J-1 dernière semaine d’immersion de formation

Et voilà, on y est… c’est la fin et il fallait bien que ça arrive un jour. Demain on entame la dernière semaine de formation yoga avec Patrick Frapeau et Clotilde Swartley…
Depuis fin janvier, nous nous retrouvons un week-end par mois et pendant les vacances d’avril nous avions déjà passé une semaine en immersion (à lire ici).
Comment je me sens à la veille de ce dernier rendez-vous ? Je ne peux parler que pour moi mais je suis certaine que si les autres stagiaires lisent cet article, ils se reconnaitront peut être aussi un peu 🙂

Comme à chaque fois, je ressens beaucoup d’appréhension à l’idée de retrouver le groupe ainsi que les professeurs. Ca me fait cela à chaque fois. Et pourtant je sais que je serai en territoire bienveillant, avec des personnes qui partagent la même passion que moi pour la discipline du yoga. Tout un tas de gens hyper sympas et cool qui vont se retrouver dans le même bateau pendant une semaine à suer, à apprendre, à se rater un peu aussi mais tout cela avec le sourire et le désir de se perfectionner… Je sais tout cela et pourtant je ne peux pas m’empêcher de flipper en pensant que nous serons tous ensemble. L’idée du « groupe » n’est jamais très simple à vivre pour moi.
D’autant plus que pour cette dernière semaine, nous avons le devoir de préparer un cours à enseigner aux autres participants sous les yeux de Clotilde et Patrick… Afin d’évaluer nos acquis et notre manière de transmettre. Le cours doit faire sens et s’articuler autour d’un thème ou d’une posture, ou d’une zone du corps… etc…
Je fais cela tous les jours depuis plus d’un an et pourtant j’ai très peur de tomber totalement à côté et de décevoir Patrick. J’ai l’impression d’être attendue au tournant et de ne pas avoir le droit à l’erreur. Je précise ici que je me mets cette pression toute seule, je n’ai besoin de personne pour me monter la tête et imaginer le pire en toutes circonstances, pour cette occasion encore plus que d’habitude.

Écrire
J’ai préparé cette séquence il y a quelques semaines, j’ai pu la tester sur mes élèves une ou deux fois, et j’ai la sensation qu’elle fonctionne bien mais je flippe comme jamais à l’idée de la présenter et d’avoir le retour de Patrick.
Au départ, dans ce désir de construire un truc canon, j’ai fait une erreur. J’ai voulu écrire le cours parfait, celui qui respecte à la lettre un certain protocole, un protocole que j’ai dans ma tête, une structure infaillible… Cependant le cours écrit de cette manière était 10 fois trop long et trop dense (pour raccourcir la durée), alors j’ai décidé de refaire !
Et pour cette deuxième version j’ai préféré écrire le cours que j’aimerais suivre. Celui qui me ferait du bien et qui me permettrait de ressentir et d’expérimenter ce que je veux vraiment faire passer dans mes cours, dans ma pédagogie. C’est difficile d’écrire un cours pour une occasion particulière et pour une évaluation encore plus. Alors au final je n’ai absolument pas la prétention de dire que ce cours sera parfait. Il sera sans aucun doute bourré d’hésitations, de choses approximatives et perfectible mais je sais qu’il a été imaginé et rédigé avec mon cœur, avec mes tripes, en pensant à mes amis de formation et un peu moins au regard de mes professeurs et j’espère que ça fera la différence et qu’ils apprécieront.

J’ai hâte de transmettre ce cours. J’ai hâte de recevoir ceux des autres participants et j’espère pouvoir donner mon avis sur leurs prestations, tout comme j’aimerais recevoir leurs impressions sur ma proposition. Il faut pouvoir se parler franchement pour avancer et il faut pouvoir écouter sans se vexer pour apprendre.
Je sais que je n’ai pas toujours la tournure qu’il faut et que mes mots peuvent être perçus plus durement que ce que je veux faire passer alors par avance je m’excuse si je froisse mes collègues de formation car ce n’est évidemment pas mon intention.
Je crois que l’enseignement est un rôle difficile à tenir. Nous serons parfois pris pour exemple par nos élèves, et nous aurons parfois le sentiment de toucher nos limites lorsqu’il faudra répondre aux questions et adapter des séquences pour des élèves blessés ou vieillissants. Donc dès maintenant acceptons de ne pas tout savoir, acceptons d’être « critiqués » et de ne pas plaire à tout le monde car ce sera la réalité de nos quotidiens lorsque nous enseignerons.

Alors je veux leur dire pardon si mes mots blessent car mon intention est simplement d’aider. Et enfin je veux les remercier de me dire franchement ce qu’ils pensent de mon cours et de ma façon d’enseigner. Grâce à eux je serais plus aguerrie après cette aventure et au final il n’y a que l’expérience qui fera de nous de bons pédagogues !

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La nécessité du guru

J’ai eu envie de rédiger un article sur cette notion de guru qui me travaille depuis quelques semaines. Comme toute personne occidentale, lorsque j’entends ce mot, je ne peux m’empêcher de faire des liens avec des histoires pas super glorieuses dans lesquelles des personnes vulnérables se sont faites avoir par des charlatans… De fait, lorsque je pense à mon professeur de yoga, je n’ai aucun souci à le considérer comme mon maître, mon guide mais j’ai du mal à le nommer « guru ». C’est un peu con, car il s’agit de terminologie mais nous sommes dans une société ou le logos tient une place déterminante. La parole, la façon de nommer les choses ont de l’importance.
Mais en me penchant sur la question et en reprenant des textes traditionnels hindous, je peux aujourd’hui dire sans crainte d’être mal comprise (car je saurai l’expliquer) que j’ai trouvé mon guru.

Un guru ou gourou (en occident) désigne communément un maître à penser, ou plus généralement une personne qui réunit des adeptes.
Ce terme peut prendre plusieurs définitions (de la plus flatteuse à la moins sympathique) :
– Le « Maître » spirituel, qui se réclame d’une tradition issue de l’hindouisme, du jaïnisme ou du sikhisme.
– Le manipulateur d’un groupe religieux sectaire (Ahhhem^^).
– Un expert dans un domaine particulier dont les avis sont largement reconnus et respectés.

Le gourou (du sanskrit guru) signifie « enseignant », « précepteur », « maître ». En tant que guide spirituel, dans l’hindouisme, le bouddhisme, chez les Sikhs ainsi que dans de nombreux groupes religieux plus récents, il désigne une figure d’autorité respectable. Dans l’Inde contemporaine, le mot gourou est utilisé pour désigner le professeur, celui qui enseigne et dont le crédit repose sur la tradition spirituelle à laquelle il appartient et dont il a suivi les enseignements et pratiques, ou sur son éveil spirituel. Dans le yoga, le guru est le guide, celui qui conduit l’élève vers quelque chose, celui qui transmet son savoir.

Un guru…. Pour progresser ?
Dans le yoga, l’auto-pratique est très importante. La régularité et l’autonomisation sont des « buts » à atteindre afin de pouvoir pratiquer partout, méditer n’importe quand et s’adapter à toutes les situations. Cependant, dans sa tradition, le yoga a toujours été transmis de maître à élève. En occident, cette façon de faire est difficile à mettre en place et à maintenir. Coût, disponibilité des enseignants, vie quotidienne….. Bref autant d’obstacles qui se mettent sur la route du chemin de l’apprentissage. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut renoncer.
Que faire lorsqu’on se retrouve seul sur son tapis et qu’on ne comprend pas comment prendre telle posture ? Que faire lorsqu’on atteint un « palier » dans ses séances de méditations et qu’on bloque ?? Que faire si on est blessé ? Comment interpréter certains écrits fondamentaux du yoga pour les inclure à notre vie ???? Voilà, vous comprenez où je veux en venir. Nous avons TOUS besoin d’un guru. On peut l’appeler maître ou professeur ou encore guide et pour certains, nous pouvons l’appeler par son prénom mais peu importe, nous avons besoin d’une personne à nos côté qui nous ouvre la voie, qui montre le chemin.
Un guru, parce qu’il a déjà fait le chemin avant nous, sera l’éclaireur, il lèvera les obstacles – ou du moins nous aidera à les identifier pour pouvoir les lever et nous permettra d’avancer dans le yoga.
Dans la vie de tous les jours, mis à part le professeur de yoga, de nombreuses personnes ou des moments de vie peuvent faire « office de guru ». Car ils sont sources d’enseignements, ces personnes où ces moments font bouger quelque chose en nous et provoquent des bouleversements. Il y a parfois des choses qui se produisent dont on sait qu’il y aura un avant et un après.

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Un guru…. Oui mais lequel ?
En s’appuyant sur quelques textes traditionnels de l’Inde, on remarque des traits distinctifs de la figure du guru.
Tout enseignement implique qu’on donne et qu’on reçoit. Le maître donne et l’élève reçoit, c’est ainsi que cela se passe. Mais le premier doit avoir quelque chose à donner et le second doit être en mesure de recevoir ce quelque chose. Le mot guru dérive de l’adjectif « lourd », désignant une personne de poids. Le guru se reconnaît donc par la consistance de sa parole. Son autorité est naturelle, elle ne vient pas de sa force ou d’un quelconque pouvoir mais de sa qualité de présence au monde. En dehors de toute volonté de faire venir les élèves à soi, le guru, par le simple fait d’être là, attire à lui des disciples. En opposition totale avec la notion de manipulation ou encore d’assujettissement, le but de l’enseignement traditionnel est l’autonomisation pour aller vers la libération.
Un guru parvient à unir – grâce au yoga – son corps, son esprit, sa parole, ses actions, sa pensée, son souffle… Il est porteur d’une vérité car ce qu’il dit est en totale adéquation avec ce qu’il fait, ce qu’il pense… C’est ce « dire-vrai » qui touche les élèves.

Evidemment mon guru ne sera pas le vôtre – pas forcément. Et je ne pourrai pas me « contenter » de n’importe quel professeur ou maître yogi. Le mien, vous le connaissez, il me convient parfaitement, il m’aide, m’épaule, me transmet son savoir, me guide, m’écoute aussi, me soutient et me secoue parfois – car il sait ce qu’il me faut !
Je ne suis pas systématiquement d’accord avec lui – je suis très occidentale comme personne 😉 – mais j’ai la sensation de pouvoir échanger, me confier, je lui fais une totale confiance.

Il faut chercher le bon guide. Cela peut prendre des années car c’est une notion trop importante – lorsqu’on choisit de le faire pleinement – pour la prendre à la légère. Votre « bon » guru sera celui qui vous touchera avec son discours mais également dans sa manière d’être, de vivre, d’enseigner. Vous ne devez jamais craindre de poser des questions à votre guru. Vous devez pouvoir échanger, parler, apprendre de lui et avec lui.

La notion d’anti-guru
Krishnamurti en a beaucoup parlé et a beaucoup écrit sur le sujet. Le meilleur maître qu’on puisse avoir c’est soi-même. Ainsi, nous ne reproduisons pas, nous ne calquons pas les idées, les actions d’une tierce personne. Nous expérimentons, nous imaginons nos propres routes – sans guide. Pour Krishnamurti, il s’agit pour l’élève d’incarner son propre guru et de chercher en soi les réponses, la vérité. Dans « Se libérer du connu », il prône l’idée du détachement de l’autorité et des schémas qu’elle voudrait transmettre.
C’est une notion qui est intéressante mais qui, comme tout le reste, est très extrême si elle est appliquée au pied de la lettre.
Je crois que je ne suis pas mon meilleur guide pour moi-même et je pense que c’est pareil pour tout le monde. Pour tout un tas de raisons, je sais que je ne serai pas capable de lever certains freins ou certaines peurs si je le faisais seule. Par contre, je suis certaine d’être mon meilleur baromètre. Je me connais de mieux en mieux, je sais quels sont mes points forts et mes points faibles, je ressens mon état de santé mieux que personne d’autre et je reconnais les perturbations de mon esprit. En cela, je suis « l’assistant » de mon guru. J’écoute, j’applique, je tente de comprendre ce qu’il me transmet….. Mais en respectant ce que je suis.

La perversion
Comme je le disais en introduction de cet article (trop long), le mot guru a largement été perverti suite aux scandales pseudo-religieux qui ont fait les unes des journaux à certaines époques.
Ce terme a été employé de façon péjorative pour désigner la tendance dominatrice d’un individu au sein d’une organisation ou école de pensée, notamment une secte. Cette influence négative se fait au moyen de techniques de persuasion et éventuellement de coercition s’appuyant sur les faiblesses humaines afin de recruter des adeptes et de s’assurer un pouvoir totalitaire sur eux. En occident, voilà comment est connoté ce mot de guru. Diamétralement opposé, nous l’avons vu, à sa définition orientale.
Cette perversion du concept de gourou (hautement respecté en Inde) est considérée comme particulièrement diffamante par les Hindous, et a été jugée par certains auteurs comme une forme de néocolonialisme, dévalorisant toutes les notions ne venant pas de l’Occident.

Est-ce que vous rencontrerez des soi-disant guru ou maîtres qui ne vous seront d’aucune aide dans votre démarche – OUI – évidemment. Mais en suivant votre instinct et en vous remémorant (peut-être) un petit bout de cet article, vous saurez discriminer correctement et aller (naturellement nous l’avons vu) vers la bonne personne.

Chacun cherche son guru…. C’est pas un titre de film ça ???

Le geste juste

Depuis que je pratique le yoga et un peu plus ces derniers temps puisque je suis amenée à pratiquer de plus en plus, je  me questionne et me focalise un peu (il faut bien le dire) sur le fait d’avoir une « bonne pratique » de yoga. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire….??? Comme vous le savez, mon objectif est d’intégrer en avril la formation professionnelle dispensée au Studio Gérard Arnaud. En attendant, donc, je prends des cours. Comme dans n’importe quelle discipline, je tente de comprendre ce qu’on attend de moi, comment il faut faire telle ou telle posture, comment progresser, évoluer, me sentir bien pendant et après ma pratique, emporter avec moi les bienfaits tout au long de la journée…. Je remarque d’ailleurs que j’ai un peu le syndrome de « la bonne élève », celle qui veut bien faire, qui refait chez elle les exercices pour essayer d’intégrer ceux qu’elle n’a pas pu réaliser en cours, celle qui ne veut pas décevoir…. (Oui il me faudrait un bon psy^^).

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Sauf que, le yoga ce n’est pas comme une formule mathématique où le résultat serait invariable. Comme je prends beaucoup de cours, j’ai plusieurs professeurs de yoga (on met à part Patrick Frapeau qui est le meilleur prof du monde – en toute objectivité 😉 ) et les approches de ces professeurs sont toutes très différentes. Je m’explique, lorsque tu fais la posture de la pince (assis, jambes tendues, tu attrapes tes pieds avec tes mains pour te coucher sur tes jambes), à priori, tu penses qu’il n’y a pas 18 façons d’entrer dans cette posture et d’en sortir. Et bien non, et c’est ce qui est un peu déstabilisant lorsqu’on prend des cours avec plusieurs profs. Certains vont demander de plier les jambes afin d’avoir le dos droits, d’autres vont focaliser sur les épaules, sur l’ouverture de la poitrine, certains demanderont de tendre les jambes à tout prix….. Et c’est un peu la même chose dans Trikonasana (le triangle) où la position de la tête lorsqu’on regarde le bras est toujours réajustée en fonction des profs et des approches…. Ce ne sont que deux exemples… Et je ne parle là que du Vinyasa. Je ne fais même pas de comparaison entre différents styles de yoga.

Et bien, ce point là, cette différence d’enseignement, d’ajustement, me pose parfois quelques soucis – avec mon syndrome de bonne élève. Car ce que je vais « bien faire » avec un prof, ne sera pas « juste » au yeux d’un autre qui viendra pour me réajuster. A ce moment-là, mon égo de première de la classe va en prendre un coup et je vais me sentir nulle alors que j’ai l’impression de tout donner….. (maintenant vous avez envie de me conseiller une thérapie non ???).

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Ce que je veux dire surtout, c’est que j’ai longtemps cru que les postures étaient comme une sorte de dictionnaire – immuable – dans lequel on pioche pour pratiquer et qu’on fait évoluer en fonction de ces capacités physiques, de sa progression, en intégrant des variations ou des positions avancées…. Et comme dans le dictionnaire, la définition d’un mot est toujours la même, pour moi une posture de yoga devrait toujours se faire de la même façon….

Oui mais voilà, je le comprends doucement, petit à petit, en faisant, en étant patiente et en écoutant les conseils…. le yoga, ce n’est pas comme un dico, ni une bible où les choses sont gravées noir sur blanc. Le yoga est une discipline de l’expérimentation, du faire, du ressentir. Chacun y mettant ce qu’il est, d’où il vient, ce qu’il comprend, ce qu’il ressent, son histoire…. Bien évidemment, il y a un lexique commun dans lequel chaque prof pioche des postures ancestrales – connues. Mais la façon de les transmettre est variée et depuis peu, j’ai envie de dire HEUREUSEMENT ! (On se ferait bien chier sinon !!!! 😉

C’est ce qui force à être dans l’écoute, dans le moment présent, ce qui permet d’éviter la pratique automatique, de se concentrer et de remettre en question ce qu’on croit savoir…. C’est déstabilisant parfois, frustrant aussi, mais tellement riche…. J’espère avoir longtemps la possibilité d’apprendre, de progresser en fonction des conseils reçus, de remettre en cause mes acquis afin de les dépasser…. Bref, j’espère être encore de nombreuses fois corrigée !