Billet d’humeur… le yoga ne fait pas maigrir

Aujourd’hui je voudrais partager certaines remarques que j’entends fréquemment ou des questions qui me sont posées assez régulièrement par des élèves mais également par des personnes qui savent que j’enseigne le yoga.
Ces réflexions tournent souvent autour du thème de la perte de poids…
Genre : « qu’est ce que tu peux me conseiller comme exercices de yoga pour perdre du poids ? »
« Est-ce que tu crois que ce massage abdominal (kryias) peut me faire dégonfler ? »
Bref… vous avez compris l’idée, ces personnes dont je parle souhaiteraient trouver dans le yoga des « tips » pour maigrir et affiner leur silhouette…
Ma réaction face à ce genre de remarque est toujours très vive et cinglante. Je ne supporte pas – littéralement – qu’on utilise le yoga comme une gymnastique ou un « truc » fitness vaguement healthy qui va permettre de sculpter le corps en gardant bonne conscience. Car oui à la différence de certaines disciplines sportives qui traumatisent le corps et qu’on commence à connaître (le running, le crossfit, certains exo fitness exécutés n’importe comment), le yoga bénéficie d’une image plutôt positive et « bonne » pour le corps. Elle est de plus en plus conseillée par les médecins à leurs patients lorsqu’ils souffrent de troubles posturaux par exemple et donc par conséquent, il plane sur le yoga une image thérapeutique.
Pourquoi ma réaction face à ce phénomène est-elle aussi marquée? Je pourrais sans aucun doute accepter que ces personnes viennent au yoga pour des raisons qui leurs sont propres et que je n’ai pas à « comprendre ». Je pourrais me réjouir que le yoga attire de plus en plus d’adeptes et espérer qu’ils dépassent l’aspect gymnastique corporelle pour découvrir ce que cette discipline apporte plus subtilement.
Mais voilà, j’ai du mal à entendre des personnes me parler de yoga dans sa forme la plus « grand public », la plus accessible. Je sais que dans notre société le yoga dynamique est souvent réduit – par méconnaissance – à un spectre de postures physiques qui, lorsqu’elles sont enchainées, font transpirer et élèvent le rythme cardiaque. A ce titre, la pratique du yoga peut être comparée à un exercice cardio mais ce qu’on oublie de préciser c’est que le yoga CE N’EST PAS CA.
La pratique du yoga est bien plus vaste et complète que l’enchainement de postures sur un tapis. Le yoga n’est pas un sport qui va permettre de sculpter les abdominaux ou les fessiers tout en respectant le corps… Le yoga est une philosophie, un art de vivre, une discipline physique, certes, mais mentale surtout. Il induit une façon d’appréhender la vie et les autres êtres humains, il nous permet de nous connaître un peu mieux et de sortir de nos schémas d’action (karma) afin de nous améliorer – mais on s’améliore avant tout mentalement, et pas simplement physiquement.
Lorsque ces gens le comprennent ou finissent par avoir accès à ces nuances, je ne peux que me réjouir car je crois sincèrement que le yoga peut nous faire grandir et rendre notre vie plus positive, plus facile à vivre au quotidien.

Je regrette simplement qu’au moment de l’été, certains magazines fitness ou féminins sortent des articles sur les bienfaits du yoga pour « préparer l’épreuve du maillot de bain ». Kryias et asanas sont décrits comme de simples exercices à faire quotidiennement dans le but d’affiner la taille ou de muscler les jambes… pfff…. Et cela donne lieu aux conversations que je vous mentionnais en début d’article…

Ne laissons pas les médias déformer ce qu’est le yoga, ou alors ne soyons pas naïfs à ce point là et allons chercher plus loin que le bout de notre nez. Si vous entendez autour de vous ce genre de propos, n’hésitez pas à intervenir et à prendre position, car on croit souvent que de ne rien dire est une preuve de détachement (comme nous l’enseigne le yoga), simplement, le fait de se taire va nuire à la discipline et fera du mal à notre pratique et aux « offres » qu’on trouvera dans les studios. Car un directeur de studio, même s’il est intègre et souhaite proposer de bons cours avec des professeurs formés et aguerris à l’art du yoga, doit répondre à la demande. Et si la demande c’est « faire de la gymnastique pour affiner la silhouette », le directeur de studio devra y répondre et proposer ce type de cours à la carte…. Ce qui serait un peu dommage, à mon avis.

Formations professionnalisantes yoga… comment choisir ?

Comme je vous l’annonçais dans l’article précédent, voici un post sur les formations diplômantes en enseignement du yoga. Cela fait quelques semaines que je pense écrire cet article mais je ne savais pas bien comment organiser mon propos. Alors je me lance et vous me pardonnerez si c’est un peu le fouillis 🙂

Pourquoi s’engager dans une formation professionnalisante de yoga ?
On commence par la base. Certains pratiquants de yoga se posent parfois cette question, qu’ils fassent du yoga depuis longtemps ou non d’ailleurs. On entend parler d’une formation diplômante et on se projette dans cette aventure pour diverses raisons.
– La plupart du temps on souhaite suivre une formation diplômante pour devenir réellement professeur de yoga. On souhaite sincèrement l’enseigner et transmettre cette discipline à d’autres. Souvent cette « envie » vient du fait que le yoga a eu un grand impact sur notre propre vie et notre développement. De ce constat nait le désir de vouloir rendre ce que le yoga nous a apporté et permettre à d’autres de se découvrir et de bénéficier des effets de la pratique du yoga.
Si c’est cela qui vous motive, c’est super et il ne faut pas hésiter à foncer !
– Parfois on souhaite suivre une formation afin de faire évoluer sa pratique à un autre niveau. En effet les formations nous permettent de pratiquer chaque jour pendant plusieurs heures et de découvrir des points anatomiques, des précisions philosophiques que les enseignants n’abordent pas pendant les cours « classiques ». Aussi on est au contact d’autres élèves ayant la même passion, ce qui engendre un échange souvent très riche.
Ici je suis plus mesurée, je crois qu’il ne faut pas confondre formation diplômante et stage/retraite yoga. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, mais si votre motivation est de développer votre pratique – sans projet pro à l’issue – ce serait bien de se pencher sur d’autres alternatives.
– De temps en temps on veut faire une formation parce que c’est son professeur habituel qui l’organise. Encore une fois, je ne juge pas cette motivation, elle est aussi bonne qu’une autre (je sais de quoi je parle). Cependant il faut toujours garder à l’esprit que si on ne veut rien en faire par la suite, il est sans doute préférable de laisser sa place à un pratiquant souhaitant se professionnaliser et enseigner dans le futur.
=> DONC IL FAUT IDENTIFIER SES MOTIVATIONS ET CHERCHER LA SOLUTION ADAPTEE

Comment choisir ?
Reprenons les différents scénarios.
– Vous souhaitez en faire un métier
Si c’est votre professeur qui organise, à priori vous connaissez déjà bien son enseignement et vous pouvez lui poser toutes les questions que vous voulez. Peu de chance d’être déçu ou de vous confronter à un style de yoga que vous ne « maitrisez » pas.
Si vous ne connaissez pas le formateur, il va falloir étudier de près le contenu de la formation et prendre des cours avec ce professeur afin de voir si vos attentes correspondent avec ce qu’on va vous proposer (voir ci-dessous la liste des « choses » à vérifier.
– Vous ne souhaitez pas vivre de l’enseignement du yoga mais simplement faire évoluer votre pratique
Idem que pour les deux premiers points. Avec toute fois un peu plus de souplesse sur le contenu de la formation. Si vous ne souhaitez pas enseigner le yoga, il n’est peut être pas nécessaire de choisir une formation qui sera très axée sur les pathologies et l’anatomie.
=> Dans les deux cas, n’hésitez pas à vous faire CONSEILLER. Parlez-en autour de vous, dans les vestiaires des studios de yoga, à votre professeur régulier même si ce n’est pas lui qui organise la formation. Tous les avis sont bons à prendre, vous ferez le tri à tête reposée.

Les questions et les détails à regarder
– Le PLANNING de la formation : Que vous souhaitiez en faire un métier ou non, regardez bien le FORMAT de la formation. Elles sont toutes différentes. Parfois c’est un week-end par mois, parfois c’est 1 mois complet, elles peuvent s’étaler sur 6 mois, un an, quatre ans… Il faut vraiment être attentif à ce point car de votre ASSIDUITE dépendra la réussite de votre parcours et lorsqu’on prend un engagement sur quatre années, il faut bien prendre conscience de ce que cela implique et signifie pour vous.
– Le NOMBRE D’HEURES DE PRATIQUE : La plupart des organismes donnent grosso modo le découpage des formations et le nombre d’heures attribuées à la pratique posturale. Parfois on vous communiquera juste une fourchette ou un pourcentage, mais demandez-le, c’est important. Rappelez vous que la pratique posturale régulière est une condition incontournable pour devenir enseignant. On enseigne bien que ce qu’on sait faire.
– Le NOMBRE D’HEURES POUR LES AUTRES DISCIPLINES : Est-ce que cette formation comporte un volet anatomique ? Est-ce qu’elle contient des moments dédiés à l’étude des textes ou à des cours philosophiques sur les enseignements du yoga ? La connaissance de ces écrits est indispensable et avoir des séances consacrées à ces « explications » de textes est nécessaire. Est-ce qu’on apprend à corriger et à ajuster les élèves ? Comment (le toucher, la voix…) ? Est-ce qu’on enseigne devant les autres ?? VERIFIEZ et POSEZ DES QUESTIONS.
EN FRANCE OU A L’ETRANGER : Ce n’est pas évident de répondre à cela. Parfois la formation qui conviendra le mieux sera organisée dans un pays lointain, avec des professeurs étrangers et dispensée dans une autre langue. C’est à vous de voir. J’avais fait le choix de me former en France car les langues étrangères me sont un peu trop étrangères et pour certaines notions anatomiques, j’estimais qu’il était indispensable que je saisisse les subtilités. Ma compréhension de l’anglais est trop approximative pour que je puisse comprendre les détails du corps humain et donc de les utiliser par la suite dans mes propres classes.
QUI EST LE PROFESSEUR : Si ce n’est pas votre professeur habituel, renseignez-vous. Regardez son PARCOURS et cherchez qui ont été ses enseignants. Cela affinera votre perception de cette aventure.
Enfin RENCONTREZ-LE et SUIVEZ SES COURS. Vous ne pouvez pas savoir si cela vous conviendra simplement en lisant son site web ou en écoutant les avis des autres. Il faut absolument discuter avec la personne qui vous formera et il faut être en accord avec son enseignement.
L’enseignement du yoga est dispensé par UN PROFESSEUR à UN ELEVE qui se choisissent mutuellement. Après cette formation, votre pratique et votre enseignement seront – pour un temps du moins – le reflet de ce que vous aurez reçu – ALORS CHOISISSEZ BIEN.
RECONNUE YOGA ALLIANCE : Ici aussi chacun fera en fonction de ses priorités. Il n’est pas obligatoire d’être affilié à Yoga Alliance pour enseigner le yoga – ni à AUCUNE fédération ! Certaines formations sont reconnues YOGA ALLIANCE car elles respectent un format et une charte définis par cette organisation. Je crois qu’il est préférable à l’heure actuelle de choisir une formation reconnue YOGA ALLIANCE car même si la profession n’est pas encore réglementée en France, il se pourrait bien qu’elle le soit d’ici peu. YOGA ALLIANCE pourrait alors tout à fait servir d’étalon et de base pour légiférer autour de ce métier. D’autre part, lorsque les studios cherchent un professeur, ils savent grâce au « tampon » YOGA ALLIANCE que le professeur à reçu une formation calibrée et homogène, incluant pratique posturale et pranayama, étude des textes et cours d’anatomie – c’est en quelque sorte une ASSURANCE.

Délibérément je ne parle pas du prix de la formation bien que cela soit un facteur décisif et parfois empêchant. Je ne connais pas les prix moyens des formations en France et lorsqu’on décide de se former à l’étranger, il faut ajouter les prix du voyage et de l’hébergement…. Chacun choisira en fonction de ses moyens. Je crois que les autres facteurs de prise de décision et l’adhésion TOTALE à l’enseignant sont plus importants.

Depuis 3 ans, les formations avec diplôme à la clef pullulent – et surtout à Paris. Je ne les connais pas toutes et ne suis pas en mesure de dire laquelle est mieux et laquelle est moins bien. Encore une fois, il faut choisir en fonction de ses motivations et des différents détails de la formation.
Si vous souhaitez en faire un métier, n’oubliez jamais que de cette formation dépendra votre capacité à transmettre, à enseigner cet art. Ce choix entrainera de grandes conséquences alors mieux vaut se poser, réfléchir, demandez des avis, rencontrez les bonnes personnes, étudiez plusieurs options, pratiquez…. et prendre sa décision en connaissant TOUS LES PARAMETRES.

EN CE QUI ME CONCERNE
Avec le recul, je suis très satisfaite d’avoir suivi les deux formations diplômantes. La première avec Gérard Arnaud, bien que très (trop) fréquentée (60 par session) m’a permis d’acquérir des bases sûres dans la pratique du vinyasa et dans des détails d’ajustement et d’alignement – qui sont des éléments de pratique importants pour Gérard. J’ai aussi fait évolué énormément ma pratique à ce moment-là puisque la formation avait un format très condensé (2 fois 3 semaines).
La seconde avec Patrick Frapeau et Clotilde Swartley m’a donné l’occasion d’être au contact de Patrick de façon plus fine et plus régulière. Je suis son élève depuis 3 ans et j’adhère complètement à son enseignement, à sa pédagogie. Alors pouvoir être formée et recevoir des conseils pro de sa part était – et est toujours – indispensable. J’enseignais déjà lors de cette seconde formation et cela m’a aussi permis de remettre en question et d’éclairer différemment mes « acquis » pédagogiques et mes premiers pas de professeur.
Cependant que ce soit dans l’une ou l’autre des formations, j’ai trouvé que le nombre d’heures consacrées à l’anatomie étaient un peu insuffisant (YOGA ALLIANCE). Avant la formation G.A, j’avais été prévenue de ce détail et je m’étais inscrite pour suivre une formation à distance d’anatomie appliquée au yoga. J’ai étudié les cours de Leslie Kaminoff pendant des semaines (cours en ligne et devoirs à rendre + travaux appliqués au studio ASHTANGA YOGA PARIS) et cela a vraiment été une chance et une découverte incroyable.

Je pense que mon enseignement d’aujourd’hui empreinte à toutes ses influences. J’enseigne le vinyasa (Gérard Arnaud) mais je construis mes classes comme Patrick me l’a appris en m’inscrivant dans sa lignée. En essayant d’avoir la même exigence et la même attention à chacun de mes élèves. Son état d’esprit et sa pédagogie m’inspirent énormément au quotidien et dans ma perception de ce métier de professeur, dans la rigueur qu’il demande. Et enfin, je porte une grande attention aux alignements et je continue de me former sur certaines pathologies « fréquentes » du corps humains (yoga anatomy).
Plus les jours passent et plus mon enseignement me ressemble à moi, mais je resterai, sans aucun doute, toute ma vie influencée par ces enseignants avec le plus grand bonheur.
J’ai le sentiment d’avoir fait les bons choix, ceux qui me correspondent.

Faites ce que je dis….

Mais pas ce que je fais….
Il m’arrive parfois de penser à ce dicton lorsque j’introduis ou termine mes cours. Il est rare que je lance une thématique ou une intention pour pratiquer mais cela peut m’arriver de partager mon état d’esprit du moment ou une phrase trouvée dans un livre…
Et de temps en temps, mes élèves partagent avec moi leur ressenti sur un cours ou me posent des questions sur le yoga ou mon parcours. Ils font des parallèles entre ce qu’ils ressentent grâce à leur pratique et les phases par lesquelles je suis passée.

Et lorsque je leur parle, je me rends compte parfois qu’entre ce que je conseille et ce que je m’applique, il y a un véritable fossé.

La difficulté de l’enseignement c’est – entre autres choses – qu’on ne peut pas trop laisser paraître ses états d’âmes. Surtout si on est triste ou si on passe par un moment compliqué. C’est d’ailleurs vrai pour tous les métiers de « représentation ». Dès qu’on est en public, il est impossible de se laisser aller.
Je suis toujours totalement sincère lorsque je conseille mes élèves ou lorsque je partage une pensée mais dès qu’on aborde les questions de bienveillance ou d’acceptation, de douceur et d’écoute…. huuuum…. je suis bien obligée d’admettre que j’ai du mal à m’appliquer la moitié de ce que je préconise !
On dit que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Je me sens un peu comme cela de temps en temps.

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Je crois absolument à toutes les valeurs que nous inculque le yoga mais je suis comme tout le monde, totalement imparfaite, humaine, avec des fêlures et des choses à régler dans ma vie. La pratique m’aide et m’apaise. L’enseignement me pousse à être sincère et à m’appliquer ce que je conseille – avec juste plus ou moins de réussite en fonction des périodes.

Voilà, ce billet d’humeur était vraiment court mais je voulais partager ce truc avec vous.
NAMASTE

J-1 dernière semaine d’immersion de formation

Et voilà, on y est… c’est la fin et il fallait bien que ça arrive un jour. Demain on entame la dernière semaine de formation yoga avec Patrick Frapeau et Clotilde Swartley…
Depuis fin janvier, nous nous retrouvons un week-end par mois et pendant les vacances d’avril nous avions déjà passé une semaine en immersion (à lire ici).
Comment je me sens à la veille de ce dernier rendez-vous ? Je ne peux parler que pour moi mais je suis certaine que si les autres stagiaires lisent cet article, ils se reconnaitront peut être aussi un peu 🙂

Comme à chaque fois, je ressens beaucoup d’appréhension à l’idée de retrouver le groupe ainsi que les professeurs. Ca me fait cela à chaque fois. Et pourtant je sais que je serai en territoire bienveillant, avec des personnes qui partagent la même passion que moi pour la discipline du yoga. Tout un tas de gens hyper sympas et cool qui vont se retrouver dans le même bateau pendant une semaine à suer, à apprendre, à se rater un peu aussi mais tout cela avec le sourire et le désir de se perfectionner… Je sais tout cela et pourtant je ne peux pas m’empêcher de flipper en pensant que nous serons tous ensemble. L’idée du « groupe » n’est jamais très simple à vivre pour moi.
D’autant plus que pour cette dernière semaine, nous avons le devoir de préparer un cours à enseigner aux autres participants sous les yeux de Clotilde et Patrick… Afin d’évaluer nos acquis et notre manière de transmettre. Le cours doit faire sens et s’articuler autour d’un thème ou d’une posture, ou d’une zone du corps… etc…
Je fais cela tous les jours depuis plus d’un an et pourtant j’ai très peur de tomber totalement à côté et de décevoir Patrick. J’ai l’impression d’être attendue au tournant et de ne pas avoir le droit à l’erreur. Je précise ici que je me mets cette pression toute seule, je n’ai besoin de personne pour me monter la tête et imaginer le pire en toutes circonstances, pour cette occasion encore plus que d’habitude.

Écrire
J’ai préparé cette séquence il y a quelques semaines, j’ai pu la tester sur mes élèves une ou deux fois, et j’ai la sensation qu’elle fonctionne bien mais je flippe comme jamais à l’idée de la présenter et d’avoir le retour de Patrick.
Au départ, dans ce désir de construire un truc canon, j’ai fait une erreur. J’ai voulu écrire le cours parfait, celui qui respecte à la lettre un certain protocole, un protocole que j’ai dans ma tête, une structure infaillible… Cependant le cours écrit de cette manière était 10 fois trop long et trop dense (pour raccourcir la durée), alors j’ai décidé de refaire !
Et pour cette deuxième version j’ai préféré écrire le cours que j’aimerais suivre. Celui qui me ferait du bien et qui me permettrait de ressentir et d’expérimenter ce que je veux vraiment faire passer dans mes cours, dans ma pédagogie. C’est difficile d’écrire un cours pour une occasion particulière et pour une évaluation encore plus. Alors au final je n’ai absolument pas la prétention de dire que ce cours sera parfait. Il sera sans aucun doute bourré d’hésitations, de choses approximatives et perfectible mais je sais qu’il a été imaginé et rédigé avec mon cœur, avec mes tripes, en pensant à mes amis de formation et un peu moins au regard de mes professeurs et j’espère que ça fera la différence et qu’ils apprécieront.

J’ai hâte de transmettre ce cours. J’ai hâte de recevoir ceux des autres participants et j’espère pouvoir donner mon avis sur leurs prestations, tout comme j’aimerais recevoir leurs impressions sur ma proposition. Il faut pouvoir se parler franchement pour avancer et il faut pouvoir écouter sans se vexer pour apprendre.
Je sais que je n’ai pas toujours la tournure qu’il faut et que mes mots peuvent être perçus plus durement que ce que je veux faire passer alors par avance je m’excuse si je froisse mes collègues de formation car ce n’est évidemment pas mon intention.
Je crois que l’enseignement est un rôle difficile à tenir. Nous serons parfois pris pour exemple par nos élèves, et nous aurons parfois le sentiment de toucher nos limites lorsqu’il faudra répondre aux questions et adapter des séquences pour des élèves blessés ou vieillissants. Donc dès maintenant acceptons de ne pas tout savoir, acceptons d’être « critiqués » et de ne pas plaire à tout le monde car ce sera la réalité de nos quotidiens lorsque nous enseignerons.

Alors je veux leur dire pardon si mes mots blessent car mon intention est simplement d’aider. Et enfin je veux les remercier de me dire franchement ce qu’ils pensent de mon cours et de ma façon d’enseigner. Grâce à eux je serais plus aguerrie après cette aventure et au final il n’y a que l’expérience qui fera de nous de bons pédagogues !