En fait, ce n’est pas tout à fait exact… Il y a bien entendu un professeur, qui est là pour corriger, guider, ajuster, conseiller…. Mais il le fait de manière individualisée. On ne fait pas tous les mêmes mouvements en même temps. Dans une salle qui accueille un « cours » mysore, il y a des débutants et des personnes ayant un niveau avancé. Chacune évoluant à son rythme et intégrant au fur et à mesure de nouvelles postures (données par le prof).

On réalise des séries Ashtanga avec des salutations au soleil A et B et des postures debout, assises puis les finishing. C’est toujours dans cet ordre, c’est immuable. On progresse grâce à cette répétition et on intègre de plus en plus de postures en fonction de la maîtrise des précédentes….

 

Voici comment Patrick Frapeau, mon professeur, en parle sur son site :

Qu’est-ce que le mysore style?

Le mysore style est la pratique traditionnelle de l’Ashtanga vinyasa yoga.

Bien que pratiqué en groupe l’enseignement se transmet individuellement de professeur à élève.

C’est l’occasion de développer à son rythme une pratique autonome.

Peu à peu l’étudiant mémorise l’enchainement des postures.

En fonctions de ses possibilités et de sa progression il se verra proposer par son professeur de nouveaux asanas (postures).

Ajustements, conseils et démonstrations constituent le cœur de l’enseignement.

Les bienfaits

Pour que la pratique soit bénéfique il est fortement recommandé une certaine régularité.

Il est proposé de pratiquer tôt  le matin car c’est à l’aube que le prana (énergie) est le plus concentré dans l’atmosphère.

Ainsi, outre les bienfaits de la pratique, on bénéficie toute la journée de cet apport en énergie qui équilibre le mental, le système nerveux et qui influe positivement sur les relations avec autrui.

Pour qui?

Les mysores s’adressent à tous, initiés comme débutants.

C’est l’opportunité unique de recevoir un enseignement adapté à ses possibilités, blessures, douleurs, âge de chacun.

Peut-être que dans un premier temps il sera difficile pour les personnes débutantes  de venir pratiquer tôt le matin. Mais d’expérience, nous savons que la motivation viendra grâce à la sensation de bien-être ainsi qu’à l’observation des transformations qui s’opèrent au fur et à mesure des séances.

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Ce que j’ai apprécié :

– Le silence !!! oh mon dieu, ça fait du bien de se concentrer sur soi, sur sa propre pratique, son avancement, sa respiration, son alignement. Sans être « interrompue » par des indications globalisées données par le prof. J’apprécie énormément l’énergie dégagée par un groupe et par les indications, les ajustements, (les blagues) de mon professeur… Cependant, prendre le temps d’être focus sur soi, c’est tellement régénérant. Les conseils et les ajustements sont chuchotés à l’oreille pour ne pas gêner les autres, c’est très « confortable ».

– Le travail sur la mémorisation des postures. L’idée étant de pouvoir avancer à son rythme, il faut intégrer les salutations, les différentes postures mais également leur ordre et les transitions…. C’est un peu de boulot tout de même. Il s’agit d’être encore plus « présent » que dans un cours « normal ». On ne peut pas se laisser guider au rythme de la voix du prof. Il faut se prendre en mains, se lancer et enchaîner. Si on se trompe…

– la possibilité d’apprendre une série que je pourrais ensuite refaire « les yeux fermés » chez moi. Quand on a le désir de pratiquer seul, chez soi, on est souvent confronté aux doutes. Comment préparer une séquence, quelles postures faire, comment les faire ????

Grâce à la pratique mysore, ce que vous apprenez en cours, à force de le faire et de le refaire, vous pouvez le transposer chez vous sans souci. Il n’y a plus à se demander quoi, comment ??? On déroule son tapis et on commence par la salutation A, la salutation B, les postures debout, assises, les finishing et enfin la relaxation. C’est simple !

Cette pratique sera peut-être compliquée au départ pour ceux qui ont besoin d’être beaucoup guidés et « conduits » par des explications ou pour ceux qui ont du mal à retenir, qui ont des soucis de mémoire. Mais pour ceux-là, c’est un très bon exercice qui leur permettra de progresser à leur rythme et de faire travailler leur mémoire !

Je suis sortie revigorée, apaisée, sereine, calme et pleine d’énergie. Un peu fatiguée aussi, après 3h de concentration et de pratique.

Un autre atelier d’introduction à la pratique mysore avec Patrick Frapeau est organisé ce dimanche 5 octobre de 14h à 17h au Yoga Village. Je vous conseille vivement d’y aller.

Les photos sont issues du site web de Patrick Frapeau, merci de ne pas les dénaturer.