Billet d’humeur – Avant le yoga

Cette semaine il m’est arrivé quelque chose d’assez drôle. Le téléphone sonne, il s’agit d’un numéro inconnu, ce qui m’arrive très souvent depuis que je suis professeure et que mes coordonnées peuvent se trouver en ligne….
Bref, je décroche. La personne au téléphone semble me connaître car elle m’appelle Alex et sans reconnaître immédiatement la voix, j’ai le sentiment de connaître cette femme. Je me concentre très fort et en quelques secondes je reconnais mon interlocutrice. Il s’agit d’une ancienne collègue d’un théâtre dans lequel je travaillais il y a 8 ans.
L’objet de son appel : savoir où aller acheter des tartes salées pour un happy hour au théâtre. Il faut que je précise que son assistante s’appelle Alexandra et qu’elle a fait une erreur de destinataire.
Evidemment elle ne me contacte pas 8 ans après pour ça, elle cherchait juste à joindre quelqu’un d’autre.

Après cet appel, j’ai repensé à mon ancien travail, chargée des relations avec le public. Souvent lorsque je pense à cette « ancienne » vie, je me souviens des représentations, des artistes, du regard des enfants lorsqu’ils arrivent dans la salle de théâtre pour la première fois, des échanges avec les équipes artistiques… Et cela pourrait avoir tendance à me manquer.
Mais je me rappelle aussi – et ce coup de fil m’a replongé là dedans – des taches ingrates liées à ce boulot, comme aller chercher des tartes salées ou trouver le goûter pour la tripoter de gamins qui viendront voir le spectacle à 15h ! Des dossiers de demandes de subventions qu’il faut remplir de façon un peu « stérile » pour entrer dans les cases et recevoir l’aide financière. Je me rappelle des coupes budgétaires qui mettent à mal les créations artistiques et la pérennité des postes des agents administratifs du théâtre. Je me souviens de l’organisation de pots d’accueil, d’hébergement, de transport des artistes. Je repense à tous ces interlocuteurs que j’ai convaincu de venir voir telle ou telle pièce alors que moi-même je ne la connaissais pas, de ces heures passées derrière un ordinateur à créer un document de communication, à le faire, à le refaire des dizaines de fois pour plaire au directeur, pour finalement tout changer à nouveau et reprendre la première version.
J’ai encore en mémoire cette fameuse phrase : « si la salle est pleine c’est grâce au spectacle, si elle est vide, c’est à cause des relations publiques ».
Je sais bien que dans chaque métier il y a une part de tâches moins sympas à effectuer. Aujourd’hui avec ma nouvelle condition de professeure de yoga je dirais qu’il s’agit du côté administratif – la compta, les factures, les déclarations à l’urssaf…
Mais quand même, dans le secteur des relations avec les publics il y a tout un tas de petites missions qui se passent dans les coulisses et qui font qu’un évènement sera ou non réussi. Et c’est vrai que cette cuisine là n’était pas ma partie préférée.

agathe-ordi

Donc aujourd’hui, après 1 an et demi d’enseignement, je peux dire que ma précédente vie ne me manque pas. Je suis heureuse de faire ce que je fais, préparer mes cours, préparer des ateliers, enseigner, accompagner mes élèves, apprendre encore et toujours, pratiquer le yoga…
Je vois beaucoup moins de spectacles et d’artistes, je bois beaucoup moins d’alcool #potsdepremiere , je rencontre moins de personnes avec des univers artistiques variés, je suis au contact de moins d’enfants… Mais j’apprécie énormément plus mon rythme de vie, le contact avec les élèves, la joie de pratiquer avec mon professeur en me laissant guider et en essayant d’apprendre toujours plus de lui afin de pouvoir appliquer cela à ma pédagogie, les heures passées à imaginer une séquence cohérente en lien avec un thème ou une posture.

Ce coup de fil m’a permis de faire un petit flashback et je crois pouvoir dire que je suis heureuse de mon changement de vie 🙂

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La complexité du « décalage »

On y est, je vais démarrer ma première vraie semaine de cours de yoga. Je n’ai jamais vraiment arrêté depuis avril – ayant eu la chance de donner des cours tout l’été – mais ce n’était pas le même rythme, pas la même intensité. Depuis avril, je donnais en moyenne 3 cours/semaine. Là, vous avez vu le planning, je vais en donner plus d’une dizaine en comptant les cours collectifs, les cours en entreprises et les cours particuliers ! J’ai hâte, je trépigne car j’ai pu faire les forums associatifs et rencontré ainsi une grande partie de mes futurs élèves, donc maintenant je suis toute excitée à l’idée que cela devienne concret !!!

Je suis excitée et en même temps je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Je ne sais pas si j’en avais parlé ici mais j’ai pris une activité parallèle à celle de l’enseignement du yoga. Je travaille une quinzaine d’heures par semaine chez BIO c BON pas très loin de mon domicile (et oui les temps sont durs et les revenus prévisionnels dégagés grâce au yoga encore un chouilla insuffisant). Bref, mes semaines vont donc se composer de cette activité et des cours de yoga.

J’en suis ravie, sincèrement, même si un jour – pas si lointain – j’espère pouvoir ne faire que de l’enseignement.

Qui dit nouveau planning, dit nouvelle organisation. Depuis que j’ai arrêté de « travailler » pour me consacrer à ce projet de reconversion, la question du planning a souvent été abordée – et ici aussi, on en a souvent parlé…. Je crois que c’est une chose qui me « mobilise ». Je ne veux pas dire que je suis soucieuse sur ces questions-là mais c’est important pour moi de trouver un équilibre. Un équilibre entre mes activités professionnelles (là il va falloir jongler un peu) et mes activités personnelles (pratique du yoga, sorties, vie sociale….).

L’exemple le plus frappant étant la prise de tête pour caler ma participation aux cours collectifs donnés par Patrick Frapeau, mon professeur. Je n’ai pas envisagé une seule seconde de ne plus suivre ses cours – et ce à n’importe quel prix où de n’importe quelle manière (cours collectif ou cours particulier) mais au-delà de cela, il s’agit maintenant de faire coïncider mes envies avec un emploi du temps morcelé. Ayant choisi de m’implanter dans les Yvelines, il va être plus difficile pour moi d’aller sur Paris pour prendre des cours (ce que je faisais TOUS LES JOURS). Depuis avril je pratiquais chez Yoga Village une fois par semaine et chez Gérard Arnaud presque tous les jours (dans le but de préparer la formation). Aujourd’hui je ne vois pas comment rendre cela compatible avec mon activité. J’ai donc trouvé la solution (heureusement que Patrick a un planning conséquent) en allant prendre des cours chez Le Tigre Yoga Club où Patrick enseigne le vendredi à 16h. C’est le seul jour de la semaine où je vais naturellement à Paris car j’y donne un cours à l’heure du déjeuner dans une entreprise (OUF) ! Je fais donc d’une pierre, deux coups en me « préservant » l’après-midi pour pratiquer au contact de Patrick. Les ateliers, stages ponctuels…. etc….. viendront combler mon besoin d’être à son contact ! Pendant les vacances scolaires, mon emploi du temps s’allègera ce qui me permettra également d’intensifier ma pratique au contact de professeurs expérimentés et de retourner chez Gérard Arnaud. La pratique individuelle sera ma solution pour garder une régularité.

LE TIGRE SALLE YOGA_PILATES 1

Un autre point que j’aimerais partager avec vous est la notion de décalage. Certains métiers ne sont possibles qu’en horaires décalés. C’est le cas des cours de yoga. Je vais en donner le matin, à l’heure du déjeuner, le soir et le week end. Donc en décalage avec un planning « normal » de salarié d’entreprise. C’est drôle car cela me questionne sur ma capacité à conserver une vie sociale et des relations avec mes amis mais en réalité j’ai toujours travaillé de cette façon. Dans le secteur culturel j’étais déjà amenée à travailler en soirée et le week end et ça n’a jamais été un frein à quoi que ce soit. Il n’y a pas de raison pour qu’il en soit autrement avec le yoga. La seule chose étant qu’entre le yoga ET BIO c BON, je vais travailler tous les jours, du lundi au dimanche midi.

En terme d’énergie, de fatigue, de trajets… je n’anticipe pas, on verra bien si je tiens la distance. Mais je sais que pour suivre des stages, des formations, aller à des forums ou des rencontres, il faudra que je négocie certains cours, que je trouve des solutions pour m’absenter et voilà, ça c’est typiquement un point qui peut me stresser. Ne pas réussir à combiner tout ce que je veux entreprendre. L’anticipation et une bonne préparation sont la clef, selon moi, pour parvenir à tout mener…. mais bon, on verra, il faudra peut être que je modère mes attentes et mes ambitions afin de ne pas m’user ou mettre en difficulté cette activité naissante….

L’avenir répondra à toutes ces interrogations 🙂

Le jour où j’ai réalisé un fantasme yoga

L’autre jour je reçois un mail du responsable de Yoga Village – le studio de Yoga dans lequel je prends habituellement mes cour – qui dit : « Alexandra, j’ai un créneau lundi 31 août à 17h pour un vinyasa, est-ce que tu veux faire le remplacement ? » Moi de répondre : « (off : OMG) OUI ! »

C’est comme ça que j’ai réalisé un de mes fantasmes yoga, donner un cours chez Yoga Village. C’est très étrange ce sentiment, car de suite je me suis sentie très excitée par la perspective de voir la salle d’un autre angle et très stressée aussi. Qu’allais-je proposer, qui seraient les élèves présents, est-ce que je pourrais – si besoin – revoir mon plan de cours au dernier moment, est-ce que j’allais réussir à faire tenir mon programme en 1h15????….. Bref, un mélange entre euphorie totale et légère tétanie.

Ce n’était pas mon premier cours collectifs mais le fait que cela se passe dans le studio où j’ai mes repères d’élève, de pratiquante, était un peu déstabilisant. Mais comme à mon habitude, j’ai gardé à l’esprit que toute expérience est bonne à prendre, surtout pour moi, en tout début de « carrière » et hop, j’ai foncé.

La veille, j’ai dormi ultra mal. Je tournais toutes les possibilités dans ma tête et essayais des choses différentes…. Je me suis réveillée avec le visage de travers et aucune réponse à mes questions nocturnes.

J’arrive sur place, je retrouve deux amis (j’avais communique sur les réseaux sociaux) qui viennent me soutenir, je ne les remercierai jamais assez pour leur présence. Je vais donc faire cours à 4 personnes – ouitch, le créneau de 17h un lundi 31 août n’est pas facile-facile…. OK ! Don’t worry.

Salle-Yoga-Village-Paris-salle-principale

J’installe mon tapis…. à la même place que Patrick Frapeau, mon professeur. Et là, tu vois, non, ce n’est pas possible. Je tremble, je ne peux pas faire ça. Je décale donc mon tapis pour ne pas être à SA place. J’espère que ce moment de panique ne s’est pas vu.

Je fais un tour des élèves présents :

  • Laura, ma copine a fait la formation Gérard Arnaud avec moi (off : je ne dois pas la décevoir)
  • Eric, mon copain de la retraite en Inde pratique régulièrement et aime les challenges physiques (off : faut que j’assure)
  • La troisième personne a déjà fait du yoga vinyasa et connaît le studio (off : ok, ça devrait le faire)
  • La dernière personne n’a jamais fait de yoga, c’est son premier cours ever !!! (off : OMG, F….., !!!!)

Le grand canyon est devant moi. Ils sont 4 et ont des niveaux très différents, moi j’ai comme une nausée subite mais il va falloir assurer pendant les prochaines 1h15 ! OK, je suis une femme de défis (j’aime le croire), je vais y arriver.

Le cours se passe plutôt bien. Evidemment, il n’est pas parfait. Il aurait pu être plus intense pour certains et peut être un peu plus pédagogique pour d’autres… Mais bon… J’ai essayé d’être présente pour chacun, de faire du mieux possible et de proposer un cours où les novices ne seraient pas paumés et les avancés pourraient intégrer leurs variations. Je ne sais pas si j’y suis parvenue mais j’ai tout fait pour.

A la fin du cours, je suis contente, fatiguée mais heureuse. Plusieurs jours après, j’en discute avec Patrick et je me rends compte que quoi qu’il arrive, réaliser un fantasme ce n’est pas toujours comme on se l’était imaginé !

J’espère avoir l’occasion de recommencer, en ayant débroussaillé le terrain et changé de point de vue sur cette salle, j’aimerais pouvoir y retourner pour enseigner sans que mes genoux jouent des castagnettes !

C’est bien la peur aussi, ça prouve que ça compte…