Moment de solitude #1

Vis ma vie de prof de yoga…. Lors de mon article sur la dure vie des profs de yoga, quelques réactions / commentaires sont ressortis du lot et m’ont donné envie de vous raconter des petits instants drôles – ou pas – que je vis chaque jour au contact de mes élèves.

Pour ce premier article, je voulais vous parler du contact physique entre mes élèves et moi. J’ai systématiquement les mains froides, même lorsque je n’ai pas particulièrement froid, j’ai deux glaçons à la place des mains et des stalactiques à la place des doigts. Lorsque je corrige mes élèves, lorsque je passe pour les ajuster, je sais que mes mains sont froides et que le contact ne sera pas forcément des plus agréables pour eux. Parfois je prends le temps de me frotter les mains pour les réchauffer mais ce n’est pas toujours évident ni efficace d’ailleurs…. ^^

S’ils portent des vêtements assez longs, je ne suis pas en contact direct avec leur peau et c’est mieux mais dans les postures de flexions avant (pince ou papillon par exemple), les tee-shirts remontent assez souvent et si je veux ajuster le dos, je touche parfois directement leur peau.

La semaine dernière, alors que je commençais à apposer les mains pour corriger une élève – au moment des postures assises/flexions avant donc dans un moment qui se veut un peu plus calme que le début du cours…. –  elle s’est écriée « putain de merde, t’as les mains vachement froides!!!!! ». J’ai été choquée par son cri et tous les autres élèves se sont retournés vers nous. Voyant son regard totalement désemparé et rempli d’excuses, je me suis mise à rire nerveusement. Je suis partie dans un fou rire, incapable de m’arrêter. Elle a commencé à s’excuser puis constatant que je ne parvenais pas à m’arrêter de rire, s’est mise à rigoler elle aussi. Deux ou trois autres élèves ont profité de l’instant pour se plaindre également de ma température corporelle en se moquant gentiment de moi…. Et tranquillement tout le monde s’y est mis avec sa propre analyse et sa propre explication quant à la température de mes mains…. et tout cela en rigolant joyeusement !

Essayant de reprendre le contrôle de la classe – pas sans effort car les larmes de rire me coulaient sur les joues – j’ai donc donné mes indications à distance, sans les toucher. Cependant rien à faire, la réaction de mon élève me revenant en tête, j’ai eu énormément de mal à contrôler ce fou-rire.

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Mis à part cet épisode, je me questionne souvent sur le rôle du toucher dans la correction, l’ajustement, pour un professeur. Il faut faire attention car certains élèves apprécient être touchés et d’autres pas du tout. On s’en rend compte assez vite, certains se contractent » dès qu’on s’approche d’eux ou se corrigent avant même qu’on les touche… D’autres au contraire « réclament » le contact physique, se laissent faire sous les mains…. C’est intéressant – surtout lorsqu’on constate qu’entre eux, si il se produit un contact imprévu, les réactions sont assez vives. Ils s’excusent de s’être touchés, ils se réajustent pour ne pas se « gêner », comme si le contact était intrusif, dérangeant, déplaisant…

Je dis toujours : « si vous touchez quelqu’un, faites lui un calin ! » Dans cette société où le toucher est impudique, où le contact physique peut parfois être violent (bousculade dans les transports) ou mal interprété, je m’arrange systématiquement pour qu’il se produise un contact entre mes élèves ou qu’ils se touchent eux-même. Je crois que c’est très chouette de retrouver ce contact physique – gratuit, innocent, bon enfant – de l’autre et de soi-même.

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Hygiène et yoga

Aujourd’hui, un article sur un détail qui fait parfois mal dans certains studios de yoga, j’entends l’hygiène.
Attention, je n’ai aucunement l’intention de révéler les lieux bien ou moins bien entretenus, ce n’est pas l’objet de cet article mais il est vrai que les douches font souvent défaut dans ces surfaces trop petites et trop chères que sont les studios de yoga parisiens….

Lorsqu’on prend un cours en fin de journée, ce n’est pas super grave. On rentre chez soi et on se douche en arrivant mais lorsqu’on pratique en début de journée (avant le travail) ou à l’heure du déjeuner, il est quelque peu délicat – en fonction du type de yoga – de ne pas se rafraîchir. Alors que faire, je vous le demande, s’il n’y a pas de douche dans votre studio préféré ???

Dans certains endroits (chez Yoga village par exemple), des lingettes nettoyantes sont mises à disposition des élèves pour qu’ils se rafraîchissent après le cours. Il y a aussi un brumisateur pour se donner un petit coup de frais !
Sans cela, vous avez la possibilité d’apporter vos propres produits d’hygiène. Il y a toujours des W.C et un lavabo donc vous trouverez toujours le minima pour reprendre forme humaine après un cours dynamique !
Si vous avez la chance d’avoir des douches, profitez-en (en fonction de la propreté des lieux, cela va sans dire 😉 ) !!!
Moi, j’évite d’utiliser les lingettes mises à disposition – à moins que vraiment mon état soit trop déplorable – car je n’aime pas trop le côté jetable et les déchets que cela génère. Par contre, j’utilise le brumisateur et je m’éponge avec ma serviette personnelle. Evidemment, je change de sous-vêtements (ils sont souvent trempés après le cours), ce qui me donne l’impression de revenir au sec 😉

MAQUILLAGE :
ATTENTION paragraphe strictement féminin !
Je me maquille très peu et encore moins lorsque je vais au yoga, et ce, afin d’éviter de me retrouver avec des yeux de panda ou du fond de teint sur le tapis !!! Et je ne me maquille JAMAIS en sortant du cours, ce serait une totale perte de temps étant donné que mon visage est tout rouge et que je continue de transpirer quelques minutes après la fin du cours. Cependant voici ce que je peux conseiller en fonction de mon expérience et de celles de mes amies yoginis :
– si vous êtes maquillée avant le cours, essayez de rester soft sur le make up ou démaquillez-vous.
– après le cours, quoi qu’il arrive, démaquillez ce qui reste sur votre visage, nettoyez bien.
– si vous souhaitez vous remaquiller, gardez la main légère. Ne remettez pas de fond de teint, choisissez plutôt une BB crème pour que la peau puisse respirer, pas besoin de blush car vos joues sont naturellement rosées grâce à l’activité. Vous pouvez par contre remettre un peu de mascara pour « avoir l’air maquillée » sans en faire trop.
– si vous le pouvez, recoiffez-vous. Un coup de brosse dans les cheveux, une queue de cheval haute ou une crinière lâchée comme une lionne, peu importe, l’idée étant de re-structurer cette touffe qui a été attachée pendant 1h30.

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HYGIENE DU TAPIS
Que vous utilisiez un tapis fourni par la salle ou le vôtre, il faut le nettoyer. Et ce, régulièrement! Nettoyer le tapis mis à disposition par la salle avant de pratiquer c’est possible, mais il faut bien l’essuyer pour éviter de glisser et de faire patinoire sur un tapis légèrement humide. Donc si vous utilisez le tapis de la salle, priez pour qu’il soit assez propre et à la fin du cours, nettoyer généreusement, ne lésinez pas ni sur le pschitt ni sur l’huile de coude pour essuyer le tapis. Roulez-le sans trop le serrer de façon à ce que l’air passe pour le sécher.

Si vous utilisez le vôtre, c’est la même chose. Lavez-le avec le pschitt de la salle ou apporter le vôtre (mélange eau et vinaigre blanc et pour l »odeur, une huile essentielle) et essuyer correctement avant de le rouler. Si vous le pouvez et si le tapis le permet, passez-le en machine 2 ou 3 fois par an (attention tous les tapis ne passent pas en machine). Et puis ne l’essorez pas dans votre machine. Laissez-le sécher à l’air libre sur l’étendoir. Ca prend du temps mais c’est moins abrasif pour votre mat.

Pour pratiquer dans de bonnes conditions, apprécier sa séance et reprendre le cours de sa vie après, pensez HYGIENE, NETTOYAGE, SECHAGE, MAQUILLAGE LEGER. Je ne voudrais pas avoir à rédiger et vous n’aimeriez pas lire un article sur les mycoses et autres « maladies d’hygiène » qu’on retrouve chez les yogis réguliers !!! Alors prenez soin de vous et de votre matériel pour pratiquer sereinement (mais ne versez pas dans la paranoïa non plus, hein ???!!!)

A très vite,

 

Sélection yoga

Bien qu’on fasse du yoga et que – dans une certaine mesure – on tente de ne pas se laisser influencer par la société de consommation, je vous ai concocté une petite sélection d’articles yoga à shopper promptement 😉

Des tapis chez LAVIEBOHEME.COM

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Des serviettes antidérapantes chez YOGABUM

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Des jus NUBIO

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Du gel D’aloé Véra de chez LILY OF THE DESERT et du soin pour cheveux HIMALAYA

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Des bracelets de chez BAAN-BAAN et des bougies de AVEDA

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Un sac SAKABOWL

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Etre un bon yogi fait-il de moi une bonne personne ?

Cet article est motivé par une phrase que j’entends parfois de la part de mes proches : « tu es très énervée aujourd’hui, tu devrais faire plus de yoga ! » WTF???? Dans la tête de mes proches donc (je ne peux pas faire de généralités, je ne connais pas les proches de tout le monde), faire plus de yoga me rendrait meilleure, plus sympathique, moins énervée…

Je trouve cette remarque agaçante et drôle en même temps, car on peut se poser la question : Pratiquer beaucoup le yoga nous rendrait-il meilleur ?

Pour commencer, voyons quelles sont les qualités d’un bon yogi : bienveillance, écoute, patience, non-jugement, acceptation, tolérance, non-violence, douceur…. Ces quelques qualificatifs relèvent tous – pour moi – des qualités que le yogi se doit de développer en lui. Sont-elles innées ou faut-il les travailler, sur ce point là, nous ne sommes pas tous égaux ! Le yoga, par sa pratique et ses valeurs, tend à nous les « inculquer » et à les faire grandir en nous… Toute personne considérant le yoga comme un peu plus que de la simple gymnastique se confrontera à certains points de blocages physiques et mentaux lors de sa pratique. Elle entendra alors son professeur lui dire des choses comme : « prenez votre temps » ; « si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera peut être demain » ; « soyez à l’écoute de votre corps, de vos sensations » ; « ne jugez pas votre posture, faites ce que vous avez compris » ; « recherchez une qualité de douceur dans le mouvement » ; « lâchez prise »….

Et même si lorsqu’on se trouve sur son tapis, on s’efforce d’appliquer ces conseils, qu’en est-il de ces valeurs en dehors du studio de yoga ? Est-ce que nous parvenons à garder un peu de tout cet apprentissage dès que la vie reprend son rythme normal (effréné) ! En tant que personne, est-ce qu’on parvient à cultiver les mêmes qualités que lorsqu’on porte sa tenue de yoga ??? Ou faut-il un legging pour être bienveillant (ce qui est certain, c’est qu’en legging, tu vannes un peu moins les autres sur le physique déjà 😉

Et prenons les choses dans l’autre sens. Une personne douée de toutes ces qualités est-elle un meilleur yogi ? Si je suis une personne douce et aimante, vais-je être un meilleur pratiquant ?

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Personnellement, j’ai parfois du mal à être bienveillante, à l’écoute, patiente et douce dans la vie de tous les jours. Je le suis – HEUREUSEMENT – mais je suis aussi agacée, intransigeante, énervée, rugueuse, pas super cool, fatiguée…. Et pourtant je pratique le yoga tous les jours !

Ce que j’ai remarqué depuis que je pratique, c’est que la nature profonde des gens finit toujours par s’exprimer sur le tapis. Une personne impatiente – même si elle fait tout pour prendre son temps – finira systématiquement par faire preuve d’empressement, d’impatience sur le tapis. A l’inverse, une personne très calme, le restera longtemps même dans les moments intenses ou difficiles. Heureusement qu’avec le temps, on comprend quels sont nos points forts et nos points faibles (je ne parle pas de qualités physiques, c’est encore autre chose). On s’y habitue et on fait avec, parfois en luttant contre et parfois en acceptant – ça dépend des jours.

Ce que je veux dire, finalement, c’est qu’il ne faut pas être trop dur avec soi-même lorsqu’on se rend compte qu’on est agacé ou impatient (quand le train est supprimé, lorsque la guichetière prend 1000 ans pour servir la personne avant vous, quand on attend 100 ans au resto pour avoir son plat….). Certaines situations nous rendent cyniques, caustiques, langues de putes – et alors ? Doit-on rougir et se pincer parce qu’on s’éloigne pendant quelques minutes de nos élans humanistes ? On a le droit d’avoir envie d’insulter les gens qui sont grossiers ou impolis, qui vous bousculent ou qui jettent des papiers à terre. L’exigence qu’on a envers soi, on peut l’avoir pour les autres aussi.

Alors c’est certain, ce n’est pas très « YOGI » comme attitude mais être yogi ne signifie pas être parfait. Etre un bon yogi c’est aussi faire avec ce qu’on est et manœuvrer avec nos qualités et nos défauts – sur le tapis ou dans la vie de tous les jours !