Faites ce que je dis….

Mais pas ce que je fais….
Il m’arrive parfois de penser à ce dicton lorsque j’introduis ou termine mes cours. Il est rare que je lance une thématique ou une intention pour pratiquer mais cela peut m’arriver de partager mon état d’esprit du moment ou une phrase trouvée dans un livre…
Et de temps en temps, mes élèves partagent avec moi leur ressenti sur un cours ou me posent des questions sur le yoga ou mon parcours. Ils font des parallèles entre ce qu’ils ressentent grâce à leur pratique et les phases par lesquelles je suis passée.

Et lorsque je leur parle, je me rends compte parfois qu’entre ce que je conseille et ce que je m’applique, il y a un véritable fossé.

La difficulté de l’enseignement c’est – entre autres choses – qu’on ne peut pas trop laisser paraître ses états d’âmes. Surtout si on est triste ou si on passe par un moment compliqué. C’est d’ailleurs vrai pour tous les métiers de « représentation ». Dès qu’on est en public, il est impossible de se laisser aller.
Je suis toujours totalement sincère lorsque je conseille mes élèves ou lorsque je partage une pensée mais dès qu’on aborde les questions de bienveillance ou d’acceptation, de douceur et d’écoute…. huuuum…. je suis bien obligée d’admettre que j’ai du mal à m’appliquer la moitié de ce que je préconise !
On dit que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Je me sens un peu comme cela de temps en temps.

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Je crois absolument à toutes les valeurs que nous inculque le yoga mais je suis comme tout le monde, totalement imparfaite, humaine, avec des fêlures et des choses à régler dans ma vie. La pratique m’aide et m’apaise. L’enseignement me pousse à être sincère et à m’appliquer ce que je conseille – avec juste plus ou moins de réussite en fonction des périodes.

Voilà, ce billet d’humeur était vraiment court mais je voulais partager ce truc avec vous.
NAMASTE

Billet d’humeur – Avant le yoga

Cette semaine il m’est arrivé quelque chose d’assez drôle. Le téléphone sonne, il s’agit d’un numéro inconnu, ce qui m’arrive très souvent depuis que je suis professeure et que mes coordonnées peuvent se trouver en ligne….
Bref, je décroche. La personne au téléphone semble me connaître car elle m’appelle Alex et sans reconnaître immédiatement la voix, j’ai le sentiment de connaître cette femme. Je me concentre très fort et en quelques secondes je reconnais mon interlocutrice. Il s’agit d’une ancienne collègue d’un théâtre dans lequel je travaillais il y a 8 ans.
L’objet de son appel : savoir où aller acheter des tartes salées pour un happy hour au théâtre. Il faut que je précise que son assistante s’appelle Alexandra et qu’elle a fait une erreur de destinataire.
Evidemment elle ne me contacte pas 8 ans après pour ça, elle cherchait juste à joindre quelqu’un d’autre.

Après cet appel, j’ai repensé à mon ancien travail, chargée des relations avec le public. Souvent lorsque je pense à cette « ancienne » vie, je me souviens des représentations, des artistes, du regard des enfants lorsqu’ils arrivent dans la salle de théâtre pour la première fois, des échanges avec les équipes artistiques… Et cela pourrait avoir tendance à me manquer.
Mais je me rappelle aussi – et ce coup de fil m’a replongé là dedans – des taches ingrates liées à ce boulot, comme aller chercher des tartes salées ou trouver le goûter pour la tripoter de gamins qui viendront voir le spectacle à 15h ! Des dossiers de demandes de subventions qu’il faut remplir de façon un peu « stérile » pour entrer dans les cases et recevoir l’aide financière. Je me rappelle des coupes budgétaires qui mettent à mal les créations artistiques et la pérennité des postes des agents administratifs du théâtre. Je me souviens de l’organisation de pots d’accueil, d’hébergement, de transport des artistes. Je repense à tous ces interlocuteurs que j’ai convaincu de venir voir telle ou telle pièce alors que moi-même je ne la connaissais pas, de ces heures passées derrière un ordinateur à créer un document de communication, à le faire, à le refaire des dizaines de fois pour plaire au directeur, pour finalement tout changer à nouveau et reprendre la première version.
J’ai encore en mémoire cette fameuse phrase : « si la salle est pleine c’est grâce au spectacle, si elle est vide, c’est à cause des relations publiques ».
Je sais bien que dans chaque métier il y a une part de tâches moins sympas à effectuer. Aujourd’hui avec ma nouvelle condition de professeure de yoga je dirais qu’il s’agit du côté administratif – la compta, les factures, les déclarations à l’urssaf…
Mais quand même, dans le secteur des relations avec les publics il y a tout un tas de petites missions qui se passent dans les coulisses et qui font qu’un évènement sera ou non réussi. Et c’est vrai que cette cuisine là n’était pas ma partie préférée.

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Donc aujourd’hui, après 1 an et demi d’enseignement, je peux dire que ma précédente vie ne me manque pas. Je suis heureuse de faire ce que je fais, préparer mes cours, préparer des ateliers, enseigner, accompagner mes élèves, apprendre encore et toujours, pratiquer le yoga…
Je vois beaucoup moins de spectacles et d’artistes, je bois beaucoup moins d’alcool #potsdepremiere , je rencontre moins de personnes avec des univers artistiques variés, je suis au contact de moins d’enfants… Mais j’apprécie énormément plus mon rythme de vie, le contact avec les élèves, la joie de pratiquer avec mon professeur en me laissant guider et en essayant d’apprendre toujours plus de lui afin de pouvoir appliquer cela à ma pédagogie, les heures passées à imaginer une séquence cohérente en lien avec un thème ou une posture.

Ce coup de fil m’a permis de faire un petit flashback et je crois pouvoir dire que je suis heureuse de mon changement de vie 🙂

Le repos du guerrier – RDV le 29 août :)

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Billet d’humeur…. alimentaire

« Arrêter la viande, j’pourrais pas ! » C’est cette petite phrase qui induit la rédaction d’un article complet ! C’est fou comme il m’en faut peu pour parler avec vous 🙂

Pour revenir un peu en arrière, je suis végétarienne depuis presque 2 ans. J’ai fait ce choix lors d’une retraite yoga en Grèce, dont je vous avais parlé ici d’ailleurs – comme le temps passe… Avant ce voyage j’étais ce qu’on peut vraiment appeler une mangeuse de viande. Steak tartare, burgers, poulet, dinde, mais aussi poissons et crustacés, j’adorais ça, vraiment. Je trouvais ces aliments très savoureux, très bons, rassasiants bien entendu. J’ai même eu l’occasion de faire un régime hyper protéiné pendant lequel je ne me nourrissais presque exclusivement que de blanc de dinde, de crevettes et de surimi – OUI OUI !!!

Et puis ma pratique et ma connaissance du yoga évoluant, cette alimentation m’est apparue comme « en décalage » avec ma façon d’envisager à présent ma vie. Je n’imaginais plus pouvoir mettre dans ma bouche la chair d’un animal tout simplement. Même un animal « élevé » pour ça, élevé pour nourrir, je trouve ça un peu dingue maintenant.

Mais je ne fais pas vraiment partie de ces gens qui ont eu un déclic en voyant des documentaires. Pour être totalement honnête, j’essaie de ne pas regarder ces documentaires, ces reportages flippants sur l’élevage des animaux destinés à la consommation. Je crois que je n’ai pas besoin d’ajouter d’argument à une décision que j’ai déjà prise. Je ne ferme pas les yeux sur ces atrocités mais pourquoi ajouter de la violence à mes yeux alors que – pour d’autres raisons certes – je suis déjà persuadée qu’il est mieux de ne pas se nourrir de chair animale ?!

Autre chose, les modes alimentaires évoluent et – travaillant dans un magasin bio, j’en entends de bien belles parfois, bref…^^ – aujourd’hui on nous dit qu’il faut [REDUIRE] sa consommation de chair animale. Que les viandes rouges sont trop grasses ou je ne sais quoi, que les poissons sont pollués par les eaux dans lesquelles ils nagent, que le corps humain adulte n’est pas tout à fait équipé pour digérer correctement certains aliments…. etc… Bref, ces éléments là non plus n’entrent pas dans mon choix de régime alimentaire.

végétarien

Je suis intimement persuadée que le corps est suffisamment intelligent et évolué pour se faire comprendre si un ingrédient ou une famille d’ingrédients ne lui convient pas. Les dogmes véhiculés par les médias ne peuvent pas être appliqués de manière générale, c’est absurde. Chaque individu sur cette planète est différent et à ce titre chacun possède un régime alimentaire différent de son voisin. Ca me semble aussi naturel et unique que l’ADN propre à chacun.

Alors ai-je eu des carences alimentaires ? – NON

Est-ce que j’ai faim ? – NON

Est-ce que ces aliments me manquent ? – DE MOINS EN MOINS

Est-ce que je comprends le régime omnivore de mon entourage ? – BIEN ENTENDU (chacun fait ce qu’il veut)

Est-ce que ça me dérange de cuisiner de la chair animale ? – NON (mais si je peux éviter, c’est mieux)

Alors quand on me dit « Arrêter la viande, j’pourrais pas », je comprends. Ce n’est pas un choix qu’on fait comme ça. Je crois que c’est le cheminement global qui, à un moment donné, entraine cette décision. Comme une sorte d’évidence qui ne se justifie pas vraiment. Par contre, je suis la preuve vivante, comme énormément d’autres végétariens, que ce régime alimentaire n’entraine pas de problème de santé. Je ne mange pas que des haricots verts et des pois chiches et je peux sortir au restaurant. Je suis en pleine forme, je n’ai pas perdue ma masse musculaire, je n’ai pas de problème de fer ou de vitamine – TOUT ROULE !

Est-ce qu’il existe des yogis ou professeurs de yoga qui mangent de la viande ? Bah oui évidemment. Tout comme il existe des profs de yoga qui fument et qui boivent du café – OMG !! Je finirai là-dessus, en soulignant le fait que le régime alimentaire est quelque chose de personnel. C’est un choix de l’ordre de l’intime, un peu comme une confession religieuse. Je n’ai jamais entendu personne dire « tu es juif ? Et Est-ce que Jésus ne te manque pas trop ? » Bon, je tire le truc un peu par les cheveux mais voilà, c’est l’idée que chacun est libre et qu’il faut – à défaut de comprendre – accepter.